France / Média : Droit de réponse

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France Média: Ignace Leverrier, Le discours d’un vaincu

A l’attention de Mme Nathalie Nougareyde, Directrice du Journal Le Monde

Objet; Droit de réponse à ce texte paru dans le  journal Le Monde en date du 29 octobre 2013, sous la plume d’Ignace Leverrier, animateur du blog «Un œil sur la Syrie»

Madame la Directrice,

Mis en cause dans un texte de votre journal référencé ci-joint, je souhaite faire usage de mon droit de réponse afin de relever les contre-vérités de l’auteur de ce texte incriminé, de même que ses incorrections répétitives, par l’usage de termes diffamatoires.

Primo: «Les contradictions ne manquent pas dans l’argumentaire “nationaliste” à deux vitesses de Naba. Celui qui prive Bassma Kodmani ou Bourhan Ghalioun de leur légitimité de citoyens syriens du seul fait de leur parcours professionnel en France oublie ainsi qu’il a été lui-même de très nombreuses années un rouage discipliné de l’audio-visuel français d’Etat».

Réponse RN: Il est de notoriété publique que j’ai effectué l’essentiel de ma carrière à l’Agence France presse, sur le terrain, au bureau régional de l’AFP à Beyrouth, en tant que correspondant tournant pour le Moyen orient, puis, à Paris, en tant que responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP. 25 ans d’AFP et deux ans seulement en tant que conseiller du directeur général de RMC Moyen orient et non «de  très nombreuses années dans l’audiovisuel français d’état».

http://www.renenaba.com/il-etait-une-fois-la-depeche-dagence/

A Beyrouth, j’ai couvert la guerre civile libanaise, en tant que libanais, et non en tant que français, dénonçant les turpitudes des uns et des autres. Je n’ai jamais porté les armes contre mon pays d’origine, ni contre mon pays d’adoption. Je n’ai jamais appelé au renversement du système politique de mon pays d’origine, depuis mon pays d’adoption, la France.  Je n’émargeais pas sur le budget public de l’état français dont je n’ai jamais été le fonctionnaire.

Le parachutage de binationaux franco syriens à la tête de l’opposition syrienne, sans ancrage sur le terrain, de surcroit opérant depuis Paris, a justifié l’appellation «opposition offshore» en ce que cet attelage est apparu aux yeux des Syriens réputés pour leur nationalisme chatouilleux comme un remake du vieux schéma des «exilés de Coblence», ces fameux monarchistes qui se sont alliés aux ennemis de la France pour vaincre la Révolution.

Pour leur crédibilité, les binationaux franco syriens de l’opposition off-shore auraient dû renoncer à leur nationalité française, de même qu’à leurs salaires français et rallier sur le terrain leur compagnon de lutte et non se pavaner dans les salons feutrés des chancelleries occidentales. Surtout ne pas recourir au parrainage d’un pays La France, artisan du démembrement de leur pays d’origine, la Syrie.

En sa qualité d’ancien bibliothécaire à l’Institut Français de Damas, Vladimir Glassman -et non Ignace Leverrier ancien diplomate- pourquoi ce camouflage?- ne devait ignorer ce fait qui a considérablement obéré leur crédibilité, de même que leur piètre prestation.

Souvenons-vous de la tonitruante déclaration de Bourhane Ghalioune annonçant prématurément la rupture des relations stratégiques entre la  Syrie et l’Iran, sans consultation préalable du peuple syrien. Lorsque l’on prend la liberté de s’informer on prend la précaution de s’informer.

Deuxio: Michel Samaha

«Pour décrypter la nature exacte de l’agenda de René Naba dans la crise syrienne, il suffit, sans se laisser induire en erreur par quelques pages destinées à brouiller les pistes, d’aller à l’essentiel. On le trouve dans les paragraphes que, sous le titre “Un procès politique sous habillage juridique”, l’intéressé a naguère consacré à la défense de Michel Samaha. L’ancien ministre phalangiste libanais, chargé par Bachar al Assad de sa promotion médiatique, venait d’être arrêté en août 2012, en flagrant délit de participation à une terrifiante entreprise de manipulation, ourdie avec l’aval des plus hautes personnalités du régime par les services syriens».

Réponse RN: «Un procès politique sous habillage». En fait Glassman Leverrier pratique la dissimulation en ce que le  titre exact de ce papier est :

Ce papier traite des distorsions dans le fonctionnement du Tribunal Spécial sur le Liban chargé de juger les assassins de l’ancien premier ministre Rafic Hariri. En dix pages, deux volets, il traite d’une manière marginale de Michel Samaha, consacrant trois paragraphes à cette affaire, en pointant le discours disjonctif des pouvoirs publics dans cette affaire libanaise.

……. «Michel Samaha a constitué incontestablement une belle prise pour la justice libanaise, discréditée par une cascade de jugements invraisemblables contre des officiers supérieurs libanais impliqués dans un réseau pro israélien. Mais sa crédibilité ne sera durablement restaurée que lorsqu’elle aura fait la démonstration de son impartialité, en mettant en jugement un autre fauteur de troubles redoutable, le député chiite pro haririen Okab Sakr. Principal pourvoyeur d’armes à l’opposition islamiste syrienne, le député chiite pro haririen a déserté ses responsabilités au sein de la représentation nationale libanaise, pour aménager ses quartiers en Turquie en vue de mener sa guerre pour le compte de ses parrains saoudiens, dans une opération qui s’apparente à la forfaiture. Ah les surprises du jeu de billards à trois bandes».

Ce passage n’autorise pas M. Glassman Leverrier à procéder à des déductions fantaisistes, qui pourraient porter préjudice à la crédibilité du journal qui l’abrite. Encore moins à faire de moi, un compagnon de route du pouvoir syrien, ni un ami de Michel Samaha.

Sans doute atteint d’un strabisme divergent ou affligé de présupposés idéologiques, l’animateur du blog «Un oeil sur la Syrie», n’a pas relevé le fait que sa cible a été un des principaux intervenants au congrès de l’opposition démocratique syrienne, qui s’est tenu à Genève les 29 et 30 janvier 2013.

http://www.renenaba.com/la-fabrication-de-la-violence-et-du-sectarisme-dans-les-medias/

Non seulement, son blog n’en a pas rendu compte, mais n’a jamais accordé la parole aux nombreux opposants démocratiques syriens, dont le grand tort est de ne pas émarger sur les budgets des pays parrains des islamistes, liés, dans une alliance contre nature avec la France.

De telles approximations ont largement contribué au collapsus de la diplomatie française en Syrie en ce que les récriminations infondées de cet ancien bibliothécaire diplomate, avec leur cortège diffamatoire et confraternellement désobligeant, retentissent comme le «discours d’un vaincu».

Avec l’expression de ma confraternité.