Les tribulations de la presse libanaise 2/2

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De référence journalistique au contorsionnement mercantile

«Al-Hayat» et «A-Nahar»: Deux cas types du journalisme libanais, deux facettes d’une même politique, le premier et le deuxième degré de la diplomatie américaine. Fleuron de la presse arabe, Al Hayat (la vie) est une parfaite illustration du journalisme sponsorisé, une pratique assez répandue dans le monde arabe mais que ce quotidien a érigé en art au point de gommer les circonstances de sa naissance et les conditions de sa survie pour se poser au niveau international en organe de référence du journalisme moderniste arabe à connotation libérale.

Al-Hayat et sa rivalité avec le journal panarabe «Al Qods Al-Arabi»

Fondé en 1946 par le journaliste chiite libanais Kamel Mroueh, «Al-Hayat», fait notable, est l’unique journal arabe à n’avoir jamais varié dans son allégeance totale et absolue à la dynastie wahhabite. Son histoire se confond d’ailleurs avec les contorsions de la vie politique du Moyen-Orient de la deuxième moitié du XX me siècle, dont il en subira les contrecoups. Appliquant à la lettre sa devise “Al-Hayat Akida Wa Jihad” «La vie est un combat à principes», le quotidien sera un instrument de combat de la guerre froide, partie prenante aux conflits interarabes.

Pendant vingt ans (1946-1966), une époque marquée par la vague indépendantiste qui a déferlé sur le Monde arabe après la perte de la Palestine en 1948 et la nationalisation du pétrole iranien par Mossadegh en 1953, «Al-Hayat» fera office de paratonnerre du mécontentement anti-occidental. Emargeant d’abord sur le budget de l’IPC (Iraq Petroleum Cy) et de la monarchie hachémite du temps où son co-religionnaire chiite Fadl Al-Jamali présidait aux destinées de la diplomatie irakienne, «Al-Hayat» vivra ensuite des subsides publicitaires de la compagnie pétrolière saoudo américaine ARAMCO. Il canalisera dans ce but la flambée xénophobe et procommuniste au profit de ses deux immuables bienfaiteurs, la Monarchie saoudienne et son allié américain.

Depuis Beyrouth, haut lieu de la contestation arabe, le journal distillera quotidiennement dans des éditoriaux signés du pseudonyme arabe de Karim, informations et contre informations puisées auprès des spécialistes américains de la guerre psychologique. A contre-courant du sentiment populaire arabe «Al-Hayat» mènera au nom des valeurs de l’Islam un combat sans relâche contre l’athéisme et le communisme.

Au nom de l’anti-colonialisme, mais pour le compte des Américains, il stigmatisera d’un même ton Français et Anglais, à l’époque Maître d’oeuvre de la politique occidentale au Moyen-Orient, responsabilité dont ils seront dessaisis après l’équipée franco-britannique de Suez, en 1956, et la guerre d’Algérie. Il ne soufflera mot, toutefois, de l’alliance stratégique soudant l’Amérique, le parrain des pétromonarchies du Golfe, à Israël, l’ennemi commun des Arabes. La somme des éditoriaux de cette période représente les multiples facettes d’un “discours sur la servitude volontaire” à l’égard de la Monarchie saoudienne et de son protecteur américain.

L’argument majeur développé à l’époque pour justifier le choix éditorial en faveur d’un alignement inconditionnel sur la politique saoudo américaine a été le caractère anti-colonial de l’Amérique et sa capacité de pression sur Israël. L’argument contraire selon lequel l’Amérique tirait justification de la force de frappe israélienne, qu’elle nourrissait, pour faire fléchir les Arabes et maintenir son emprise sur leurs ressources énergétiques avait valeur de pensée sacrilège.

Ultra minoritaire à l’apogée de l’ère nassérienne, Kamel Mroueh paiera de sa vie le prix de cette casuistique: En 1966 qui marque le dixième anniversaire de “l’agression tripartite israélo franco-britannique” contre le Canal de Suez, alors qu’Israël entreprenait le détournement des eaux du Jourdain et que la «Ligue Anticommuniste Mondiale» était mise sur pied pour faire pièce au bloc soviétique, Mroueh, le pourfendeur du communisme en terre arabe et chantre de la cause saoudienne, était assassiné par des fiers à bras de Beyrouth. Le nom d’Ibrahim Koleilat a été cité comme faisant partie du groupe des justiciers. Un de ses proches compagnons, Adnane Chaker Sultani, sera convaincu du crime et incarcéré à Beyrouth. IL ne retrouvera la liberté qu’en 1975 à la faveur de la guerre du Liban, le jour où les factions libanaises à la recherche de demi-soldes prendront d’assaut les prisons libanaises pour enrôler dans leurs rangs des repris de justice pour défendre leur cause.

Quant à Ibrahim Koleilat, en sa qualité de Chef des Mourabitoun, la formation paramilitaire sunnite, il sera une des vedettes de la coalition palestino progressiste durant la guerre civile libanaise. Après sa prestation, Koleilat s’exilera dans le sud de l’Europe, loin du Liban et de ses tumultueuses déconvenues.

La veuve de Kamel Mroueh, Salma, tentera, elle, de prendre la relève mais renoncera faute d’expérience. Le journal cessera de paraître pendant toute la guerre du Liban. Près de vingt ans. A l’heure de la grande explication interarabe, marquée par le voyage du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem (1977), la première Intifada palestinienne (1987), la guerre irako iranienne et leurs répercussions sur le théâtre libanais, «Al-Hayat» sera muet.

Un mutisme qui traduisait l’embarras de ses parrains redoutant la colère populaire cristallisée par le soulèvement palestinien contre l’occupation israélienne et la montée en puissance des fondamentalistes illustrée, coup sur coup, par l’avènement de la Révolution Islamique en Iran, en 1979, par l’assaut contre la Mecque lancé par des opposants saoudiens à l’occasion du pèlerinage annuel aux Lieux Saints et par l’assassinat de Sadate en 1981.

Après une éclipse de 20 ans, Al-Hayat refait surface en 1988-89, une période charnière de l’histoire du monde arabo-musulman marquée sur le plan régional par l’implosion de l’Union soviétique et l’ouverture des Républiques musulmanes d’Asie centrale au jeu diplomatique régional, et, sur le plan européen, par la prise de conscience politique de la population arabo-maghrébine, la «troisième génération» issue de l’immigration. Sous la houlette de Jihad Al-Khazen, ancien collaborateur de Kamel Mroueh, «Al-Hayat» se rode pendant deux ans après une longue hibernation, puisant son équipe dans le vivier constitué par son rival traditionnel, le quotidien libanais «An-Nahar».

Dans le prolongement de la stratégie saoudienne, «Al-Hayat» donne sa pleine mesure durant la première du guerre du Golfe (1990-1991). Depuis Londres, son nouveau siège, il participe activement au débat sur le nouvel ordre international et la faillite des idées nationalistes, allumant au besoin des contre-feux face à ce qu’il considère être la subversion islamiste. Passé sous le contrôle du Prince Khaled Ben Sultan, fils du ministre saoudien de la Défense et chef des troupes saoudiennes au sein de la coalition anti-irakienne, «Al-Hayat» recrute au prix fort les plus en vue des intellectuels de la diaspora arabe.

Luxe suprême, il s’offre même au titre de collaborateur régulier un membre du gouvernement russe, Victor Possouvaliouk, vice-ministre chargé du département du Proche et du Moyen-Orient au ministère soviétique des Affaires étrangères. Sa résurrection sonne alors comme une revanche. Sa notoriété, grande, est sans rapport avec sa diffusion. Journal de l’élite arabophone et des spécialistes occidentaux des affaires arabes, «Al-Hayat» devient la traditionnelle courroie de transmission des revendications des islamistes algériens soucieux d’emprunter un vecteur véhiculant leurs revendications dans leur langue d’origine et n’altérant pas leur pensée.

C’est l’âge d’or du journal «Al-Hayat», une décennie prodigieuse (1990-2000) durant laquelle la publication se hissera au premier rang de la presse arabe pour la recension de ses articles au niveau international, une période où le «Courrier International», hebdomadaire de l’élite francophone, répercutera régulièrement ses analyses et éditoriaux sans qu’il ait été possible de déterminer si ce phénomène d’osmose relevait de la sympathie intellectuelle ou de l’empathie familiale. Le chantre de la modernisation selon le schéma wahhabite sera atteint de plein fouet, en plein vol, par le raid anti-américain du 11 septembre 2001. En 35 ans d’existence, ce journal n’aura jamais, pas une seule fois, même de manière partielle, même de manière incidente, émis la moindre critique encore moins répercuté la moindre critique à l’égard du Royaume saoudien. Il n’aura jamais rendu compte, non plus, même dans un entrefilet des scandales les plus criants de la famille royale saoudienne y compris le narcotrafic saoudien.

Ce journal-là navigue désormais à contre-courant, affligé d’un déficit chronique moyen de l’ordre de quinze millions de dollars par an régulièrement épongé pour les besoins de la cause par son parrain saoudien . Il tente laborieusement de se démarquer de son attitude de béatification permanente à l’égard de l’absolutisme saoudien, tentant de convaincre et de se convaincre du bien fondé de son soutien inconditionnel et absolu au wahhabisme intégral et au néo-conservatisme américain, en pleine déconfiture militaire en Afghanistan et en Irak et en état de dérèglement financier.

Un délicat exercice d’équilibrisme qui le conduit quotidiennement à de douloureux contorsionnements intellectuels, qui lui vaudra la désaffection d’écrivains de renom. Un exercice d’autant plus délicat qu’«Al-Hayat» sera un des viviers du nouveau dispositif médiatique arabophone mis sur pied par les Etats-Unis pour la conquête de l’opinion arabe après leur invasion de l’Irak, avec le choix de Mouwaffak Harb, journaliste libanais de confession chiite, ancien assistant des chaînes américaines à Beyrouth, correspondant d’«Al-Hayat» à Washington comme premier directeur de sa nouvelle génération de vecteur arabophone: Radio Sawa (ensemble) et la chaîne de télévision Hurra (Libre).

Caution palestinienne du journal, Jihad Al-Khazen abandonnera ses fonctions après l’invasion américaine de l’Irak en 2003 non sans avoir rendu un ultime service à ses parrains saoudo américains. Calfeutré dans sa luxueuse résidence londonienne à l’abri du risque et du besoin, Khazen, ce palestinien d’extraction, libanais d’éducation, pétro monarchique d’inclinaison par ses options politiques et matérielles, réclamera la démission, non du trublion libyen ou des gérontocrates du Golfe, tous les fossoyeurs de la cause nationale arabe, mais la démission de Yasser Arafat, le chef assiégé du mouvement palestinien, le symbole de sa résistance nationale, la légende vivante du combat arabe.

Sa prescription saugrenue intervenue le 18 mai 2004 au lendemain de la destruction du camp palestinien de Rafah par l’aviation israélienne, moins d’un mois après les assassinats extrajudiciaires des chefs charismatiques du mouvement islamique palestinien Hamas, Cheikh Ahmad Yacine et Abdel Aziz Al-Rantissi lui vaudra de la part de l’étoile montante du journalisme arabe, l’éditorialiste vedette d’«Al-Qods Al-Arabi», Abdel Bari Atwane, un rappel à l’ordre déontologique sur les règles élémentaires de la décence dans le combat politique.

Dans un ultime sursaut de dignité, un sentiment qui se produit généralement quand s’achève la route, Jihad Al-Khazen regrettera dans ses derniers éditoriaux son soutien à la politique de l’administration néo-conservatrice. Il s’en, littéralement, «mordra les doigts » regrettant tous les prédécesseurs de Bush jr même les plus hostiles à la cause arabe dans un éditorial du 25 avril 2004.

Cette autocritique en guise de solde de tout compte ne lui épargnera pas, tant à lui qu’à travers lui son journal, les rigueurs de jugement d’un des observateurs les plus avisés de la vie politique arabe: «Al-Hayat Akida wa Jihad – Laken Al Hayat Saîmat Min Jihad» qui pourrait se traduire ainsi «La vie est un combat à principes mais le journal, lui, aura été affligé par la présence à sa tête d’un combattant du calibre de Jihad Al-Khazen», assurera la mémoire vivante du journalisme arabe, Nasser Eddine Nachachibi, retournant la devise du journal contre son directeur (4). «Al-Hayat» brille toujours de sa gloire passée, mais son éclat pâtit désormais du prestige de son rival impécunieux «Al-Qods-Al-Arabi».

Se présentant comme l’antithèse d’«AL-Hayat», ce journal paraissant à Londres est dirigé par un parfait connaisseur du monde arabe et musulman, au nationalisme entier, à l’indépendance affirmée, à l’autorité confirmée, très prisé de surcroît pour la pertinence de ses analyses par les auditeurs de BBC-TV World service. Non un journaliste de bureau, ni un journaliste de salon, pas plus qu’un intellectuel médiatique, mais un journaliste de terrain, l’un des rares journalistes au monde à avoir rencontré personnellement Oussama Ben Laden, le chef du mouvement panislamique «Al-Qaîda» dans son refuge montagneux d’Afghanistan. L’homme a conféré à son journal un titre «Al-Qods Al-Arabi» (Jérusalem arabe) qui retentit comme un manifeste, qui constitue par excellence le thème mobilisateur absolu des Arabes et des Musulmans et rappelle la permanence de leur revendication inaliénable.

La fonction critique qu’il exerce, la contestation du nouvel ordre mondial résultant des guerres du XXI me siècle, sa percussion des pulsions profondes du monde arabe et non la reproduction de son schéma aseptisé à travers le prisme déformant saoudo américain, la lecture fractale qu’il donne de l’actualité, lui ont valu la perte des marchés publicitaires du Golfe et la limitation de son tirage, mais au delà de ce handicap matériel, le journal a réussi à supplanter son rival pétro monarchique, obtenant de haute lutte le ralliement à ses colonnes des intellectuels de notoriété mondiale, tel Edward Saïd, le prestigieux penseur arabe contemporain et la reconnaissance du titre envié de journal de référence de l’élite arabophone de l’ensemble euro arabe.

La parenthèse d’«Al-Hiwar» (dialogue)

«Al-Hiwar», moins connu, son influence, plus diffuse, n’en était moins pernicieuse. Halé du drapeau de modernité, le rôle de cet organe souterrain de la CIA à l’existence éphémère (1955-1966) sera pourtant primordiale sur les élites intellectuelles de Beyrouth à l’époque haut lieu de la contestation panarabe.
Fondé en 1955, l’année de la conclusion du Pacte de Bagdad, l’alliance des Monarchies arabes et des puissances militaires musulmanes non arabes, le mensuel, démasqué, se sabordera en 1966, l’année de l’assassinat de Kamel Mroueh au dixième anniversaire de l’équipée israélo européenne contre Nasser, après avoir été dénoncé comme le «Cheval de Troie» de la politique américaine dans la zone. Les milieux nationalistes arabes demanderont son boycott, l’accusant de tenter par la corruption des élites et par le biais d’une vie culturelle mondaine factice de dévoyer les esprits. Il lui sera très précisément reproché de «propager des théories pernicieuses en distribuant de l’argent ici et là, en créant des publications attrayantes, en donnant de grandes réceptions et conférences» .

Pour le triomphe de ses idées, la CIA débloquera près de 450.000 dollars entre 1961-1964 en vue de financer ses menées au Moyen-Orient. En vue de dissimuler l’origine de ses fonds, elle procédera à une opération de blanchiment avant l’heure, faisant transiter ses subventions via la «Fondation David, Josephine et Winfield Baird» de New York.

A une époque où le salaire d’un député libanais s’élevait à mille livres libanaises (300 dollars), le plus haut de l’échelle sociale, et que le salaire minimum libanais atteignait à peine 220 livres (74 dollars), les débours financiers des officines américaines paraissent avoir été affectés en priorité non à la subvention du denier du culte, mais à des causes plus valorisantes particulièrement le soutien au train de vie de membres éminents de la communauté journalistique libanaise et arabe dont bon nombre cultivaient avec art «le complexe du drogman», du titre de ces fameux intermédiaires auprès des chancelleries occidentales qui revendiquaient cette fonction comme un «trophée», un signe de distinction sociale.

Bon nombre d’entre eux d’ailleurs ont payé de leur vie les incertitudes de cette activité lucrative mais aléatoire. Le lancement d’«Al-Hiwar» en octobre 1955 retentit pourtant comme une claironnade avec un plaidoyer de l’italien Ignazio Silone sur l’indépendance de l’écrivain et l’autonomie de l’art. Des thèmes déjà popularisés par «le Congrès pour la Culture et la Liberté en Europe », organe souterrain de la CIA américaine dans sa guerre idéologique contre le marxisme prosoviétique.

Des thèmes qui convergeront furieusement avec le manifeste des jeunes poètes arabes cosignés deux ans plus tard dans la revue «Al-Shii’r» (La Poésie-1957) et qui irrigueront ensuite par capillarité le quotidien libanais «An-Nahar». Le fondement idéologique du «Congrès pour la Culture et la liberté» reposait sur un axiome simpliste selon lequel «l’art moderne constituait un symbole de liberté» contrairement à l’art ancien surchargé de scories du passé, une façon de damer le pion à la culture russe récupérée par le communisme soviétique.

Partant de ces considérations, le Congrès recommandait de privilégier à l’esthétique figurative, jugée passéiste, l’expressionnisme abstrait. Influencé par les surréalistes dont le poète libanais Youssef El-Khal traduira en langue arabe les oeuvres d’André Breton et Antonin Arthaud, le manifeste fondateur des jeunes poètes arabes visait précisément à procéder à une réévaluation critique de la poésie arabe et à la libérer de ses pesanteurs traditionnelles pour assurer sa jonction avec la modernité…forcément occidentale.

«An-Nahar», les alliances rotatives du clan Tuéni et le transfert amoureux de Samir Kassir

L’expérience d’Al-Shi’ir durera quatre ans (1957-1961), mais l’équipe essaimera par la suite dans les publications arabes notamment le poète libanais Youssef Al-Khal dans «An-Nahar». Appliquant au journalisme les prescriptions de leur manifeste fondateur, ces recrues de choix contribueront grandement à la rénovation de l’écriture journalistique moderne arabe dont «An-Nahar», à juste titre, en revendiquera la paternité et qui placera le prestigieux quotidien de Beyrouth à l’avant garde de la pensée libérale arabe.

Homme aux multiples talents, multicartes avant l’heure, multicartes avant le terme, Youssef El-Khal, un des fondateurs de la revue «Al-Shiir», collaborateur de la revue Hiwar et du journal «An-Nahar», assurera la jonction entre ces divers organes de presse. Passeur d’idées, homme de réseaux ou homme de liaison?

Faux profil de faux Lénine, portant barbichette et casquette de son contre modèle soviétique, orthodoxe du Nord Liban, compagnon de route du Parti Populaire Syrien (PPS), un parti animé d’une idéologie insufflée par les Anglais pour la réalisation d’un ensemble régional connu sous le nom de la «Grande Syrie» par regroupement autour d’un «croissant fertile» six pays du Moyen-orient (Syrie, Liban, Irak, Palestine, Jordanie et Chypre), épris du culture anglo-saxonne, tenant table ouverte au célèbre restaurant beyrouthin «The Horse Shoe», cet homme avait pignon sur rue au Journal «Al-Nahar» à l’autre extrémité de la rue Hamra qui longeait le café littéraire huppé de l’intelligentsia arabe de Beyrouth, distillant ses sentences au gré de ses visiteurs.

Un parcours similaire mais non identique à celui de ses mentors politiques Charles Malek et Ghassane Tuéni, ses commensaux également de rite grec orthodoxe, également épris de culture anglo-saxonne, le premier, l’universitaire, ancien recteur de l’Université américaine de Beyrouth, l’homme par excellence des Américains au Liban qui sera gratifié de la présidence de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1959 pour avoir réclamé en sa qualité de ministre des Affaires étrangères le débarquement des marines en 1958 à la rescousse du président Camille Chamoun en butte à la première guerre civile interlibanaise, le second, le journaliste diplômé de Harvard, ancien compagnon de route du Parti Populaire Syrien, ancien ambassadeur du Liban aux Nations Unies et futur conseiller diplomatique du président Amine Gemayel, signataire du premier traité de paix libano israélien en 1983 et jamais ratifié.

L’essor d’«An-Nahar» date véritablement de l’assassinat de Kamel Mroueh, dont l’élimination a dégagé en quelque sorte la voie à son compère beyrouthin. Plus qu’une rivalité, les journaux présentaient des relations de complémentarité, les deux facettes d’une même politique, avec une nuance de taille toutefois.

Au choc frontal d’«AL-Hayat» et aux imprécations au premier degré du pétro monarchique commandité, «An-Nahar», formation universitaire oblige, pratiquait l’esquive et l’allusive, le deuxième degré en somme. Alors que la presse nationalisée des pays arabes sombrait dans le conformisme bureaucratique d’une couverture de l’actualité institutionnelle d’autant plus contraignante que le monde arabe vivait le traumatisme de la défaite de juin 1967, «An-Nahar» assumera la relève, chevauchant la vague moderniste à la faveur du cosmopolitisme ambiant de Beyrouth, se présentant comme une singularité dans l’horizon de la presse arabe.

Doté d’un des premiers réseaux de correspondants dans les diverses capitales arabes, y compris les principautés pétrolières du Golfe encore sous mandat britannique, exprimant dans un style accessible à l’opinion occidentale les raisons du refus arabe de la politique pro israélienne des pays occidentaux, «An-Nahar» contribuera à donner une impulsion éditoriale à l’ensemble de la zone, compensant par une fonction tribunicienne assumée au niveau de l’opinion internationale, la défaite historique du nationalisme arabe.

C’est dans «An-Nahar» que seront publiés les premiers communiqués de la guérilla palestinienne, notamment du Fatah, le mouvement de Yasser Arafat. C’est dans ce quotidien-là que seront consignés les comptes-rendus les plus minutieux des divers mouvements contestataires naissants. C’est dans ce journal là enfin que seront publiées les analyses les plus pertinentes de la vie politique trans-arabe.

Une citation dans «An-Nahar» valait consécration. Lecture obligée de l’ensemble de la classe politique, des cercles diplomatiques et de toute une génération d’universitaires, «An-Nahar» a pu caresser l’ambition d’égaler en prestige le grand quotidien égyptien «Al-Ahram» plus précisément son influent commentateur Mohammad Hassanein Heykal, le conseiller du président égyptien Gamal Abdel Nasser, le point fixe de Ghassane Tuéni, l’objet de son ambition secrète, l’explication cachée sans doute de son engagement politique en tant que conseiller diplomatique du président libanais Amine Gemayel.

Sous la contrainte des lois du marché, la recherche permanente de débouchés ainsi que les engagements politiques successifs de la famille Tuéni, Ghassane et son fils Gébrane, «An-Nahar» tendra à se couler dans le moule d’un conformisme sinon valorisant du moins rémunérateur, conséquence d’une rétention mentale induite par les grands parrains économiques de la presse et les pétromonarchies du Golfe.

Le journal qui animait une critique omnidirectionnelle a été subitement comme malencontreusement atteint d’une forme d’hémiplégie intellectuelle, apparaissant à tort ou à raison comme une «roue dentée» de la diplomatie américaine dans la zone, réservant ces derniers temps ses flèches acérées quasi-exclusivement à la Syrie, la puissance occupante du Liban, passant sous silence la corruption généralisée des dirigeants arabes, leur impéritie, l’assignation à résidence forcée de Yasser Arafat, le Président démocratiquement élu de la Palestine, les bombardements américains sans discernement contre les populations civiles de Falloujah et Nadjaf en Irak, la féroce répression israélienne de Jenine (Cisjordanie) et de Gaza, ainsi que la mafiocratie libanaise, le clanisme féodal du Liban, le déficit abyssal de son budget, la gabegie de son administration sclérosée ainsi que l’instrumentalisation du martyrologue libanais en tant que tremplin politique des anciens chefs de guerre opportunément reconvertis dans la défense de la Démocratie qu’ils ont constamment piétinée et des Droits de l’homme qu’ils n’ont jamais cessé de bafouer.

A lui seul le parcours de Gébrane Tuéni constitue un cas d’école des alliances politiques rotatives du Liban de l’après guerre civile, avec une prédilection particulière toutefois pour la fréquentation du grand capital et les hommes de pouvoir au faite de leur autorité, notamment Michel-El-Murr, Michel Aoun ou Rafic Hariri.

Parrain financier des milices chrétiennes libanaises, partenaire en affaires du milliardaire libano saoudien Hariri et inamovible ministre de l’intérieur du premier mandat du président Emile Lahoud (1998-2004), de cet homme-là, Michel El-Murr, l’une des plus célèbres «girouettes» de la vie politique libanaise (5), «Gaby» en sera le gendre, épousant sa fille et qui dotera par des subventions régulières l’édition internationale du Nahar, «An-Nahar al-Arabi wa Douwali», du temps de son exil parisien, dans les années 1980. Gébrane Tuéni fera ensuite cause commune avec Michel Aoun du temps où le Général exerçait le pouvoir à la tête du gouvernement transitoire libanais à la fin du mandat d’Amine Gemayel, qu’il délaissera dans son exil contre toute attente pour Rafic Hariri, l’ancien premier ministre libanais assassiné en févier 2005, un de ses plus récents bailleurs de fonds avec le Prince saoudien Walid Ben Talal.

Suprême avanie: l’homme qui épousera en seconde noce une riche héritière de sa communauté orthodoxe, qui a bâti sa réputation comme le chantre d’un libanisme intégral pur et dur, d’une spécificité chrétienne libanaise, devra son élection au siège de député de Beyrouth lors de la première consultation électorale libanaise suivant le retrait syrien, en juin 2005, à l’important apport de voix musulmanes exigé de ses électeurs par son chef de liste Saad Hariri pour sauver de la déconvenue son nouvel allié richement doté mais mal-aimé.

Fils puîné de Ghassane Tuéni, Gébrane, héritier par défaut, a été propulsé à la direction d’«An-Nahar» par suite du décès accidentel à Paris en 1987 de son frère aîné, Makram, brillant diplômé de l’Université Américaine de Beyrouth. Depuis Décembre 2004, date de sa prise effective de fonction, il n’a eu de cesse d’élargir le cercle de ses ambitions au gré des rebondissements de ses alliances déconcertantes, éliminant dans des conditions de brutalité inouïe le légendaire rédacteur en chef du journal, Ounsi al-Hajj, l’homme qui avait grandement contribué à la légende du Nahar.

Un journal aurait pu contenir les dérives d’An-Nahar et lui contester son leadership, le quotidien beyrouthin As-Safir (l’ambassadeur), porte-parole des forces palestino-progressistes durant la première phase de la guerre (1975-1990), mais la trop longue navigation du fondateur du quotidien, Talal Salmane, dans l’orbite financière de la Libye, puis dans celle de Rafic Hariri a quelque peu désorienté son lectorat et saper son magistère, en particulier auprès de ses co-religionnaires qui ne lui pardonneront pas sa quête de subsides d’un pays qu’ils vouent aux gémonies pour sa responsabilité dans la disparition du chef charismatique de leur communauté, l’Imam Moussa Sadr.

«AL-Hayat», le journal du combat de l’axe saoudo américain de la première époque, a fait l’objet d’une déstabilisation à mi parcours en 1966 par l’assassinat de son directeur Kamel Mroueh à une période de forte tension politique régionale marquée par le détournement par Israël des eaux du Jourdain et les menées hostiles de l’Arabie saoudite contre la jeune équipe baasiste syrienne. Quarante après, «An-Nahar», le journal de la deuxième génération, a fait l’objet d’une identique tentative de neutralisation par une série d’attentats contre l’entourage immédiat de la publication résolument anti-syrienne.

Alors que les Chiites prenaient le pouvoir en Irak dans la foulée de l’invasion américaine et qu’un dirigeant kurde Jalal Talabani présidait aux destinées de l’ancien empire abbasside, que des pressions franco-américaines contraignaient la Syrie à une retraite sans gloire du Liban, la garde rapprochée d’«Al-Nahar» était la cible d’attentats qui élimineront de la scène politique Rafic Hariri, ancien premier ministre libanais, un des principaux bailleurs de fonds du quotidien et nouveau chef de file des anti-syriens du Liban, ainsi que Samir Kassir, son éditorialiste vedette, tous deux tués dans des attentats à quatre mois d’intervalles (Hariri le 14 février et Kassir le 2 juin 2005), alors que Marwane Hamadé, député druze du Chouf et oncle maternel de Gébrane Tuéni, le directeur du journal, était auparavant sérieusement atteint par un attentat en octobre 2004 à Beyrouth. Gébrane finira par être mortellement atteint l’année suivante.

A l’instar de ses nouveaux parrains libanais, Samir Kassir empruntera, lui aussi, un parcours tout aussi identiquement curviligne. Ancien compagnon de route du parti communiste, franco-libanais de connexion familiale syro-palestinienne et sympathisant de la cause palestinienne du temps de son exil parisien où il collabora à la revue de gauche, le mensuel français «Le Monde Diplomatique», Samir Kassir sera, à son retour à Beyrouth, comme grisé par les veloutés de la société beyrouthine, comme frappé par une sorte de transfert amoureux, épousant et les idées et la figure emblématique de l’expression médiatique des milices chrétiennes libanaises, une animatrice vedette d’une chaîne satellitaire saoudienne,…..à l’opposé du combat de jeunesse de sa famille d’origine. Funeste état de grâce d’un fatal état de disgrâce.

Au vu des ses deux tentatives de neutralisation tant à l’encontre du Hayat que du Nahar, il est à croire que dans les périodes de bouleversement géostratégique, il est des dépassements de seuil qui ne sauraient se franchir dans le monde arabe sans déclencher des répliques punitives. Au cours de l’histoire séculaire de la presse libanaise, d’autres journalistes ont connu un sort aussi funeste. Nassib Metni (le télégraphe), en 1958, Kamel Mroueh (Al-Hayat), en 1966, Riad Taha (président des patrons de presse) et Salim Laouzi (al Hawdess-Les événements), en 1980, ont payé de leur vie les incertitudes de cette activité lucrative mais aléatoire, sans que l’on puisse établir avec certitude si ces patrons de presse ont péri sur le champ d’honneur de la liberté de la presse ou sur celui le terrain du mercenariat professionnel.

De même, au plan politique, le Roi Abdallah 1er de Jordanie assassiné en 1948, le premier ministre irakien Noury Said, lynché par la population 10 ans après à Bagdad, en 1958, ainsi que son compère jordanien Wasfi Tall, tué en 1971, le président égyptien Sadate en 1981, le président libanais Bachir Gemayel, dynamité à la veille de sa prise du pouvoir en 1982, et l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, enfin, constituent à cet égard les plus illustres témoins posthumes de cette règle non écrite des lois de la polémologie si particulière du Moyen-Orient. Pour douloureuse qu’elle soit, et sans pour autant décourager les candidatures, l’histoire du Monde arabe abonde de ces exemples de «fusibles» magnifiés dans le «martyr», victimes sacrificielles d’une politique de puissance dont ils auront été, les partenaires jamais, les exécutants fidèles, toujours.

Celui que la presse arabe a désigné à Doubaï comme «journaliste de l’année en 2003» en hommage à son action, Ghassane Tuéni, patriarche comblé d’honneur mais inconsolable de la perte de ses deux enfants, dûment averti désormais dans sa chair des déconvenues d’un trop long compagnonnage du journalisme avec une stratégie d’hégémonie extra-nationale, souscrira aisément à ce constat empirique tiré de sa propre expérience, à savoir que le journaliste du futur se doit de se vivre comme un observateur majeur de la vie politique, non comme un partenaire mineur du gouvernement, un faire valoir du pouvoir, tant il est vrai, l’expérience l’enseigne, qu’une proximité du pouvoir entrave inévitablement la marge de manoeuvre d’un média et une proximité avec les puissances d’argent altère irrémédiablement sa fonction critique.

Désormais sérieusement talonné par son rival beyrouthin, le nouveau venu de la scène médiatique libanaise, «Al-Akhbar», à la tonalité davantage nationaliste et constitué d’ailleurs par d’anciens collaborateurs de la famille Tuéni excédés par les dérives autocratiques et politiques du clan, «An-Nahar», malgré le recrutement de transfuges de l’ancien vivier communiste, s’apparente, par moments, de même que son compère francophone «l’Orient-le Jour», par ses tendances irrédentistes et ses préoccupations libano centristes, à un bulletin paroissial de grand format face à la grande configuration journalistique du Moyen-orient. A n’y prendre garde, son étoile, longtemps brillante au firmament de la constellation de la presse arabe, pourrait ne devenir qu’un simple phénomène d’hystérisis: une étoile, brillante certes mais éteinte…brillante uniquement dans l’imaginaire de ses anciens lecteurs, au titre du fantasme.

De référence, le journalisme libanais est devenu la caricature de lui-même, animé par un mouvement perpétuel de contorsionnement mercantile. A défaut d’une refonte déontologique de la profession et de la corporation de ses adhérents, il est à craindre que la presse libanaise ne s’enfonce dans une longue crise de langueur.

Les effets de plume les plus talentueux ne sauraient faire l’économie d’une sérieuse remise en cause de la fonction journalistique. A moins d’un sursaut éditorial qui introduirait une dissonance dans le concert unanimiste proaméricain de la zone à l’effet de faire contrepoint aux vecteurs transnationaux, la presse libanaise risque une relégation dans un domaine qui a longtemps constitué son champ d’action privilégié et les médias libanais au XXI me siècle représenteront alors pour la grande presse arabe ce que l’homéopathie constitue pour la pharmacologie, une dose infinitésimale.

Notes

4- Cf à ce propos «Hadarat Az-Zoumala’ – al Mouhtarramine», Ses Excellences, les respectables confrères» Nasser Eddine Nachachibi, Editions Dar Akhbar al Balad, Jérusalem 1996. M. Nachachibi, journaliste palestinien, est l’ancien époux de Mme Alia el-Solh, fille de l’ancien premier ministre libanais Riad el-Solh.

5- Michel El-Murr a réussi ce tour de force d’être l’allié inconditionnel de tous les dirigeants libanais lorsqu’ils étaient au faîte de leur pouvoir, successivement Bachir Gémayel, chef des milices chrétiennes (1975-1982) et président éphémère du Liban, Rafic Hariri, premier ministre du Liban (1992-1998/2000-2003), Michel Aoun, chef du gouvernement transitoire du Liban (1988-1990). Michel el-Murr, dont la querelle avec son frère publiciste Gabriel el-Murr, directeur de l‘ancienne chaîne de télévision «Murr-TV», a pollué la mandature du Président Emile Lahoud (1998-2006), dont il a été avec son fils Elias l’inamovible ministre de l’intérieur, se pose désormais en soutien du nouveau président Michel Soleimane. Il projette de présenter à la députation trois membres de sa proche famille aux prochaines élections législatives libanaises (mai -juin 2009): son fils Elias (Metn), sa petite fille Mona Tuéni, la fille de Gébrane Tuéni (Acharafieh-Beyrouth) et son gendre Edouard Gharios, dans le district de Baabda, démontrant par là un bel exemple d’engagement clanique au service du renouvellement du personnel politique.

1. Entretien de Joseph Samaha, éditorialiste du journal libanais «As-Safir», ancien responsable du journal «Al-Hayat» à Beyrouth, avec Gaelle Le Pottier, in «Mondialisation et nouveaux médias dans l’espace arabe», ouvrage collectif sous la direction de Franck Mermier, Editions Maisonneuve et Larose -Paris- octobre 2003. Le déficit d’«Al-Hayat» serait de l’ordre de 10 à 20 millions de dollars par an, selon les années, que le propriétaire le prince Khaled Ben Sultan, fils du ministre de la défense du royaume, renfloue régulièrement en raison de la position de prestige que cette acquisition lui procure au sein de la famille royale saoudienne.

2. «The Liberal Conspiracy: the Congress for Cultural Freedom and the struggle for the mind of postwar Europe» Peter Coleman, New-York, The Free Press-1989

8 comments

Entièrement d’accord: « le journaliste du futur se doit de se vivre comme un observateur majeur de la vie politique, non comme un partenaire mineur du gouvernement ».

Bonjour,

Je viens de lire votre commentaire sur les tribulations de la presse libanaise … Je découvre … j’ai des amis libanais et bien souvent je les ai entendu pesté contre la Syrie … je ne comprenais pas pourquoi et les trouvais insensés … maintenant je crois comprendre et je les trouve insensés … La Syrie est un grand pays. Le Monde Arabe est une Nation forte qui saura toujours tenir tête à son adversaire. De cela je suis convaincue. Ce sont aussi des Sémites et j’aimerai le lire plus souvent dans vos textes journalistiques. C’est bien de le rappeler à l’opinion publique … le marteler …
Pouvez vous m’en dire plus sur le Hezbollah … Que va faire la Syrie face à l’attitude libanaise ?
Merci de prendre le temps de me répondre …
Dalila

Très bon analyse comme d’habitude Monsieur Naba mais un peu trop focalisé sur l’histoire de la presse écrite Libanaise alors que je pensais qu’il allait s’agir d’un article sur toute la presse moyen-orientale de cette fin de siècle même si je vous le concède le Liban a été le centre névralgique de la presse dans cette partie du monde durant cette période.
Cependant, vous avez oublié (peut être volontairement) de parler de la presse tv car des chaînes tel que Al jazeera ou Al Manar ou Al Akhbaria… ont prit une importance significative dans cette région et même dans le reste du monde.
J’espère que vous avez l’intention de traiter ce sujet prochainement et aussi pourquoi pas d’y inclure le rôle croissant d’Internet, média grâce auquel nous avons le plaisir de vous lire et de s’instruire régulièrement.

Bonsoir

J’aurai l’occasion de traiter ce problème dès les premiers mois de 2009 à l’occasion du lancement de la campagne électorale visant au renouvellement de la chambre des députes. ces élections auront lieu en juin 2009

Je regrette que vous soyez tombées sur des Libanais étriqués. Tous les Libanais ne sont pas nombrilistes. Beaucoup développent une vision stratégique du rapport du Liban avec son environnement arabe, notamment la Syrie, et n’ignorent pas que les zizanies inter-communautaires constituent le terreau idéal pour la perpétuation d’une mainimise étrangère, particulièrement occidentale, sur leur pays.

La Syrie, le Hezbollah, et l’Iran sont des vétrans du marigot politique, rompus à la manoeuvre. pas plus les flatteries que les gateries ne les impressionnent, encore mons ne les inciteront à rompre leur partenariat stratégique à la moindre risette américaine.

Bonsoir Monsieur,

L’intitulé du titre de l’article aurait dû vous alerter. Il s’agit d’un papier rédigé à l’occasion du 3eme anniversaire de l’assassinat de Gébrane Tuéni et de célébrations qui s’y sont déroulées à Beyrouth, présentant les journalistes libanais comme les parangons de la liberté de la presse arabe.
il fallait relativiser l’événement et rendre service aux Libanais en les incitant à se dégager de leur nombrilisme habituel et de leur auto-satisfaction béate.

J’ai abondamment traité d’Al- Jazira ainsi que des nouveaux vecteurs américains à destination du monde arabe « Sawa, Hi etc…..  » dans un capitre intitulé « la génération des analphabètes secondaires » dans mon ouvrage aux origines de la tragédie arabe » -Editions Bachari 2006
et de « l’empire médiatique saoudien » et de medi 1 dans « la guerre des ondes, guerre des religions, la bataille hertzienne dans le ciel méditerrannéen » (Editions Harmattan 1998.

J’y reviendrai à l’occasion.
merci de votre assiduité

Bonjour Assil

L’ancien sigle du parti c’était le PPS, correspondant à son ancienne dénomination PPS (parti populaire syrien)
Qawmi s’entendant dans le sens de peuple populaire

Voir à ce propos l’explication de Wikipedia… Parti populaire syrien, nom donné par la France au Parti nationaliste social syrien pendant le mandat français au Liban

Depuis lors il a changé de nom pour devenir PNSC
A Plus

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