La fin sans gloire du « Deus ex machina » de la révolution arabe

Paris- Sauf retournement de dernière minute, le dégagement politique de l’Emir du Qatar, par voie de l’évacuation sanitaire, a été programmé, contraignant le souverain à céder son trône, en pleine gloire, en pleine force de l’âge, à son fils cadet, le prince Tamim, une transmission de pouvoir inédite dans les annales des pétromonarchies gérontocratiques du Golfe.

L’Emir, né en 1952, a réuni lundi 24 juin 2013 la famille régnante au lendemain de la «conférence des amis de la Syrie», en compagnie des «sages» de la principauté, pour une mise au point final du dispositif d’abdication.
Présentée par ses nombreux communicants comme répondant au souci du souverain de procéder à un rajeunissement du pouvoir dans les gérontocraties du Golfe, cette transition inhabituelle du pouvoir au Qatar, dans un pays théâtre de deux coups d’états dynastiques au cours de ses 40 ans d’indépendance, devrait, dans la foulée du «printemps arabe», servir d’exemple pour les générations futures en matière de transfert de pouvoir dans les monarchies arabes.

Une destitution comparable à celle décrétée par les Anglais dans la décennie 1950 à l’encontre du Roi Talal de Jordanie, en faveur de son fils Hussein, plus sensible aux intérêts de la couronne britannique; comparable à celle décrétée par les Anglais en 1970 à l’encontre du Sultan Saïd d’Oman oncle du Sultan Qabous.

Une opération d’exfiltration perçue dans de larges couches de l’opinion internationale, quoiqu’on en dise, comme un dommage collatéral majeur du conflit de Syrie. Plus précisément, la sanction de l’échec d’un trublion qui aura plus que quiconque assuré la promotion du djihadisme erratique, exacerbé l’antagonisme religieux inter musulman (sunnite-chiite), accentué la défragmentation du Monde arabe et sa soumission à l’impérium atlantiste, tout en plaçant le monde au bord d‘une conflagration régionale.
Au même titre que l’Arabie saoudite, sauf que la dynastie wahhabite dispose d’un coupe-feu absolu, La Mecque et Médine, à valeur dissuasive absolue qui explique le fait que l’Irak, -et non le royaume saoudien-, a payé le prix de la participation de quinze saoudiens au raid contre l’hyperpuissance américaine, le 11 septembre 2011.

Selon les indiscrétions de la presse arabe, l’éviction de l’Emir constituerait la sanction de ses trop graves dérives tant en ce qui concerne son ferme soutien au djihadisme que sa boulimie affairiste dans ses investissements occidentaux. Le souverain se serait en effet vu notifier son ordre d’évacuation du pouvoir par un haut responsable de la CIA, dépêché spécialement par Barack Obama pour lui signifier l’ordre présidentiel américain après la découverte dans la cache d’Oussama Ben Laden de documents attestant que le financier du chef d’Al Qaida serait un citoyen du Qatar, cousin du ministre de la culture, Hamad Al Kawari (1).
Sous la plume de son directeur Oussama Fawzi, ancien haut fonctionnaire du ministère de l’information du Qatar, Arab Times en date du 24 juin, précise que «la cellule qataritote proche de Ben Laden était composée de Salim Hassan Khalifa Rached al Kawari, qui a déjà été livré aux Américains, ainsi que du koweitien Hasan Ali Ajami, un djihadiste combattant en Syrie, du syrien Ezzdine Abdel Aziz Khalil ainsi que d’Omid Mohamad Abdallah. Les transferts d’argent se faisaient via des institutions financières qatariotes. Les soupçons sur le Qatar pesaient depuis l’invasion de l’Irak au point que le président Georges Bush jr n’a pas hésité à bombarder le siège d’Al Jazira à Bagdad et s’apprêtait à en faire de même sur le siège central de la chaine transfrontière arabe à Doha».

L’Oukaze américain, «non négociable», aurait prescrit un dégagement simultané de l’Emir et de son premier ministre, Hamad Ben Jassem. Le processus de transition devrait commencer l’été 2013 de manière à coïncider avec le début de la période du jeûne du mois de Ramadan et s’achever fin Août, date de la reprise des activités du calendrier diplomatique international. Selon la version de la presse arabe, le délégué de la CIA aurait offert le choix suivant à l‘Emir, soit le gel des avoirs financiers de l’Emirat dans le monde, soit sa destitution. Autrement dit, la mort financière de l’Emirat ou la mort politique de l’Emir, motivant cette sanction par le fait que le tandem avait «outrepassé son rôle en Syrie et dans son soutien au djihadisme», de même que son soutien tonitruant aux néo islamistes au pouvoir en Tunisie et en Egypte.

Sans surprise, la manœuvre d’étranglement de l’Emir avait été engagée, dès l’été 2012, avec les indiscrétions fuitées dans la presse française sur le rôle déstabilisateur du Qatar dans le pré carré africain de la France, particulièrement le Mali, via la filière caritative du djihadisme qatariote «Ansar Eddine», contraignant Paris, en pleine tourmente financière, à engager une couteuse opération de reconquête du septentrion malien en janvier 2013. Qui explique l’absence de visite officielle de François Hollande au Qatar, pendant la première année de sa mandature, en dépit du volumineux portefeuille financier qatariote en France.

Le président français a programmé sa visite pour coïncider avec la conférence des «amis de la Syrie», en un pâle remake de la cérémonie d’adieu de Fontainebleau, sauf que le «Field and Air Marshall» du Qatar ne dispose pas, loin s’en faut, du génie militaire du vainqueur d’Austerlitz et de son prestige. Un enterrement en grande pompe, un égard que l’Otan réserve généralement à ses plus fidèles serviteurs (2).
Groupant onze membres, dont les trois membres permanents occidentaux du conseil de sécurité (Etats-Unis, Royaume Uni, France) et l’Allemagne, les six pétromonarchies du golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Koweït, Qatar et Oman) ainsi que les puissances régionales sunnites, la conférence a annoncé avoir décidé « une aide urgente en matériel et en équipements » à la rébellion afin de lui permettre de faire face aux « attaques brutales du régime, indiquant que « toute aide militaire sera canalisée » par le Haut Conseil militaire syrien relevant de l’Armée syrienne libre (ASL), principale faction de l’opposition armée. Selon l’AFP, le chef de la diplomatie du Qatar, Cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, soutenant activement l’opposition, a en outre affirmé que les participants avaient pris « des décisions secrètes » pour renverser l’équilibre sur le terrain.

En d’autres termes, remettre en selle l’opposition syrienne après ses revers militaires et la propulser à une posture crédible en prévision d’éventuelles négociations de paix. Quoi qu’il en soit, selon toute vraisemblance, le chef de la diplomatie qatariote ne serait plus en poste «le jour de gloire arrivé».
Par sa présence au Qatar, le 22 juin 2013, François Hollande aura ainsi scellé, dans l’ordre symbolique, un discret passage de témoin entre l’Emir et son fils, au cours d’un diner privé dont il espère, à terme, des retombées en matière commerciale à l’effet de compenser les coûts de l’opération Serval au Mali.
Le coup de semonce contre le duo du Qatar avait précédé ces péripéties protocolaires destinées à sauver la face. Intervenu très exactement, en avril 2013, en plein débat de l’opposition syrienne atlantiste en Turquie, visant à la constitution d’une délégation commune de l’opposition à la conférence de Genève II. Ulcérée par la cacophonie qui régnait au sein des diverses factions de l’opposition, l’Arabie Saoudite, chef de file de la confédération des pétromonarchies arabes, se serait livrée à une action d’éclat contre les opposants islamistes émargeant sur le budget du Qatar, en les plaçant sous la coupe du grand wahhabite.
Un acte d’autorité qui est apparu comme un geste d’exaspération à l’égard des turbulences qatariotes et de l’impuissance de l’opposition pro atlantiste. Il s’est accompagné d’une surprenante déclaration du prédicateur de l’Otan, le milliardaire égypto-qatariote, Youssef al Qaradawi, sur la chaîne saoudienne «Al Arabyia» reconnaissant la prééminence de la hiérarchie cléricale saoudienne, dans une démarche qui a retenti comme une forme d’allégeance déguisée.
Une reprise en main accompagnée de l’annonce de la fourniture par l’Arabie saoudite de missiles anti aériens à l’opposition islamiste syrienne; une annonce faite le 18 juin en plein sommet des G8 en Irlande consacré à la possibilité d’instaurer une zone d’exclusion aérienne à la Syrie.

Le coup de grâce a été porté en juin avec la succession des fuites dans la presse occidentale et arabe. Arab Times, le plus important site arabophone d’Amérique du Nord, de même que le journal libanais As Safir, le 11 juin 2013, révélaient dans les détails la démarche américaine.

Son successeur, Cheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, né en 1980, prince héritier depuis 2003, soit depuis dix ans, est diplômé de Sandhurst (1997-1998), la célèbre académie militaire britannique qui compte parmi ses prestigieux pensionnaires le Roi Abdallah II de Jordanie, le prince William, 2me dans l’ordre de succession au trône britannique, et son frère le prince Harry ou encore le chanteur James Blunt. Le prince de 33 ans est crédité d’une maitrise parfaite de l’anglais, de l’allemand et du français. Tennisman à ses heures perdues, commandant en chef des forces armées du Qatar, Président du Fonds d’investissement du Qatar et président du Comité Olympique, Tamim passe pour être proche des Frères Musulmans.
Son frère puiné, Jouhane, qui signifie l’affamé en arabe, est, quant à lui, diplômé de l’Ecole militaire française de Saint Cyr, avec comme interface l’islamologue Mathieu Guidère. Jouhane s’est signalé à l’attention de l’opinion mondiale dans la rubrique des gazettes mondaines en s’offrant une luxueuse voiture d’une valeur de 3,4 millions de dollars avec des diamants sertis sur les phares et de l’or dans l’habitacle,
Pour la voiture du prince Jouhane (l’affamé) de Qatar, cliquez sur ce lien : http://oumma.com/15996/fils-de-lemir-qatar-soffre-voiture-plus-chere-monde

Evacuation sanitaire ou purge politique?

Certes, une lourde pathologie peut entraver le libre exercice du pouvoir. Diabétique, l’Emir l’est depuis longtemps qui explique partiellement son embonpoint. Son désir de départ pourrait se justifier dans ce contexte. Mais pourquoi alors avoir demandé le dégagement du tandem responsable des campagnes atlantistes de Libye et de Syrie? Pourquoi ne pas avoir maintenu en poste le premier ministre durant une période intermédiaire, permettant la transition en douceur du pouvoir? L’évacuation sanitaire masque-t-elle une purge politique?

Le premier ministre HBJ qui siège au sein de la Brookings Institution, aux côtés de Tzipi Livni, ancien agent du Mossad et ministre des Affaires étrangères au moment de l’offensive israélienne contre Gaza (décembre 2008), a tenté de faire de la résistance arguant de ses sympathies pro israéliennes.
Mais l’homme le plus riche du Qatar, le célèbre HBJ de sinistre mémoire, qui en pleine crise de mégalocéphalite aigue, avait menacé l’Algérie de connaitre le même sort que la Syrie pour son opposition à l’exclusion de la Ligue arabe de cet ultime pays du champ de la bataille face à Israël, ne parait pas avoir trouvé grâce auprès de son Maître américain. Sa destination finale devrait être Londres, l’ancien tuteur de son pays du temps où le Qatar relevait de la côté des pirates.
Ce dégagement sans ménagement constitue une claire démonstration du statut mineur des souverains du Golfe par rapport à leur tuteur américain. Par ricochet, il parait devoir constituer un signal adressé à la dynastie wahhabite lui enjoignant implicitement d’emprunter le chemin de son cadet du Qatar et d’opter pour un saut générationnel dans la transition du pouvoir aux petits fils du fondateur du Royaume.

L’élection d’un modéré à la tête de l’Iran, Hassan Rohani, le 15 juin, tranchant avec l’hermétisme des pétro monarchies, a constitué un camouflet majeur au camp atlantiste en ce que la désignation d’un dirigeant par voie électorale dans un pays théocratique, a frappé d’obsolescence le discours occidental sur son combat pour l’avènement de la démocratie dans le Monde arabe, le contraignant à reconsidérer ses positions. Une modulation sur fond de contestation populaire Place Taqsim du premier ministre turc Reccep Tayyeb Erdogan, des dérives mortifères du djihadisme en Syrie à coups de cannibalisme et de prédation sexuelle des pubères syriennes, enfin des incertitudes politiques au Maghreb avec la convalescence prolongée de l’algérien Abdel Aziz Bouteflika et du Roi de Maroc.

Bête noire d’une bonne fraction de la communauté diplomatique internationale pour sa morgue et sa suffisance, le leadership du Qatar a pu servir de fusible en guise de solde de tout compte pour un épisode peu glorieux de la diplomatie occidentale en ce que son alliance avec la frange la plus obscurantiste de l’Islam contre des républiques à régime séculier a révélé au grand jour, aux yeux de l’opinion internationale, sa duplicité en même temps que son opportunisme.
Le fusible Qatar pourrait ainsi apparaitre rétrospectivement comme un geste de bonne volonté à l’égard des autres protagonistes du conflit syrien, particulièrement le groupe BRICS, avec lequel le camp atlantiste se doit impérativement de procéder à une redistribution des cartes sur la scène internationale en vue de sa stabilisation, alors que les Etats-Unis opèrent un redéploiement vers le Pacifique, leur terrain de compétition majeur du XXI me siècle, avec leur grand rival chinois. Avec l’espoir de demander à la Russie un geste équivalent concernant le président syrien. Un renvoi dos à dos Khalifa-Bachar, un jeu à somme nulle… en somme, sauf pour ses victimes de ce jeu de massacre transrégional.

Quoiqu’il en soit, force est de constater qu’un claquement de doigt américain a mis un terme à la lévitation du «Air and Field Marshall du Monde arabe», l’incubateur des prédicateurs islamistes, l’égyptien Youssef Al Qaradawi et le tunisien Rached Ghanouchi, le prescripteur d’Al Jazira.
Renvoyé dans ses pénates, le «Deus ex Machina» de la révolution arabe est désormais réduit au rôle de Pater familias d’une Smalla de trois épouses et de vingt-quatre enfants, dont 11 garçons et 13 filles (4), premier Haroun Poussah du Monde arabe à bénéficier des joies de la RTT (réduction du temps de travail) et de la civilisation des loisirs, subissant à son tour les effets corrosifs du mot d’ordre du soulèvement populaire arabe «Erhal, dégage», qu’il a détourné des rives inflammables du Golfe (Bahreïn, Yémen) vers le versant républicain et séculier de la Méditerranée (Libye, Syrie).
So long Hamad et ses qatarologues de circonstance, ses intellectuels médiatiques et ses universitaires cathodiques, toute cette cohorte d’orientalistes de pacotille et de ses arabes de service, orphelins d’une courte euphorie, orphelins de sa manne financière, en ce que la destitution de l’Emir du Qatar devrait sonner le glas des expéditions post coloniales occidentales en terre arabe, dont la bataille de Syrie aura marqué la fin de l’unilatéralisme atlantiste dans la détermination de la politique internationale.
Particulièrement la France, dont les contreperformances en Libye avec la talibanisation du Nord Mali et en Syrie, avec sa mise sur pied d‘un attelage claudicant de bi nationaux franco syriens à la tête d’une opposition off-shore, auront marqué le début du compte à rebours de son déclassement dans l’ordre des puissances planétaires.

Sur l’échec de la diplomatie française en Syrie, Cf. notamment

http://www.liberation.fr/monde/2013/05/29/syrie-donner-une-chance-a-geneve-ii-ou-se-taire_906682
http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2013/05/le-spectaculaire-revirement-fr.html

La Syrie a été la première révolution au Monde déclenchée en talon aiguille et costumes cravates à coups de cartes de crédits, depuis les salons feutrés des cénacles diplomatiques occidentaux sans le moindre coût pour Israël, l’ennemi officiel du Monde arabe, ou pour les Etats unis, son protecteur. Et le printemps arabe, amorcé en 2011 avec la chute du tunisien Ben Ali et de l’égyptien Moubarak, figurera dans les annales de l’histoire, comme la première révolution arabe à jouir du plein appui des pétromonarchies du Golfe, parmi les plus répressives et les plus régressives au Monde. Une impulsion à relent post colonial qui a considérablement contrarié le déclenchement d’un véritable soulèvement populaire matérialisé par un mouvement généralisé de désobéissance civile jusqu’à la chute du régime syrien.

Initiatrice du feu initial, la France atlantiste dans ses deux versions sarkozyste et hollandiste, dans ses deux variantes les plus capées, Alain Jupé et Laurent Fabius, de même que le Qatar et la Turquie auront sans doute à répondre de ce gâchis devant l’histoire. Pour qu’une stabilisation intervienne au Moyen orient, il importe de bannir le double standard: Armer les rebelles syriens, soit, mais symétriquement à l’armement des Palestiniens en vue d’améliorer leurs conditions de négociations face à Israël. Exiger le retour des émigrés syriens dans leurs foyers, soit, mais symétriquement au retour des réfugiés palestiniens expulsés, eux, de leur patrie depuis un demi-siècle.

Depuis le début du conflit de Syrie, le 16 mars 2011, une trentaine de personnalités de premier plan sont passés à la trappe de l’Histoire, l’Emir du Qatar et son premier ministre, pour leur piteuse prestation politique, de même que le noyau originel français, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ainsi que leur faux nez au sein de l’opposition off-shore, les franco syriens Bourhane Ghalioune et Basma Kodmani, enfin le clan Tlass, particulièrement Manaf, l’héritier, pour la pitoyable prestation de la Brigade Al Farouk dans la bataille de Bab Amro, février 2012 et de ses dérives successives jusqu’au cannibalisme. L’officier libanais Wissam Al Hassan, la dague sécuritaire absolue du clan islamo atlantiste au Moyen orient, a, quant lui, été expédié ad patres, en représailles à la décapitation de la hiérarchie militaire syrienne, notamment Assef Chawkat, le beau-frère du président syrien Bachar Al-Assad.

Un chiffre auquel il convient d’ajouter une vingtaine de journalistes, témoins de ce jeu de massacre qui aura généré 93.000 morts en trente mois de conflit, un million de réfugiés, autant de déplacés ainsi que des destructions de l’ordre de cent milliards de dollars, sur fond d’un double veto russo-chinois au Conseil de sécurité, signant par là même, un nouveau rapport de forces régional.

Dix ans après l’installation de la base du Centcom à Doha, deux ans après le début du printemps arabe, auquel il aura grandement contribué en le détournant de son cours initial, le Bibendum du Qatar emprunte le chemin de la sortie à lui indiqué par son cerbère américain.
En signe de remerciements pour services rendus. Fin de clap.
Sic Transit Gloria Mundi. Ainsi passe la gloire de ce monde.

Référence:

1-Le journal libanais As-Safir en date du 11 juin 2013 et du site en ligne Arab Times en date du 15 et du 24 Juin 2013 http://www.arabtimes.com, le plus important site arabophone d’Amérique du Nord. Le directeur du site Arab times, Oussama Fawzi, ancien haut fonctionnaire du ministère de l’Information du Qatar, est de nationalité syrienne. Réfugié aux Etats Unis, il plaide pour l’Union entre la Syrie et l’Irak afin de muscler le ventre mou du Monde arabe face à Israël, la Turquie et les pétromonarchies atlantistes.
2-Tamim, l’héritier. Né le 3 juin 1980, il a été marié à deux reprises, dont une avec un de ses cousines. Il est père de trois filles et d’un garçon: Nayla, Aisha et Almayasa. Son fils, Hamad Bin Tamim Al Thani est appelé à lui succéder en tant que futur émir du Qatar
3-Les Adieux de Fontainebleau: Le texte de la proclamation, le 20 avril 1814
«Soldats de ma vieille garde, dit Napoléon, dont les paroles retentissent dans un silence religieux, je vous fais mes adieux !
«Depuis vingt ans je vous ai trouvés constamment sur le chemin de l’honneur et de la gloire.
«Dans ces derniers temps, comme dans ceux de ma prospérité, vous n’avez cessé d’être des modèles de bravoure et de fidélité.
«Toutes les puissances de l’Europe se sont armées contre moi, quelques-uns de mes généraux ont trahi leur devoir, et la France elle-même a voulu d’autres destinées.
«Avec des hommes tels que vous, notre cause n’était pas perdue; mais la guerre eût été interminable.
«C’eût été la guerre civile, et la France eût été malheureuse; j’ai donc sacrifié tous nos intérêts à ceux de notre chère patrie: je pars.
«Vous, mes amis, continuez de servir la France. Son bonheur était mon unique pensée, il sera toujours l’objet de mes vœux! Ne plaignez pas mon sort. Si j’ai consenti à me survivre, c’est pour servir encore à votre gloire; je veux écrire les grandes choses que nous avons faites ensemble. Adieu, mes enfants; je voudrais vous presser tous sur mon cœur, que j’embrasse au moins votre drapeau! »
Le général Petit s’approche alors, Napoléon le serre dans ses bras; puis, saisissant l’immortel étendard de la garde, il baise avec émotion le drapeau tricolore, déjà proscrit en France.
Enfin Napoléon surmonte son émotion: « Ha, chère aigle! Puisse le baiser que je te donne retentir dans la postérité! Adieu encore une fois, mes vieux compagnons! Que ce dernier baiser passe dans vos cœurs.

De ses trois épouses, Cheikh Hamad a vingt-quatre enfants, dont 11 garçons et 13 filles.

C’est la princesse Moza qui l’accompagne le plus souvent dans les actes officiels, faisant ainsi figure de princesse consort. Moza qui signifie en arabe banane est désignée par dérision de «Banana Princess ».

Avec sa première épouse Mariam Bint Mohammed Al Thani, il a 2 fils et 6 filles :

  • Mishaal Ben Hamad Al Thani
  • Fahd Ben Hamad Al Thani
  • Hussah Bint Hamad Al Thani
  • Sara Bint Hamad Al Thani
  • Rawdah Bint Hamad Al Thani
  • Fatima Bint Hamad Al Thani
  • Mashael Bint Hamad Al Thani

Avec sa deuxième épouse Mozah bint Nasser al-Missned, il a 5 fils et 2 filles :

  • Jassim Ben Hamad Al Thani (prince héritier de 1996 à 2003)
  • Tamim Ben Hamad Al Thani (prince héritier depuis 2003)
  • Joaan Ben Hamad Al Thani
  • Khalifa Ben Hamad Al Thani
  • Mohammed Ben Hamad Al Thani
  • Al-Mayassa Bint Hamad Al Thani
  • Hind Bint Hamad Al Thani

Avec sa troisième épouse Noora ben Khalid Al Thani, il a 4 fils et 5 filles :

  • Khalid ben Hamad Al Thani
  • Abdullah Ben Hamad Al Thani
  • Thani Ben Hamad Al Thani
  • Al-Qaqa Ben Hamad Al Thani
  • Lulwaa Bint Hamad Al Thani
  • Maha Bint Hamad Al Thani
  • Dana Bint Hamad Al Thani
  • Al-Anood bint Hamad Al Thani
  • Mariam Bint Hamad Al Thani

Pour aller plus loin

  1. Syrie-Controverse: A propos de François Burgat, son dépit amoureux de Oumma.com et de René Naba, ses vapeurs et ses humeurs.
    http://www.renenaba.com/syrie-controverse/
  2. 2-Portrait de l’Emir du Qatar, Khalifa Ben Hamad, «Air and Field Marshall du Monde arabe» http://www.renenaba.com/lhomme-de-lannee-2011/
  3. Portrait du premier ministre des affaires étrangères Jassem Ben Hamad http://www.renenaba.com/hbj-le-symptome-de-la-megalocephalite/
  4. Le rôle d’Al Jazira http://www.renenaba.com/al-jazeera-la-fin-dune-legende/
  5. Les connexions entre la France et le Qatar
    http://www.renenaba.com/qatar-un-rebut-de-luxe-pour-recyclage-haut-de-gamme/
    http://www.renenaba.com/le-qatar-une-metaphore-de-la-france-en-phase-de-collapsus/
  6. Les dégâts du Qatar en terre arabe et en Afrique
    http://www.renenaba.com/lettre-ouverte-aux-djihadistes-de-tous-les-pays

10 comments

J’ai lu… ta bonne analyse tout a fait pragmatique… Mais qui ne relève pas l’essentiel…à savoir que son « dégagement » par les US, est, d’une part une piètre consolation pour ceux (les pays) qui ont souffert de ses méfaits… et par ailleurs, c’est son fils qui va prendre le relais … donc c’est un « changement dans la continuité »… C’est en somme du Bush… remplacé par le noir de service… Belote et rebelote… pas de quoi vraiment se réjouir … (c’est ce que j’ ai écrit dans ma page FBook, suite à un article sur le même sujet.

Très bon article. Très instructif. Merci mon ami pour ces infos. je viens de le reprendre sur mon blog. Fraternellement, Chérif

Réponse à Ayouche
L’essenteil, dans un premier temps, était de souligner qu’il ne s’agissait pas d’une abdication volontaire, mais d’une destitution déguisée, afin de ne pas donner le prétexte à des célébrations sur les vertus de la démocratie qatariote. Exposer le cheminement qui a abouti à cette décision. L’iran théocratique qui organise des élections débouchant sur un modéré alors que les roitelets arabes du camp de la démocratie atlantiste demeurent hermétique à la notion même d’élections (arabie saoudite) sur fond d’un Erdogan, espoir de l’Occident, ébranlé. et surtout signaler la permanence du fait de prince dans le golfe cinquante après l’indépendance: Talal de Jordanie dégagé de même que Said d’Oman and now Hamad. Je ne cherche pas à briller mais à faire de la pédagogie politique. Merci néanmoins de tes observations. j’y reviendrai.

LE SOCIALISME, SEULE ALTERNATIVE AU CAPITALISME

26.06.2013

robertbibeau@hotmail.com, vincentgouysse@yahoo.fr, info@orgcomfr.com

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-socialisme-seule-alternative-au-capitalisme/

Le monde impérialiste s’écroule

Le monde capitaliste affronte la sixième année d’une crise économique majeure dont l’ampleur est sans équivalent depuis celle des années 1930. Dans l’ensemble des pays impérialistes en déclin, que ce soit en Europe, aux États-Unis ou au Japon, la bourgeoisie sur la défensive économique est passée à l’offensive politique. Alors que les rangs des chômeurs et des travailleurs pauvres et à statut précaire s’élargissent, les États bourgeois sabrent dans les dépenses destinées au peuple et détruisent ce qui reste des systèmes de retraite, d’enseignement et de santé qui ont été le prix à payer (le coût consenti pour la force de travail) afin d’obtenir la stabilité et la paix sociale dans le monde occidental décadent.

Pendant ce temps, rongées par le réformisme et le pseudo démocratisme véritablement électoraliste, les dernières organisations prétendument communistes continuent de se décomposer au profit des partis nationalistes bourgeois les plus réactionnaires qui accaparent leur électorat traditionnel alors que le syndicalisme de collaboration de classe n’en finit plus de se compromettre avec les dirigeants du capital et leurs politiciens serviles en donnant son aval à la destruction des chaînes dorées des esclaves salariés (exit les régimes de retraite raisonnables, les salaires permettant de survivre, le crédit bon marché, l’aide sociale et les soins de santé accessibles, le transport abordable, l’allocation chômage, etc.).

En dépit de cette offensive de grande ampleur, la classe ouvrière (et ses alliés) semble apathique et méfiante vis-à-vis des organisations censées la défendre – davantage résignées que révoltées – et quand la révolte éclate elle est spontanée-inorganisée et désorientée. Jamais au cours de l’histoire récente les fondements garantissant la stabilité sociale dans les vieux pays impérialistes n’ont semblé aussi fragiles, pourtant la résistance opposée par la classe ouvrière et ses alliés – travailleurs, étudiants, chômeurs – n’a semblé aussi éperdue-désorientée. En témoignent les «réformes» successives du système de retraite qui aboutiront à une augmentation de la durée du travail pour les actifs et à une baisse du niveau réel des pensions pour les retraités. Sur le front économique de la lutte des classes le Capital continue à dégrader les conditions d’exploitation du travail salarié le plus impunément du monde.

Alors que jamais dans l’histoire récente, la possibilité et la nécessité de la destruction du mode de production capitaliste n’ont paru aussi évidentes, jamais les conditions subjectives sur le front politique de la lutte des classes n’ont paru aussi défavorables, présentant la classe ouvrière internationale plus divisée et plus désorientée que jamais.

Pourtant, la révolte gronde sourdement

La source de ce désarroi en revient d’abord aux conditions matérielles objectives et à un approfondissement constant et inexorable de la crise qui précarisent l’emploi; paupérisent des millions de familles de plus en plus obnubilées par les nécessités impératives de la survie; terrorisent les travailleurs craignant de perdre leur emploi et entravent temporairement toute velléité de résistance organisée.
La bourgeoisie a veillé au grain et elle a perverti les organisations de la classe ouvrière en assurant la domination sans partage des directions et des cadres révisionnistes, opportunistes et réformistes sur le mouvement ouvrier et sur le mouvement pseudo-communiste international. Une domination si prégnante que pour nombre d’ouvriers le socialisme n’est même plus une hypothèse de solution aux maux du capitalisme. C’est que le mot «socialisme», tant galvaudé, présente dans la bouche des réformistes toutes les tares inexpugnables de l’impérialisme.

La conséquence la plus immédiate de cette trahison des clercs gauchistes, sociaux-démocrates et réformistes résulte en une conscience politique de la classe ouvrière qui retarde par rapport à l’évolution des conditions économiques, politiques et sociales objectives.

Cependant, prenez garde manants, à l’Organisation Communiste de France, nous pensons que la braise couve sous la cendre, les tensions révolutionnaires se multiplient et se concentrent et les forces de la révolte s’accumulent si bien qu’un jour, pas si lointain (voyez les camarades brésiliens, égyptiens, grecs, sud-africains), l’insurrection, jusqu’ici réprimée, éclatera en une guerre de classe inextinguible. Ce jour-là, la question de la direction révolutionnaire se posera avec acuité. Le grand Capital le sait et il s’y prépare frénétiquement alors qu’il lance une vague de répression fasciste après l’autre. Au même moment il intime à ses régiments de réformistes, d’opportunistes et de gauchistes, et à leurs consorts fascistes, de monter à l’assaut de la citadelle ouvrière désorganisée et désorientée.

C’est pourquoi, il est plus que jamais nécessaire de rappeler certaines vérités à tous ceux pour qui le terme «socialisme» est synonyme de direction  »social-démocrate-nationaliste-véreuse » à la mode PS-PCF-Front-de-Gauche-NPA-LCR-PRCF-URCF ou encore synonyme de «dictature prolétarienne sanguinaire» bafouant les libertés élémentaires – un épouvantail brandi par la bourgeoisie pour effrayer les esclaves salariés et les détourner de la voie de leur liberté économique, politique et sociale–. À tous ceux-là, il importe de rappeler de quoi le mot socialisme était porteur.

Le socialisme, c’est d’abord la classe ouvrière au pouvoir

En tant que période de transition entre la société capitaliste-impérialiste maltraitant quotidiennement les travailleurs en les soumettant pour la plupart aux tortures d’un travail excessif, aux dangers des chantiers meurtriers, des mines et des usines contaminées et polluées ; et pour une autre fraction à la menace du chômage sans rémission, au travail précaire jusqu’à la mendicité, le socialisme, société débarrassée de l’exploitation, pour conduire au communisme, ne pourra faire l’économie d’un certain degré de répression à l’encontre des reliquats de la classe capitaliste monopoliste (dépouillés de leurs propriétés mais tapis dans l’antichambre attendant leur revanche); à l’encontre aussi du grand capital financier-banquier-boursier, de ses suppôts et de ses affidés petit-bourgeois, espérant tirer leur épingle du jeu, et se vendre pour bien peu.

La société bourgeoise de «démocratie pour les riches» connaît bien cette problématique et ces pratiques de contention à l’encontre des ouvriers militants et de leurs partisans. Écrasez-vous, ouvriers-étudiants-employés et vous serez saignés à blanc sans être matraqués. Si vous résistez, vous serez saignés à blanc et matraqués «démocratiquement». En d’autres termes, sous l’impérialisme en crise, la frontière est ténue entre le ton «démocratique» du «cause toujours», et le ton fasciste du «ferme ta gueule».

Longtemps après leur expropriation sans indemnisation, les anciens exploiteurs continueront à nourrir leur rancœur et leur rêve de retour au pouvoir et à fomenter des complots visant à renverser le nouvel ordre économique et politique socialiste prolétarien (Il suffit d’observer cette politique revancharde, anti-ouvrière, qui s’exerce en ex-Union Soviétique, en Russie et dans tous les ex-pays «de l’Est»).

Que l’État socialiste soit, du point de vue des riches, assimilable à une «dictature du prolétariat» est tout à fait normal. Pour la grande masse des ouvriers, étudiants et employés – qui auparavant étaient exploités et spoliés –, le socialisme sera en revanche synonyme de liberté et de droit renouvelés : assurance de pouvoir travailler sans jamais connaître les affres du chômage ou du travail précarisé. Extension de la démocratie populaire à la gestion de l’entreprise. Droit d’exercer un contrôle direct (y compris post-électoral) sur l’ensemble des élus gérant l’appareil d’État (national, régional et municipal); depuis les fonctionnaires jusqu’aux administrateurs d’entreprises, ainsi que des gestionnaires de la justice, de la police et de l’armée du peuple qui organiseront la répression des conspirations ourdies par les reliquats de la bourgeoisie afin d’assurer la défense des intérêts du prolétariat et de ses alliés.

Ce mécanisme est certes à l’origine, comme il l’a été en URSS durant les décennies de pouvoir socialiste (1917-1953), d’une tension continuelle au sein de l’appareil étatique, un mécanisme que la bourgeoisie a diabolisé et calomnié, effrayée d’y être un jour confrontée. Une véritable démocratie populaire ne saurait faire l’économie de la vigilance et du nettoyage permanent de l’appareil gouvernemental et de ses directions judiciaire, policière et militaire. Il n’existe pas d’autres moyens pour prévenir la formation d’une nouvelle caste dirigeante et d’une nouvelle classe exploiteuse au sein d’un appareil de direction unique aussi puissant que le sera l’État socialiste prolétarien détenteur du pouvoir économique d’un pays indépendant (la véritable indépendance étant vis-à-vis de tous les impérialismes) et menant la politique ordonnée et harmonieuse d’une économie planifiée.

Le socialisme c’est la fin du profit et de la concurrence

Cette vigilance prolétarienne de tous les instants est nécessaire pour qui désire préserver les multiples bienfaits résultant du nouvel ordre socialiste! Le socialisme met fin à la concurrence entre les travailleurs pour l’emploi et les salaires en mettant fin à la concurrence pour la production des biens et des services et permet la naissance et l’épanouissement d’une nouvelle idéologie : la certitude de ne pas travailler pour engraisser une classe de parasites, mais de travailler pour son bien-être et celui de sa communauté.

Sous le socialisme, l’accès aux biens et aux services ne sera plus déterminé par l’exigence de produire au moindre coût afin d’accumuler toujours davantage de profits et de faire face à la concurrence acharnée d’entrepreneurs privés (qui auront tous été expropriés). L’accès aux biens et aux services sera déterminé par l’augmentation de la productivité du travail afin que chacun puisse subvenir à ses besoins et aux besoins de tous les siens, besoins en biens de consommation courants. Extension de la gratuité des soins de santé, de l’éducation-formation et des transports. Accès pour tous à un logement décent et gratuit. Accès aux loisirs, aux sports et à l’enrichissement moral et culturel pour tous ceux qui participeront à l’économie générale de la société, tandis que «l’oisif ira loger ailleurs».

Sous la dictature du prolétariat le salariat disparaîtra peu à peu. Il subsistera un temps comme «supplément» pour acheter des semences pour son jardin (le socialisme n’abolit pas la propriété privée limitée, cependant, jamais aucun moyen de production et d’échange ne sera privé), de la peinture pour son logement, des vêtements pour ses enfants, des livres pour de bons moments. Pour tous les biens et les services qui ne seront pas gratuits, l’État socialiste du prolétariat fixera des prix bas pour la consommation alimentaire, vestimentaire, énergétique, culturelle et les loisirs. À terme, le socialisme abolira complètement ce veau d’or qu’est l’argent, «cet entremetteur universel» (Karl Marx, Manuscrits de 1844).

La société socialiste sera la société des travailleurs. Point de place pour l’arnaqueur, le spoliateur, le parasite. Évidemment tout cela effraie les expropriateurs de profits, les pilleurs de bénéfices et les spoliateurs de dividendes! En d’autres mots, la loi du développement économique et social ne sera plus la course aux profits maximums pour une minorité de parasites comme c’est le cas de nos jours. La loi fondamentale du développement économique socialiste tendra irrémédiablement vers le principe : «De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins».

La répudiation de la loi du profit entraînera qu’il ne sera plus requis de sacrifier l’environnement et de détruire irrémédiablement la Terre-mère nourricière, dans l’unique souci d’enrichir une coterie de ploutocrates avilie. Les ouvriers et le peuple n’ont aucun intérêt à détruire la planète berceau de leur survie et de leur reproduction élargie. Seul le socialisme peut sauver l’humanité menacée par l’impérialisme du profit destructeur.

Certains seront tentés de demander : «Puisque le socialisme est un ordre économique et politique de progrès et de bien-être, pourquoi les États socialistes sont-ils tous disparus ?»

Le renversement du socialisme en URSS

En URSS, le mécanisme ayant mené au triomphe de la contre-révolution et au retour du capitalisme (1953) est simple. Il peut être résumé ainsi : en 1917, la Russie était un pays misérable, semi-féodal, formé d’une paysannerie appauvrie et illettrée, et dont l’industrie avait été détruite pendant la Guerre (1914-1917). Le Parti Bolchévique au pouvoir (octobre 1917) dut faire face à l’hostilité des pays capitalistes coalisés militairement pour le ramener dans le giron du capitalisme jusqu’à leur défaite après 7 années de guerre civile et d’invasion.

Il fallait désormais s’occuper d’organiser la production industrielle et agricole et donc entrer en conflit avec les restes de l’ancienne société (qui ne s’éteignent pas après la prise du pouvoir par le prolétariat). Cadres corrompus, propriétaires fonciers avides (koulaks), saboteurs infiltrés de l’étranger (trotskystes et terroristes blancs), rendirent nécessaires le plein exercice de la Dictature du Prolétariat. Le Parti communiste-bolchévique est parvenu en moins d’une décennie à redresser l’économie du pays, à le doter d’une puissante industrie mécanique capable d’insuffler un dynamisme immense à toute les branches industrielles, capable de produire la machinerie agricole permettant de sortir la paysannerie de sa condition misérable et de donner des perspectives d’avenir et un idéal à un peuple multi-ethnique autrefois divisé par les pogroms, le racisme et la pauvreté abjecte.

Mais la trêve fut brève. En 1933, Hitler prenait le pouvoir (démocratiquement) en Allemagne avec le plein soutien de la classe des capitalistes monopolistes allemands (Krupp, Messerschmitt, etc.). Il avait clairement exprimé ses visées sur l’URSS «ghetto» du «judéo-bolchévisme», disait-il ! Les soviétiques avaient depuis longtemps compris le message et le Komintern (organisation internationaliste des communistes) avait clairement analysé la situation. Hitler et les puissances occidentales passaient accords secrets sur accords secrets dans le dos de l’URSS. Mais pour le pouvoir prolétarien socialiste, aucune surprise en cela.

Sur la base de ces informations l’industrie lourde fut donc mise au service de la production d’armements. Les peuples de l’URSS sont entrés dans une période de guerre dont l’enjeu était pour les impérialistes tout autant la destruction du premier État du prolétariat qu’un nouveau partage du monde (affaiblissement de l’impérialisme anglais, français, allemand et japonais et montée en puissance de l’impérialisme étatsunien). Avant, pendant et après la guerre, qui dura cinq ans, les puissances occidentales jouèrent en permanence un double jeu, laissant porter l’effort de guerre à l’Est dans l’espoir ouvertement déclaré de voir Hitler «faire le sale travail» de destruction du premier État socialiste (et non pas communiste).

En 1945, l’URSS était toujours debout – ayant brisé les reins de l’hydre NAZIE –, le capital international dut temporairement s’incliner. Le Parti Communiste avait su mobiliser les peuples soviétiques, vaincre le nazisme et maintenir l’État socialiste prolétarien. Les peuples du monde avaient là un modèle éclatant. Un exemple trop dangereux pour les impérialistes. La puissance anglaise rabaissée, laissait désormais la place à l’impérialisme étatsunien. Ce dernier marquait son hégémonie sur la scène internationale capitaliste en larguant les premières bombes atomiques sur les populations civiles du Japon. Ce crime contre l’humanité prenait une signification particulière avec l’approbation tacite de la «communauté internationale» (ONU) déjà assujettie à son nouveau maître impérialiste.

En URSS, après 18 millions de victimes (civiles pour les 2/3), il fallut tout reconstruire, former de nouveaux cadres, rétablir l’économie. Depuis 1914, ce pays n’avait connu que seize années de paix (1924/1940), ses cadres avaient été décimés par la guerre, ses infrastructures détruites. Staline et la direction du Parti Communiste de l’Union Soviétique, conscients de cette problématique se mirent à rédiger des documents essentiels qui nous permettent encore aujourd’hui de saisir la justesse des orientations, avant, autant qu’après la guerre, tant sur le plan politique, idéologique, qu’économique. Staline meurt en mars 1953.

Dès 1956, au 20ème congrès du PCUS, Khrouchtchev, nouveau Secrétaire Général, présente un réquisitoire (publié simultanément à Washington !?) contre les politiques du Comité central du PCUS et contre Staline – ex-Secrétaire Général –, non sans avoir auparavant «épuré» le Comité Central du PCUS de 40% de ses membres.

Sur le plan international, la «nouvelle URSS» khrouchtchévienne utilisera :

– la force militaire pour maintenir les «pays de l’Est» dans sa sphère d’influence, dont certains dirigeants furent corrompus par les services spéciaux des États-Unis. Ce seront les répressions en Hongrie (1956), Tchécoslovaquie (68) et l’invasion de l’Afghanistan (1980) ;
– la compromission et l’ère de la soi-disant «coexistence pacifique» avec l’impérialisme américain; retirant les missiles de Cuba aux premières protestations de J.F Kennedy (Président qui affréta un corps expéditionnaire sanguinaire pour occuper et bombarder le Vietnam).

Toute différente avait été la ligne suivie par Staline et le PCUS lorsque Tito, en Yougoslavie, avait trahi le Mouvement Communiste International à la veille des années 1950. Le PCUS s’était refusé à intervenir militairement, en dépit de la persécution des marxistes-léninistes là-bas. Pour Staline, une intervention aurait donné du grain à moudre aux impérialistes et n’aurait pas servi les intérêts du socialisme dans le monde.

Le droit des nations et des peuples fut grossièrement bafoué par Khrouchtchev le révisionniste. Ses concurrents impérialistes de «l’Ouest» surent en profiter dans leur propagande anti-communiste pendant la «Guerre froide». Le premier État socialiste-prolétarien de l’histoire avait été renversé, remplacé par un État capitaliste monopoliste d’État où le profit fut rétabli et pour lequel les «pays frères» devenaient de simples néo-colonies à exploiter et à dominer. Dans les décennies suivantes, cette nouvelle classe exploiteuse à la rhétorique prétendument socialiste et anti-impérialiste sera incapable de suivre le rythme imposé par ses concurrents impérialistes d’Occident et finira par voir son territoire se disloquer définitivement après la «chute du mur», ravalant l’impérialisme russe au rang de puissance impérialiste de second rang. Le peuple soviétique sombra alors dans un abîme de misère dont il ne se relèvera un jour que par une nouvelle révolution socialiste.

Le prolétariat mondial n’a qu’une alternative

L’instauration et la défense du mode de production et du régime socialiste d’économie politique sont des combats de tous les jours où le prolétariat et son avant-garde ont malheureusement essuyé des revers. Rappelez-vous cependant que dans la vieille Europe archaïque la bourgeoise a bataillé deux siècles avant d’abattre le régime oppressif aristocratique-féodal et le remplacer par le système bourgeois-capitaliste. Il est compréhensible que les ouvriers aient besoin d’accumuler des forces et de l’expérience avant de parvenir à remplacer radicalement et totalement le régime oppressif bourgeois décadent par le seul régime qui ne remplacera pas une forme d’exploitation de l’homme par une autre forme, mais par un système économique, social et politique qui abolira toute forme d’exploitation de l’homme par l’homme.

Il y a soixante ans, les prolétaires et les travailleurs du monde entier ont certes essuyé une défaite majeure avec la restauration du capitalisme en URSS, et en Albanie par la suite. Pourtant, il n’y a pas d’alternative au socialisme. Le mythe réformiste cherchant à forger un capitalisme à visage humain «éco-socialiste, alternatif, chaviste, castriste, national-chauviniste, etc.», mythe largement relayé par les médias bourgeois aux ordres des capitalistes, et par tous les groupes et groupuscules de «gauche», n’a d’autre fonction que de duper la classe prolétarienne et de détourner les alliés des ouvriers de la voie socialiste révolutionnaire en leur faisant accroire qu’un troisième mode social de production serait à construire sans détruire complètement les fondements économiques de la société impérialiste érigée sur la propriété privée des moyens de production et d’échange, sur le travail salarié et sur la plus-value spoliée. Cette troisième voie n’est qu’un leurre avancé par les petit-bourgeois déçus du capitalisme et incapables de surmonter leur frayeur de la violence révolutionnaire populaire, leur soumission au parlementarisme bourgeois, au réformisme, à la prétendue voie pacifique vers le socialisme, leur peur de perdre leurs maigres avantages de fonctionnaires et de couche sociale temporairement privilégiée.

Il n’y a pas de troisième voie. Tout comme il n‘y a que deux classes antagonistes : les exploiteurs et les exploités; il ne peut y avoir que l’abolition de l’exploitation ou la perpétuation de l’esclavage salarié. Quand l’insurrection prolétarienne éclatera les petit-bourgeois se rallieront s’ils le souhaitent; d’ici là, le prolétariat doit se tenir aussi loin que possible de leur impudence et de leurs manigances visant à désorienter et liquider le mouvement socialiste révolutionnaire ouvrier.

Bien qu’aujourd’hui les exemples de l’URSS et de l’Albanie socialistes appartiennent au passé, ils restent d’actualité pour comprendre ce que les ouvriers, dirigés par leur parti de classe, devront faire pour renverser le régime impérialiste guerrier, le garder en échec et maintenir le prolétariat au pouvoir dans le prochain État socialiste, espoir de l’humanité.

POUR SE DÉSINSCRIRE robertbibeau@hotmail.com

Pour un complément d’information, visitez : http://www.orgcomfr.com et http://marxisme.fr/
Pour l’OCF info@orgcomfr.com.

Jeté comme un vieux kleenex qu’il est, tout sale, au propre comme au figuré.
L’Occident et plus particulièrement les USA n’aiment pas les béni-oui-oui. Les mêmes n’apprécient d’ailleurs, non plus, ceux qui leur tiennent tête !
Reste à savoir comment sera Tamim. Bien que proche des frères musulmans, se souviendra t-il de son réformateur et opposant de grand-père maternel Nasser bin Abdullah al-Missned ????

OMC Maroc: Le Maroc s’est acheté un printemps à crédit.
Au moment où la théologie sert de caution à la politique, et vice versa, l’Observatoire Marocain de Conjoncture constate les faits indiscutables suivants:

1 -En dix ans, pour trois familles enrichies, sept ont été appauvries.

2- L’indice de Développement Humain, marqueur international de l’évolution du niveau de vie, stagne depuis quinze ans. Les programmes nationaux de développement humain ne sont que démineurs de crise, tant est chaotique leur application sur le terrain.

3- 2025 doit marquer la disparition statistique (et nous insistons sur le mot « statistique ») de l’analphabétisme. Les études de terrain confirment l’émergence d’un Maroc massivement adulte, mixte, et alphabétisé, même si peu instruit, attaché aux signes extérieurs de religiosité plus qu’au respect strict des codes moraux induits.

4- Plus de 55 MM DH (7 milliards US$) de prêts internationaux, dont 40 des pétromonarchies, stabilisent nos indicateurs « macro-économiques » dans les limites fixées par les instances financières de la Planète. Les pétrodollars compensent provisoirement le repli désormais structurel des investissements européens, et la fuite de capitaux (32 MM Dh) mais ne les compenseront pas en terme de création d’emploi.

5- l’immobilier spéculatif et rentier, nouvel « or noir », à 30% de rendement annuel, détruit toute incitation à investir dans les secteurs productifs, seuls générateurs d’emplois, de savoir-faire, & d’entrée du Maroc dans la catégorie « Pays émergent ». Voilà l’explication aux décevants résultats des plans stratégiques (Emergence, Azur, ou Vert), en calaminés au tiers de leurs objectifs.

6- l’économie non observée (informel, soit une famille sur deux, génère 40% du PIB, en marge de tout contrôle public et des indicateurs officiels. Sa croissance annuelle de 3.5%, plus désormais que le PIB, et la démographie, marque une accélération de la précarité familiale constatée depuis 2008, confirmée par le fait qu’une famille sur deux bancarisée ne dispose d’aucune épargne fiduciaire.

7-L’équilibre militaire conventionnel avec notre voisin algérien est désormais rétabli pour 20 MM DH (2.5 milliards US$), mais fait en 2013, du Maghreb arabe, & de la zone du Detroit le premier acheteur mondial d’armes de dernière génération.

De l’analyse raisonnée de ces faits, l’Observatoire Marocain de Conjoncture, s’autorise les conclusions suivantes:

1-Toute réforme qui risque d’exclure un nombre significatif de familles du secteur informel déclenchera inévitablement une insurrection à caractère systémique.

2- Toute réforme entraînant un coup de frein brutal à l’enrichissement des familles oligarchiques actrices majeures de la stabilité systémique disqualifiera instantanément ses initiateurs.

3-En conséquence, et placée sous parapluie financier international, l’alliance islamiste-monarchiste, gouvernement des administrateurs de la vie quotidienne, ne peut que différer sans délai toute réforme dans des trois dossiers pour lesquels elle a été mise en première ligne à l’issue des élections de 2011: le refinancement des caisses de retraite, en faillite virtuelle en 2017, la « privatisation » des subventions aux produits de base et de sa caisse publique de compensation, la fin de l’exonération totale d’impôts pour le monde agricole (50% de la population), à l’échéance 2014.

4-La famille régnante doit désormais arbitrer entre oligarchies familiales partisanes d’une libéralisation très monarchique, et « vitrificateurs » trop impliqués dans la face sombre de la gouvernance pour accepter une quelconque libéralisation.Si l’influence des premiers a permis le désamorçage du printemps 2011, l’heure est aujourd’hui à la « glaciation » des seconds. Le retour au statu quo politique, social, financier et géostratégique, à l’opacité des centres de décision, est, et restera la réalité de 2013, voire 2014,en dépit des gesticulations spectaculaires apparues de-ci de-là, mais sera intenable au-delà.

5-Sous la double pression, intérieure de ceux que nous qualifions de « marges désobéissantes », et extérieure des pays gardiens stratégiques du Detroit, la famille royale s’est engagée en 2011 dans la voie de l’abolition des aspects les plus autocratiques de son autorité. Les six millions de familles marocaines, elles, ont bien entendu « réforme »et « modernité », qu’elles traduisent dans leur quotidien par: amélioration du niveau de vie, respect des opinions, disparition du harcèlement et moralisation de l’administration publique en général et des forces de l’ordre en particulier, et ce dans le calme. Sur la foi de quoi, elles lui ont accordé un crédit de confiance de quelques années, mais guère plus, pour faire des promesses une réalité. Passé ce délai, l’autorité monarchique, de solution à la crise, prend le risque d’en être perçue à l’intérieur comme « le problème », et à l’extérieur comme facteur d’instabilité. Seules comptent désormais les conditions dans lesquelles peut s’effectuer une transition effective, et les termes sur lesquels se construira le Maroc d’après demain.

6-Le Maroc et ses voisins sont l’une des dernières zones de la planète où un état de « guerre froide » vitrifie toute possibilité de tracer des frontières terrestres et maritimes incontestées, du Detroit de Gibraltar jusqu’au sud saharien. Paradoxalement, le contexte international nous apparaît favorable pour engager sans préalable, avec tous nos voisins, un processus négocié de désescalade militaire, avec en ligne d’horizon une forme de « coexistence pacifique », seule condition réaliste pour envisager solder les contestations frontalières irrésolues depuis 1956.

L’OMC Maroc, en ajout aux précédents communiqués, émet dix recommandations supplémentaires, détaillées dans la version intégrale de ce communiqué consultable sur

http://www.wobook.com/WBL25yi4G51L
ainsi que sur son site: http://omcmaroc.c.la

A propos de l’OMC Maroc

L’Observatoire Marocain de Conjoncture s’est fixé comme mission, depuis douze ans, et en toute indépendance, de faire émerger de la quantité et de la complexité des faits, chiffres & analyses publiées, les tendances fondamentales de l’évolution de notre société, l’évolution du contrat social, pour reprendre une expression fameuse, et notamment comment les crises qui apparaissent à un certain moment de l’Histoire des Sociétés, peuvent prendre leur autonomie au point que l’ensemble des systèmes de contrôle devienne inopérant.

Bonjour M. Naba,

Il semblerait que M. Qaradawi ait été expulsé manu militari de l’émirat ces derniers jours, et que la nationalité qatarie lui ait été retirée. Il serait actuellement hospitalisé en Egypte. En avez-vous entendu parler ? Si cela venait à se confirmer, cela constituerait un geste politique fort, révélateur d’une réorientation de la stratégie diplomatique qatarie, non ?

Réponse à Anis B.
A ma connaissance, son fils Abdel Rahman lui a interdit de prendre la parole au Caire en soutien au président déchu Mohamad Morsi. Le prédicateur atlantiste avait pris l’avion très tot le matin de Doha pour venir haranguer les foules depuis le quartier général de la confrérie des Frères Musulmans pour une contre-manifestation. Son déplacement a été un fiasco. Visiblement il s’est agi d’une gestuelle de trop qui a du lui être fatale. L’octogénaire Qaradawi a deja été hospitalisé en soins intensifs en Arabioe saoudite fin 2012.

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