Charlie Hebdo, un an après

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Le télescopage tragique d’une double fuite : La fuite de la République et la fuite des paumés de l’Islam.

Paris – Le carnage de Charlie Hebdo a fait l’effet d’un électrochoc tragique et induit une réflexion de la France sur elle-même, en ce que ce crime odieux est la résultante d’un télescopage tragique d’une double fuite :

  • La fuite de la République
  • La fuite des paumés de l’Islam

Paris-Bataclan, 13 novembre 2015, 11 mois plus tard est venu en confirmation de cette lourde tendance.

Pour que le travail d’introspection soit salutaire, il importe que les composantes de la société française se livrent à un devoir de vérité et ne se limitent pas à un exercice de flagellation ou d’autosatisfaction. Et pour la caste relevant de la pensée dominante de renoncer, particulièrement, à une vision hémiplégique des choses, à son discours disjonctif, variable en fonction de ses intérêts qui ne sauraient se confondre avec l’intérêt national.

Les fuites de la République

Une stratégie d’évitement pédagogique

Le débat est cyclique sur une thématique unique dans ses diverses déclinaisons : le voile, la burqa, les minarets, le rôle positif de la colonisation. Comme une fuite en avant, comme pour occulter l’essentiel, la dette d’honneur de la France à l’égard de ses immigrés, tant pour la défense de son indépendance, -à deux reprises au cours d’un même siècle, durant les deux guerres mondiales, fait rarissime dans l’histoire-, que pour leur contribution au rayonnement de la France à travers le Monde.
L’œuvre salutaire qu’il est prioritaire d’initier est non un travail d’exaltation chauvine propice à tous les débordements, mais un travail de «déconstruction» des mythes fondateurs de la grandeur française, une lecture fractale de l’histoire de France, afin de fonder l’identité nationale sur une connaissance concrète et non sublimée de l’histoire nationale et de cimenter l’unité nationale par la prise en compte des diverses composantes de la population nationale et non sur la stigmatisation du métèque.
Là réside la racine du mal. Dans cette stratégie d’évitement pédagogique qui fait que l’enseignement de l’histoire est biaisé et vise à magnifier les pages glorieuses et à en gommer les pages hideuses.

L’HISTOIRE D’UN PAYS EST L’ADN DE SA NATION. Il serait absolument contre productif d’en occulter les faits, si hideux soient-ils, sous peine de falsification et partant de mystification et de fabulation.

Enseigner à minima l’épisode de la répression sanglante de la commune de Pairs 1870, œuvre de la République, mais magnifier la Révolution française (contre la Monarchie), malgré l’épouvantable séquence de «La Terreur» est immanquablement générateur d’un état d’autosatisfaction permanente, d’un état de lévitation intellectuelle contre-productif. Un enseignement générateur de chauvinisme en ce que «La Commune de Paris» (17.000 tués, 43.522 arrestations et déportation, dont la légendaire Louise Michel), exaltait l’esprit de la Résistance et le refus de la capitulation.

La capitulation qui est le trait majeur des campagnes militaires françaises du XIX et XX me siècle face aux Anglais à Waterloo, en 1815, face à l’Allemagne, en 1870, à Sedan, de nouveau face à l’Allemagne nazie en Mai 1940, face au Vietnamiens, quinze ans plus tard, Dien Bien Phu en 1955, soit quatre capitulations en deux siècles. Du jamais vu dans les annales de la stratégie miliaire mondiale.

La promotion d’un Islam d’inspiration wahhabite au détriment d’un Islam consulaire

Au paroxysme de la guerre froide américano-soviétique (1945-1990), en pleine phase de décolonisation de l’Afrique francophone, majoritairement musulman, le bloc atlantiste a favorisé la promotion d’un islam wahhabite au détriment d’un islam consulaire, d’un islam domestique. Le bloc atlantiste a ainsi instrumentalisé l’Islam comme frein à l’adhésion des jeunes générations issues de l’immigration aux structures contestataires de l’ordre capitaliste (partis communistes, syndicats) partant du faux principe autocratique que l’Islam remplit une fonction d’obéissance collective au Prince qu’il soit juste ou injuste.

Levons l’ambiguïté : L’Islam n’a pas conquis la France, c’est la France qui s’est lancée à la conquête des pays arabes et africains majoritairement musulmans. L’Islam n’est donc pas un produit du terroir français, à l‘instar du christianisme, mais la conséquence résiduelle du reflux d’empire. Le produit dérivé de la turgescence coloniale française et de son excroissance ultra marine. Sans colonisation, point de «burnous à faire suer», ni de «bougnoule», ni «y a bon banaia», ni de «chairs à canon». Pas de «bicot», ni de «ratonnades», ni de «délits de faciès», pas de «Code de l’indigénat» ni de «Code noir», pas plus que de «Venus callipyge», ni «Sétif», ni «Thiaroye», ni «Sanaga», encore moins de «territoires perdus de la République». Et point d’Islam, à tout le moins dans cette densité. «Le beurre l’argent du beurre en plus du sourire de la crémière», cela relève de la fable. Ou d’un merveilleux contes de fée. De même que le «fardeau de l’homme banc et sa charge d’aînesse», un alibi destiné à masquer la mégalomanie prédatrice.
Pour aller plus loin sur ce sujet, voir à ce propos:

Dans le même ordre d’idées, levons une autre ambiguïté: Ce n’est pas la Syrie qui a déclaré la guerre à la France et ce ne sont pas des Syriens qui combattent la France par ailleurs artisan du démembrement de la Syrie du temps de son mandat sur le Levant.

Ceux qui combattent la France sont des citoyens français expatriés en Syrie par la campagne incitative médiatique anti-Assad de la caste politico-médiatique, et formatés au djihadisme par les alliés objectifs de la France.
Dans ce contexte, il eût été avisé de placer cette nouvelle religion de France en régime concordataire, plutôt que de la laisser en jachère, à la merci du borborygme du premier bédouin pétrodollarisé. D’accompagner son développement dans un sens adapté aux réalités françaises. De surcroît, les pays occidentaux auraient dû ne pas omettre le fait que le donneur d’ordre des prédicateurs de l’Islam européen était formaté dans le moule wahhabite en ce que l’Islam, pour leur clientèle pétromonarchique et les autocraties pro occidentales, fait office de repoussoir au modèle démocratique en même temps qu’un pourvoyeur d’une rente sécuritaire.

Sous l’aile protectrice américaine, avec le consentement européen, l’Arabie saoudite a déployé la plus grande ONG caritative du monde à des fins prosélytes, à la conquête de nouvelles terres de mission, dans la décennie 1970-1980, particulièrement l’Europe, à la faveur du boom pétrolier et de la guerre d’Afghanistan. Ce déploiement arachnéen s’est développé par un usage intensif de la politique du chéquier.

Le Royaume saoudien a ainsi dépensé 87 milliards de dollars au cours des deux dernières décennies pour financer le prosélytisme religieux selon le rite wahhabite à travers le Monde, ciblant en priorité le Pakistan, la puissance atomique sunnite, officiellement pour contrer l’accession de l’Iran au rang de «puissance du seul nucléaire», précise la revue «Middle East Monitor» dans son édition de décembre 2015, dont la version arabe est publiée par le journal libanais «Al Akhbar». Pour un coût de cinq millions de dollars, le royaume saoudien a édifié des centres religieux en Europe pour une superficie de 3.848 m2 à Melilla et Madrid (Epagne), Lisbonne, Rome, Londres, Vienne, Genève ainsi que Mantes La Jolie (région parisienne), sans oublier l’acquisition de chaires universitaires dans des établissements de renommée internationale:

  • Chaire du Roi Fahd pour les Etudes (Institut des Etudes Orientales et Africaines à l’Université de Londres.
  • Chaire du Roi Abdel Aziz pour les Études Islamiques à l’Université de Californie.
  • Chaire du Roi Fahd pour les études de législation islamique à la Faculté de droit de l’Université de Harvard.

À lui seul, le Roi Fahd, l’homme par excellence des Américains, avait alloué une quote-part des royalties pétroliers au financement du prosélytisme à travers le Monde, de l’ordre de 1,8 milliards de dollars par an, pendant vingt ans.

Pour aller plus loin sur ce sujet :

La dévalorisation de l’enseignement de la langue arabe

Une autre racine du mal réside dans la dévalorisation de l’enseignement de la langue arabe en France, où l’on ne dénombre plus, depuis la décennie 1990, qu’un seul Lycée dispensant cette langue dans la région parisienne, le Lycée Voltaire, dans le 10 me arrondissement de Paris.

180 milliards de dollars de capitalisation boursière des grandes fortunes françaises se sont volatilisés lors du krach boursier américain de 2008 du fait de leurs placements dans des fonds spéculatifs (Maddof and Co) et 80 milliards d’euros prennent annuellement le chemin des paradis fiscaux, soit l’équivalent du budget de l’éducation nationale. Un pactole soustrait ainsi à la formation pédagogique citoyenne, à la création d’emplois, à la réduction du chômage endémique et à la fluidité sociale. Des éléments qui constituent autant de contre-feux à la frustration sociale et au prosélytisme religieux. En un mot à la tentation intégriste.

La réduction de l’enseignement officiel de la langue arabe a conduit bon nombre de Français d’origine arabe à se réfugier dans les mosquées, les instituts islamiques et les écoles coraniques pour l’apprentissage de leur langue maternelle et la «réappropriation de la culture d’origine» par l’acquisition du savoir de la religion musulmane. Conséquence de cet ostracisme la Mosquée et les clubs de sports sont devenus le refuge ultime des «ostracisés».

Le sport avec les pratiques nouvelle, boxe thaï, et surtout les MMA pour «Mixed Martial Arts», un sport tellement violent qu’il est interdit par le ministère des Sports, mais très infiltré par les fondamentalistes religieux. Au point que les clubs de sport font désormais office de classes préparatoires au djihadisme.

Pour aller plus loin sur ce sujet, Cf. à ce propos: «L’implantation de l’Islam en France, un champ religieux fragmenté» par Haoues Séniguer, Maître de conférences en Sciences Politiques (Lyon), membre de l’ISERT (Institut Supérieur d’Etudes des Religions et de la Laïcité). Cahiers Français N° 389.

Il existe, certes, en période de crise un affaissement du sens moral. Mais ce phénomène s’est accentué en France avec la disparition des grandes matrices formatrices de la conscience nationale, l’armée et l’école. L’armée avec la suppression du service militaire obligatoire; l’école avec la multiplication des écoles privées, des grandes écoles et autres instituts spécialisés. De surcroît, la suppression des grands débats télévisés, qui constituaient une forme déguisée de pédagogie politique, s’est accompagnée, parallèlement, de la prolifération de programmes développant une forme d’individualisme basée sur la délation. Loin d’inciter à la solidarité, Loft Story, Koh Lanta développent une forme d’individualisme effréné, du chacun pour soi (chacun son beefsteak, selon la formule consacrée). Et la délation, un travers quasi national, avec la traditionnelle existence des corbeaux dans les provinces de France et la délation du fait juif sous la France vichyste.
L’instauration d’une forme déguisée de service civique répondrait, dans le contexte de l’après Charlie Hebdo, au souci des pouvoirs publics de restaurer une forme d’engagement collectif à l’échelle nationale.
La France peut à juste titre magnifier ses pages glorieuses, sans pour autant occulter ses pages honteuses: La «Patrie des Droits de l’Homme» est aussi la Patrie du «Code Noir» de l’esclavage et du «Code l’Indigénat».

Le pays du Code civil est aussi le pays de la codification selon les critères du Gobineau darwinisme, le pays des expositions ethnologiques, les fameux «zoos humains», de la Venus Callipyge, de la cristallisation des retraites des anciens combattants de l’outre-mer et de la notation des travailleurs coloniaux. Le pays de la révolution, un soulèvement populaire contre la monarchie, est aussi le pays de la Commune de Paris, un soulèvement populaire contre la République, ce dernier épisode occulté de l’enseignement de l’histoire car s’agissant d’une révolte populaire contre la République.

Les fuites des paumés de l’Islam

Le bilan est éloquent: Les six «sales guerres» de l’époque contemporaine sont situés dans la sphère de l’Organisation de la Conférence Islamique (Syrie, Irak, Afghanistan, Somalie Yémen et Libye) générant 600 millions d’enfants musulmans pâtissant de la pauvreté, de la maladie, des privations et de l’absence d’éducation, alors que 12 pays musulmans comptent le taux le plus élevé de mortalité infantile et que 60 % des enfants n’accèdent pas à la scolarité dans 17 pays musulmans. (Cf à ce propos Haytham Manna, président de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme dans son ouvrage «La Résistance civile, contribution à l’auto-immunisation des sociétés» -SIHR 2 ème édition 2015).

Le panorama se passe de commentaires: La précarité économique avec son cortège de marginalisation, de réclusion sociale, de délit de faciès, de délinquance, de récupération religieuse, à l’arrière-plan d’une dynamique de groupe sur des êtres fragilisés dans un univers carcéral constituent autant de facteurs de trébuchement, voire de basculement.
En superposition avec une infantilisation religieuse, sur fond de démagogie et d’instrumentalisation de l’islam comme arme de combat contre l’athéisme soviétique (Afghanistan 1980-1989), puis contre les pays arabes laïcs (Libye, Syrie) avec la complicité des pays occidentaux (2011-2014) ces facteurs ont fini par générer, au terme d’une séquence houleuse d’un quart de siècle, un être hybride, paumé de l’Islam et paumé de la République, djihadiste par filière de la délinquance, un fou de Dieu, un zombie criminogène.

En résonance avec une sournoise campagne d’Islamophobie relayée au plus haut niveau de l’état par des expressions qui ont fait flores:-«bruits et odeurs» (Jacques Chirac); «les banlieues au karcher et les moutons dans les baignoires» (Nicolas Sarkozy); Ou encore, «l’équipe de France black black black risée de l’Europe» (Alain Finkielkraut), voire même «les Musulmans tètent l’antisémitisme à leur naissance», du même académicien compulsif.
Avec son prolongement sur le versant arabe de la Méditerranée, sur fond d’autoritarisme absolu du pouvoir politique, d’une forme de religiosité niaise à soubassement démagogique, avec son cortège de misère et le chômage de masse de larges couches de la sphère arabo musulmane, une conjonction qui en fait des terreaux de l’islamisme.
35% des jeunes pâtissent du chômage et le salaire mensuel d’un travailleur dans le monde arabe est de l’ordre 150 dollars/mois, soit le salaire quotidien d’un combattant de Da’ech (État islamique).

Soit 30 fois plus avec une prime de 50 dollars pour chacune des 4 épouses et de 30 dollars pour chaque enfant. De quoi faire rêver, avec tous les attributs de la puissance qui s’est souvent confondue avec le machisme.
La guerre enrichit, avec son cortège de rapine, et, constitue un puissant propulseur de récit historique avec sa dynamique d’exaltation, d’impunité, dont l’apogée se concrétise dans l’immunité de la puissance machique et sa traduction concrète: le repos du guerrier plus connu sous le vocable de Djihad al Nikah.

Le fait musulman en France et en Europe

Au-delà du débat récurrent sur la compatibilité de l’Islam et de la République, un fait s’impose, patent: Les arabo-musulmans d’Europe constituent le premier groupement ethnico identitaire d’importance sédimenté hors de la sphère européo centriste et judéo chrétienne.
Socle principal de la population immigrée malgré son hétérogénéité linguistique et ethnique, -avec 20 millions de personnes, dont 6 millions en France-, la communauté arabo-musulmane d’Europe occidentale apparaît en raison de son bouillonnement -boutade qui masque néanmoins une réalité- comme le 28 me État de l’Union européenne.
Premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Avec près de 7 millions de musulmans, dont les 2/3 de nationalité française, elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Émirats Arabes Unis, Palestine, Îles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante-deux États de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.

La spécificité de l’immigration en France : une immigration de créance

N’en déplaise aux nostalgiques de l’empire, là aussi, la vérité s’impose: l’immigration basanée en France est une immigration de créance, résultant d’un tribut de sang, sans pareil dans les annales, qui fait qu’à ce titre les immigrés en France se doivent d’être accueillis par la grande porte alors que les instances du pays d’accueil veillent constamment à leur faire prendre la porte de service.

Qu’on en juge. La contribution globale de colonies à l’effort de guerre français pour la 1ère Guerre Mondiale (1914-1918) s’est élevée à 555.491 soldats, dont 78.116 ont été tués et 183.903 affectés à l’arrière à l’effort de guerre économique en vue de compenser l’enrôlement de soldats français sur le front.

Pour la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945): La première armée d’Afrique qui débarqua en Provence (sud de la France), le 15 août 1944, avait permis d’ouvrir un deuxième front en France après le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie.
Cette armée de 400.000 hommes, comptait 173 000 arabes et africains dans ses rangs. De juin 1940 à mai 1945, cinquante-cinq (55 000) Algériens, Marocains, Tunisiens et combattants d’Afrique noire furent tués. 25 000 d’entre eux servaient dans les rangs de l’armée d’Afrique.

Durant la campagne d’Italie, marquée par la célèbre bataille de Monte Cassino, qui fit sauter le verrou vers Rome, et, à ce titre, célébrer comme la grande victoire française de la II me guerre mondiale, sur les 6.255 soldats français tués, 4.000, soit les deux tiers, étaient originaires du Maghreb et parmi les 23.5000 blessés, 15.600, soit le tiers, étaient du Maghreb.

Ainsi donc, cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde n’ont pas encore banalisé la présence des «basanés» sur le sol français. De même treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration n’ont pas conféré à l’Islam le statut de religion autochtone en France où le débat, depuis un demi-siècle, porte sur la compatibilité de l’Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples de France de ce groupement ethnico-identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européocentriste et judéo-chrétienne

La France, le seul grand pays européen à l’articulation majeure des deux grands fléaux de l’Occident de l’époque contemporaine, la traite négrière et l’extermination des Juifs

«La politique arabe de la France» que Nicolas Sarkozy a cherché à déconstruire avec le soutien actif des transfuges atlantistes, notamment Dominique Strauss Khan, l’ancien Directeur du Fonds Monétaire International et Bernard Kouchner, l’ancien urgentiste des zones pétrolifères (Biafra, Kurdistan, Darfour, Gabon et Birmanie), a surtout consisté pour les pays arabes à voler au secours de la France, à deux reprises, au cours du XX me siècle.
Pour l’aider à vaincre ses ennemis, notamment en 1939-1945, en l’aidant à se débarrasser du joug nazi dont une fraction importante de la communauté nationale de confession juive en a lourdement pâti.

En contrepoint et pour prix de la contribution arabe à la libération de l’Alsace-Lorraine, la France a amputé la Syrie du district d’ Alexandrette pour le céder à la Turquie, son ennemi de la Première Guerre Mondiale (1914-1918). Récidiviste, elle carbonisera au napalm les habitants de Sétif, en Algérie, (1945), après la deuxième Guerre Mondiale (1939-1945) fournissant dans la foulée à Israël la technologie nucléaire du centre de Dimona (Néguev).

Si Nicolas Sarkozy a pu présider un pays se rangeant dans le camp de la Démocratie, il le doit certes aux «Croix Blanches» des cimetières américains de Normandie, mais au sacrifice aussi des quelques cinq cent mille combattants du Monde arabe et africain qui ont aidé la France à se libérer du joug nazi, alors qu’une large fraction de la population française pratiquait la collaboration avec l’ennemi.

Cinq cent mille combattants pour la Première Guerre mondiale (1914-1918), autant sinon plus pour la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945), il n’était pas question alors de pistage génétique, de «test ADN» ou d’ «immigration choisie» pour leur enrôlement, de «seuil de tolérance», mais de sang versé à profusion pour une guerre qui se présentait pour eux comme «une querelle de blanc».

Justifier le refus de se livrer à un «devoir de vérité» -les Algériens n’ont jamais parlé de repentance-, au prétexte qu’il y avait des Français qui avaient aimé l’Algérie et qui y ont fait de belles choses, constitue sinon de l’ignorance, à tout le moins de la mauvaise foi, ou, plus grave, une monstruosité.

S’il est vrai que des Français ont aimé l’Algérie, ils n’ont pas pour autant nécessairement aimé les Algériens. Pour preuve le Code de l’Indigénat qui s’est appliqué pendant cent ans à la population autochtone, c’est à dire à la population originelle du pays. De même que le «Code Noir» pour l’Afrique, le «Code de l’indigénat» la plaçait en état de servilité.

Du jamais vu dans l’histoire coloniale mondiale. Certes les colons ont aussi fait de belles choses en Algérie. D’abord pour eux-mêmes, rarement pour la population autochtone qui n’y a eu accès que d’une manière parcimonieuse. Quant aux belles réalisations: tous les dictateurs en comptent à leur actif. Hitler de même que Mussolini ont lancé de grands projets d’infrastructure, sans pour autant que cela ne les exonèrent de leurs turpitudes, tant sur le plan moral que politique ou juridique. L’argumentaire sarkoziste n’est donc pas recevable.

N’en déplaise aux intellectuels de cour, les trois grandes figures tutélaires du XX me siècle pour leur contribution à la morale universelle auront été, faut-il le rappeler, trois personnalités du tiers monde colonisé, le Mahatma Gandhi (Inde), Nelson Mandela (Afrique du Sud), et, pour l’espace francophone, le Martiniquais Aimé Césaire, trois apôtres de la non-violence, une consécration qui retentit comme un camouflet pour les pays occidentaux avec leur cortège de nazisme, de fascisme, de totalitarisme et d’esclavagisme.

Et, pour douloureuse qu’elle puisse être pour notre amour propre national, force nous est de relever que la France, en contrechamps, aura été le seul grand pays européen à l’articulation majeure des deux grands fléaux de l’Occident de l’époque contemporaine, «les penchants criminels de l’Europe démocratique», la traite négrière et l’extermination des Juifs. Contrairement à la Grande Bretagne qui a pratiqué la traite négrière exclusivement, sans aucunement participé à l’extermination des Juifs, contrairement même à l’Allemagne qui a conçu et réalisé, elle, la solution finale de la question juive, mais sans participation à la traite négrière.

Le devoir de vérité ne constitue donc pas, selon une analyse chauvine, une pantalonnade assimilable «aux sanglots de l’homme blanc», mais un devoir de courage moral.

Dans ce contexte, il convient d’admettre que si la question juive revêt une importance particulière en Europe, c’est principalement en raison du fait que les deux pays qui passaient pour les plus civilisés de l’époque -l’Allemagne et la France- ont massacré leurs propres concitoyens du fait de leur origine ethnico-religieuse. Osons l’affirmation : Si les Juifs avaient été des Iroquois d’Amérique du Nord, des Aztèques, des Incas, des Guaranis d’Amérique latine, ou encore des Zoulous, des Bassas-Bamilékés, des Songhaïs ou des Soninkés d’Afrique voire même des Arabes, particulièrement des Palestiniens, gageons que l’Occident n’aurait jamais sanctuarisé ce problème.

L’orchestration d’une concurrence mémorielle sur des sujets de grandes souffrances ne relève pas de la victimologie. Elle révèle la pathologie de son auteur.

Ne pas transposer le conflit israélo palestinien en France

Machiavélisme éhonté, Nicolas Sarkozy, du temps où il était ministre de l’intérieur, choisira comme conseiller exclusif pour la neutralisation des troubles des banlieues françaises, en 2005, non son collègue américain, habitué des violences des ghettos noirs d’Amérique, mais Avi Dichter, ministre israélien de la Sécurité publique, celui-là même qui est en charge de la répression de l’Intifada palestinienne dans les territoires sous occupation israélienne, transposant dans l’ordre symbolique, volontairement, le conflit israélo-palestinien sur le territoire national.

Dans une démarche à portée démagogique, à connotation électoraliste, il s’assurera, en récidiviste, la collaboration d’un ancien réserviste de l’armée israélienne, Arno Klarsfeld, en tant que conseiller, tant sur la définition du «rôle positif» de la colonisation que pour la régularisation des sans-papiers.

Curieuse façon de promouvoir la laïcité, un des principes cardinaux de la République française, en assurant la promotion d’un homme ayant réclamé une nationalité étrangère, en l’occurrence israélienne, par conviction religieuse. Non moins curieuse façon d’assurer la visibilité et la crédibilité de la diplomatie française en s’assurant les services de réserviste israélien, un pays en guerre contre des pays amis de la France, le Liban et la Palestine.

Sans parler de DSK, «je m’interroge tous les jours sur ce que je peux faire pour la grandeur d’Israël» (et non de la France), ni de Manuel Valls, lié de «manière éternelle à Israël» et non à la France, ce qui pose le problème de la dualité d’allégeance des dirigeants français. Curieuse façon de promouvoir la démocratie et l’égalité lorsque l’on songe à la connivence honteuse de la France tant dans sa branche néo-gaulliste que socialiste avec la frange la plus extrême de l’obscurantisme régressif des pays parmi les plus répressifs de la planète.

Les interrogations sont réelles et fondées, mais par leur déclinaison répétitive (problème de la compatibilité de l’Islam et de la Modernité, compatibilité de l’Islam et de la Laïcité, identité et serment d’allégeance au drapeau), les variations sur ce thème paraissent surtout renvoyer au vieux débat colonial sur l’assimilation des indigènes, comme pour démontrer le caractère inassimilable de l’Islam dans l’imaginaire européen.

Comme pour masquer les antiques phobies chauvines, malgré les copulations ancillaires de l’outre-mer colonial; malgré le brassage survenu en Afrique du Nord et sur le continent noir, Malgré le mixage démographique survenu notamment au sein des anciennes puissances coloniales (Royaume-Uni, France, Espagne, Portugal et Pays Bas) du fait des vagues successives des réfugiés du XX me siècle d’Afrique, d’Asie, d’Indochine, du Moyen-Orient et d’ailleurs malgré les vacances paradisiaques des dirigeants français à l’ombre des tropiques dictatoriaux.

Comme pour dénier la contribution des Arabes à la Libération de la France; Le rôle de la Libye et de l’Irak de soupape de sûreté à l’expansion du complexe militaro-industriel français avec leurs «contrats du siècle», en compensation du renchérissement du pétrole consécutif à la guerre d’octobre (1973). Comme pour dénier le rôle supplétif des djihadistes islamistes sous tutelle occidentale en tant que fer de lance du combat dans l’implosion de l’Union soviétique, dans la décennie 1980, en Afghanistan, puis dans l’implosion de la Yougoslavie (Bosnie et Kosovo), dans la décennie 1990, enfin dans l’implosion de la Libye et le démembrement du Soudan, de la Syrie et du Yémen, dans la décennie 2010.

Un douloureux travail d’adaptation au principe de réalité : L’Afrique, le fardeau de l’homme blanc ? Ou plutôt La France, fardeau de l’homme noir ?

En ces temps de cicatrisation post Charlie Hebdo, Télé-université s’est livré à un sondage insolite portant sur le quotient intellectuel des peuples de la planète. Un sondage établi selon des critères exclusivement ethno-centristes, sans tenir compte des expériences de l’histoire.

Une posture de mépris qui nous renvoie à la hideuse pratique de la notation des travailleurs coloniaux de l’entre deux guerre mondiale, où le glorieux Ho Chi Minh (indochinois à l’époque) a eu droit à une note de 3 sur 20, avant d’infliger une lourde défaite à la France à Dien Bien Phu, tout comme les Algériens dans leur guerre d’indépendance (1) (1954-1960)

Purger les non-dits de la conscience française, purger les scories de la mémoire française, telles pourraient être les missions prioritaires des Français. D’’admettre, en un mot, que la France a aussi été le fardeau de l’homme Noir (2); Que l’immigration basanée est une immigration de créance à l’égard de la France; Que les bienfaits de sa civilisation comportait aussi une part de méfait, afin d’opérer enfin un douloureux travail d’adaptation au principe de réalité et de mettre un terme à sa lévitation permanente si préjudiciable à son renom.

La France s’affiche volontiers révolutionnaire, mais se révèle, en fait, profondément conservatrice. Alliée des deux grands plus colonisateurs de la planète, Israël et l’Arabie saoudite, deux pays, de surcroît, à soubassement théocratique, en contradiction avec la laïcité française, cette France-là du «triptyque républicain» se doit d’opérer un retour sur soi pour purger la schizothymie qui l’habite.

La politique occidentale en direction du Moyen orient a généré une virulente islamophobie doublée d’une arabophobie provoquant un épouvantable et dramatique chassé-croisé: 10.000 djihadistes d’Europe ont rallié les groupements djihadistes pour des combats en Syrie et en Irak, alors que, parallèlement plus d’un million de Syriens et d’Irakiens ont cherché à gagner l’Europe pour y trouver refuge.

Pour aller plus loin sur ce thème:

La capitulation de Sedan face à l’Allemagne en 1870-71 a donné naissance à la III me République, la capitulation de Montoir face à Hitler en 1940 à la IV me République (1946), celle de Dien Bien Phu et d’Algérie en 1955, à la V me République (1958), avec leurs cortèges de grandes institutions: Sedan à la création de «sciences po», l’Institut des Études Politiques de Paris et Montoir à la fondation de l’ENA, l’École Nationale d’Administration (1945).

Le pays des «grandes écoles», des concours pépinières des élites, des scribes et des clercs, ne tolère pas de retour sur son passé. Il ne conçoit que les perspectives d’avenir. Jamais de rétrospectives, toujours des prospectives. Une fuite en avant ? La fuite comme mode de gouvernement ? Jusqu’à quand ? Jusqu’où ?

«Si une France de 45 millions d’habitants s’ouvrait largement, sur la base de l’égalité des droits, pour admettre 25 millions de citoyens musulmans, même en grande proportion illettrés, elle n’entreprendrait pas une démarche plus audacieuse que celle à quoi l’Amérique dut de ne pas rester une petite province du monde anglo-saxon», prophétisait, déjà, en 1955, Claude Lévi-Strauss (Tristes tropiques) en un saisissant résumé de la problématique post coloniale dans laquelle se débat la société française depuis un demi-siècle.

Du désastre de Suez au désastre de Damas ou du bon usage de «Munich et des sudètes de Tchécoslovaquie»: «Le changement, c’est maintenant» ?

Munich

Damas est en fait le vieux remake du mauvais film de Suez. MUNICH: Seul pays au Monde à faire un usage intensif de ce terme pour stigmatiser ce qu’il considère être «le défaitisme» des adversaires de sa politique, «Munich» et par extension «Munichois», est en fait l’apanage du socialisme français. Son arme de destruction massive pour neutraliser toute critique à son égard.

Harlem Désir, en la matière, n’est en fait que le piètre successeur de Guy Mollet, le dernier premier ministre socialiste de la IV République, l’homme de Suez et d’Alger, -beau palmarès-, qui avait brandi cet argument pour disqualifier les opposants à l’agression tripartite de Suez, en 1956, contre Nasser. 57 ans après, Harlem Désir nous ressert la même rengaine. Le changement, c’est maintenant. Vraiment ?

Dans la terminologie de l’époque, l’«expédition punitive» anglo-franco-israélienne, -menée, faut-il le souligner, par les deux puissances coloniales de l’époque en association avec leur pupille israélien-, devait châtier le «Bikbachi». Terme de l’ordonnancement militaire ottoman équivalant au grade de Colonel, le Bikbachi Nasser sera ainsi désigné à la vindicte publique comme le nouvel Hitler de l’après-guerre, sous le vocable de Rayïss, que l’on faisait rimer dans le subconscient européen avec le Reich. Le 2eme Hitler arabe sera naturellement Yasser Arafat, le chef de l’Organisation de Libération de la Palestine. Figure de croquemitaine dans l’imaginaire occidental, l’Arabe, surtout lorsqu’il est porteur d’une revendication nationaliste, est un Hitler en puissance, quand bien même les Arabes et les Africains (chrétiens et musulmans) ont été parmi les principaux pourvoyeurs de «chairs à canon» pour la libération de la France, à deux reprises en un même siècle, phénomène rarissime dans l‘Histoire.

De Gamal Abdel Nasser (Égypte) à Mohammad Mossadegh, à l’Ayatollah Ruhollah Khomeiny et Mahmoud Ahmadinejad (Iran) en passant par Yasser Arafat et Cheikh Ahmad Yassine (Palestine), à Moqtada Sadr (Irak) et Hassan Nasrallah (Liban), tous ont eu l’honneur d’assumer cette fonction sans que jamais personne n’ait songé à établir un lien entre l’arrogance occidentale et la radicalisation des contestataires de sa suprématie.
De la Guerre d’Espagne, dans la décennie 1930, où les brigades internationales ont été le fait des communistes, à l’Algérie où les ratonnades de Robert Lacoste résonnent encore dans les mémoires, à l’Égypte où les canonnades de Guy Mollet prétendaient «punir» comme de juste Nasser pour avoir récupéré le canal de Suez, en soustrayant au grand capital l’unique richesse nationale de l’Égypte. Munich, spécialité française, est d’autant plus vigoureusement brandie que les socialistes, plutôt répressifs en ce domaine, qu’ils n’ont jamais apporté le moindre soutien aux guerres de libération du tiers-monde.
Alors Harlem Désir ? Munichoise, la Chambre des Communes qui a infligé une retentissante leçon de démocratie à la France en refusant de bombarder la Syrie ? Munich, Barack Obama, qui a jugé plus conforme à l’éthique démocratique de prendre l’avis des représentants de la nation ?

Munich, l’Inde qui a vaincu le colonialisme par la non-violence ? Munich, l’Afrique du Sud qui triomphé de la ségrégation raciale par une réconciliation nationale et non par la stigmatisation ?
Munich, le Pape François qui prie pour la paix en Syrie quand le Mufti de l’Otan, le prédicateur millionnaire du Qatar, Youssef Al Qaradawi, supplie que la Syrie soit bombardée par ces anciens colonisateurs ?
Munich à la manière de Guy Mollet, comme en 1956… Le changement, c’est maintenant ? Ou tout bonnement Harlem Désir, tête brûlée pour une politique de terre brûlée ?

Les Palestiniens, Les Sudètes du XXI me siècle

Dans sa démarche vis-à-vis de la Syrie, François Hollande, nous avait chuchoté le quotidien Le Monde jamais avare de confidence dès lors qu’il s’agit d’épauler le pouvoir socialiste au point de lui servir d’amplificateur médiatique et de relais diplomatique, est hanté par le précédent de la Tchécoslovaquie et le sort des Sudètes (1938) qu’Hitler absorba sans crier gare du fait de la passivité européenne, résultante des accords de Munich.
Le conditionnement idéologique est tel, la servitude intellectuelle si forte que les ravages de la pensée socialiste paraissent incommensurables.
Ainsi Laurent Fabius, qui passe pour être l’un des esprits les plus brillants de la République, a préconisé avec morgue et suffisance d’armer l’opposition syrienne pour établir une parité militaire et créer les conditions équilibrées à une négociation avec le pouvoir syrien. Il suggère de même une action énergique en vue de favoriser le retour des réfugiés syriens dans leur pays.
Préoccupation humanitaire légitime qui aurait pu honorer son auteur si elle s’était accompagnée d’une requête similaire concernant les Palestiniens, dépouillés, exilés et déplacés, eux, depuis soixante ans… Les Sudètes du XXI è siècle.
En filiation directe avec le socialiste Guy Mollet et son expédition de Suez de sinistre mémoire (octobre 1956), le pouvoir français, un demi-siècle plus tard, sans tenir compte des enseignements de sa folle équipée, s’est placé en pointe dans la campagne médiatique incitative contre le président syrien Bachar Al Assad, faisant preuve en la matière d’une appétence extraordinairement aiguisée envers des équipées punitives à l’encontre du Monde arabe. Un véritable prurit belligène irrépressible.

Pour un 1% de croissance le pouvoir français dans sa double composante sarko hollandaise a vendu son âme au diable, les régimes les plus antinomiques de la démocratie.

Se positionnant en allié objectif des djihadistes, il a transformé Paris en un vaste cimetière, et, par son laxisme moral, la France en passoire djihadiste. En toute impunité pour les dirigeants. Cette politique aberrante a révélé, par contrecoup, la déliquescence morale de ses élites, la désagrégation intellectuelle de sa caste politico-médiatique vénale, particulièrement l’inconsistance palpable de ses islamophilistes, un chancre de la pensée stratégique française.

Illustration des dérives mentales de la classe politique française, sur fond de présupposés idéologiques, la France, qui a compté le plus grand nombre d’otages au Monde détenus par le djihadisme sunnite -et non chiite- qui compte par ailleurs le plus grand nombre de victimes du djihadisme sunnite, -et non chiite- s’appliquera à obtenir, paradoxalement, l’inscription de la branche militaire du Hezbollah sur la liste noire de l’Union Européenne, en juin 2013. Elle veillera soigneusement en revanche, à éviter l’inscription sur la liste Jabhat An Nosra, la filiale syrienne d’Al Qaida «qui fait du bon boulot en Syrie», selon l’expression de Laurent Fabius, diplomate en chef des socialistes néo conservateurs français. Une incohérence due sans doute à l’effet de la «rationalité cartésienne».

Une guerre de civilisation, selon l’expression du premier ministre Manuel Valls, se mène et se gagne dans la clarté. Elle présuppose, au préalable, de mener sa propre guerre contre sa propre duplicité et ses propres turpitudes.

Références