Tuesday, August 11, 2020
Actualités & Flashback


Le printemps arabe: Une guerre de prédation économique d’un Occident en crise systémique d’endettement.

Le propre du journalisme est de se pencher sur le texte, le contexte et le prétexte – RN. Note de…

By René Naba , in Actualités Analyse International , at 9 avril 2020

Le propre du journalisme est de se pencher sur le texte, le contexte et le prétexte – RN.

Note de la rédaction

Ce papier est publié à l’occasion du 9ème anniversaire du déclenchement du soulèvement populaire syrien.

Point culminant de la restauration de la souveraineté de l‘état syrien sur la quasi-totalité de son territoire national, la reconquête d’Idlib, l’ultime réduit des groupements terroristes islamistes dans la nord-est syrien, frontalier de la Turquie, parachève une série de victoires militaires de l’armée arabe syrienne à l’effet de consolider le pouvoir central en butte à une conspiration internationale depuis près de neuf ans, une guerre non déclarée à laquelle ont participé de dizaines de milliers de djihadistes.

Un cycle de reconquête entamé il y a six ans avec la chute de Homs (8 mai 2014), avec l’aide du Hezbollah libanais et de l’Iran, amplifié avec l’intervention russe en Syrie, avec la chute de Palmyre (27 mars 2016), la reprise d’Alep, (le 22 Décembre 2016), qui marqua l’échec du plan de partition de la Syrie, enfin Idlib, qui constituait le plus important repaire terroriste bénéficiant du soutien militaire turc et de la connivence occidentale

Retour sur la plus grande conspiration occidentale, qui s’est révélée une conjuration de cloportes, menée en partenariat avec les pétromonarchies obscurantistes du Golfe, avec en guise de bras armés les supplétifs islamistes du Pacte atlantique.

Intervention lors du colloque organisé par l’Institut Scandinave des Droits de l’homme (SIHR) à Genève en 2019 avec la participation de politologues des pays arabes et occidentaux.

Le dossier est complété par les aveux d’un repenti Kamal Labawani, l’homme qui avait supplié Israël de bombarder Damas.

Des accords de Lancaster House au congrès international de l’opposition off-shore syrienne de Paris sous l’égide de Bernard Henry Lévy et la participation des Frères Musulmans de Syrie.

En Novembre 2010, la France et le Royaume-Uni, à l’instigation des États-Unis, signent les accords de Lancaster House, dont une clause prévoyait de conquérir la Libye et la Syrie.

L’accord, signé par le premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy, visait à mettre en commun des éléments de Défense, y compris nucléaires, de manière à réaliser des économies d’échelle.

L’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, Roland Dumas confirmera que la guerre de Syrie était dans les cartons anglo-saxons bien avant le déclenchement du soulèvement populaire syrien, attestant avoir été contacté par des Britanniques et les États-Unis, en 2009, pour savoir si l’opposition française soutiendrait un tel projet.

Pour aller plus loin sur ce thème, cf ce lien: https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/entretien-avec-roland-dumas-sur-la-148405

Une annexe du Traité indiquait que la Force expéditionnaire franco-britannique réalisera les plus importantes manœuvres militaires conjointes de l’histoire des deux pays du 15 au 25 mars 2011, sous le nom de «Southern Mistral ».

Au premier trimestre 2011, la fièvre révolutionnaire s’empare du Monde arabe avec l’éviction de deux piliers de l’influence américaine dans la zone,-le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali (15 Janvier) et le président égyptien Hosni Moubarak (27 Février)- et la répression d’un soulèvement populaire de Bahreïn maté par un corps expéditionnaire saoudien. Une déstabilisation qui frappe trois alliés majeurs de l’Otan.

La France fera des offres de service tant à la Tunisie qu’au Bahreïn pour mettre à la disposition de ses deux pays son expertise technique dans le domaine de la répression des masses, la «gestion démocratique des foules», selon le jargon français.

Or le 15 mars 2011, à la date présumée du début des manœuvres conjointes franco-britanniques, -pure hasard ou coïncidence préméditée-, les premiers incidents éclatent à Deraa, sud de la Syrie.

Une semaine plus tard, le 23 Mars, le gouverneur de Deraa est limogé à la suite de la sévère répression qu’il a ordonnée contre les manifestants, au cours de laquelle trois personnes, dont une fillette, avaient été tuées dans cette ville. Dera ‘a devient l’épicentre du soulèvement qui s’étendra progressivement à l’ensemble du pays.

Le 4 juillet 2011 se tient à Paris le premier congrès international de soutien à l’opposition syrienne à l’initiative de Bernard Henry Lévy, voltigeur de pointe de la stratégie médiatique israélienne sur le théâtre européen, un des artisans du démembrement du Soudan; du transfuge socialiste Bernard Kouchner, ministre sarkozyste des Affaires étrangères et un des partisans de l’irrédentisme kurde en Irak et en Syrie, et son successeur au Quai d’Orsay, Laurent Fabius, l’homme qui passera à la postérité pour avoir acté que «Jabhat An Nosra (la franchise syrienne d’Al Qaida) fait du bon travail en Syrie» et que «Bachar Al Assad ne méritait pas de vivre sur terre».

Le meeting SOS Syrie du 4 juillet est organisé au cinéma Le Saint-Germain-des-Prés en partenariat avec France-Syrie démocratie et «Change Syria for Democracy» et la participation des représentants des Frères Musulmans de Syrie.

Un mois plus tard, le 18 Août, le président Barack Obama invite le président Bachar Al Assad à démissionner, dans la foulée de l’échec des efforts de la Turquie de convaincre le président syrien d’inclure les FM de Syrie dans une vaste coalition gouvernementale. A son retour de Damas, M. Ahmet Dadoud Oglou, à l‘époque le ministre des affaires étrangères turc, sans doute dans la confidence, lancera prémonitoire, le 9 Août 2011, «la Syrie va flamber».

En octobre 2011, six mois après les premières émeutes de Syrie à Dera’a, les FM de Syrie étaient désignés chef de file de l’opposition syrienne en gestation au terme d’un arrangement entre les Etats Unis, la Turquie et le Qatar.

La direction collégiale de la branche syrienne de la Confrérie des Frères Musulmans prenait alors la décision de «porter les armes contre le gouvernement syrien», de militariser le conflit de Syrie à la suite de l’échec des efforts de la Turquie de convaincre le président Bachar Al Assad de former un gouvernement d’Union nationale incluant les Frères Musulmans syriens, fermant ainsi la porte à toute recherche d’un règlement politique.

Farouk Tayfour, adjoint au Contrôleur Général des FM de Syrie, résidant à Istanbul, a été chargé de canaliser, financer et de faire transiter les djihadistes accourus du monde entier pour participer au djihad contre le régime syrien. Un financement assuré par le Qatar qui veillait à ce que tous les groupements islamistes portent un nom d’identification musulman à l’instar d’ «Ansar Ad Dine», partisans de la religion, etc…

Selon «Doha Brookings Institution», la branche régionale du Think Tank américain de «100.000 à 120.000 djihadistes ont déferlé en Syrie à cette époque. Pour aller plus loin sur ce thème, cf ce lien: https://www.renenaba.com/rapport-syrie-brookings-doha-center-report/

Le 2 octobre 2011, le «Conseil National Syrien» était proclamé à Istanbul. En guise de première démarche, il réclamait l’instauration d’une « No FLY ZONE», une zone d’interdiction aérienne, selon le schéma libyen, qui aurait permis aux djihadistes et leurs parrains de constituer une tête de pont en vue de la conquête de Damas, sous couvert de protection internationale.

Atteint de mégalocéphalite, le crésus du Qatar sera dégagé en premier, éjecté du pouvoir par son maître américain pour avoir outrepassé ses pouvoirs en provoquant la chute d’un des meilleurs alliés des pays occidentaux au Moyen orient, l’égyptien Hosni Moubarak.

Pour aller plus loin sur ce thème cf ce lien: https://www.renenaba.com/la-fin-sans-gloire-du-deus-ex-machina-de-la-revolution-arabe/

Ancienne puissance mandataire du pays, la France sera désignée chef du «Groupe des Amis de la Syrie», une coalition internationale de 128 pays groupant de grandes démocraties du type de la ténébreuse monarchie saoudienne et le non moins belliciste Abou Dhabi ainsi que le parrain de la confrérie des Frères Musulmans, le Qatar.

En tandem avec la Turquie, son partenaire dans l’équarrissage de la Syrie par rattachement du district syrien d’Alexandrette à la Turquie, la France sera le chef d’orchestre médiatique de la première phase de la séquence syrienne en synchronisation avec l’esclavagiste, avant que le duo ne soit ravalé au rang de vacataire, après l’entrée en force de la Russie désormais maitre du jeu régional, la reconquête d’Alep par les troupes gouvernementales syriennes et le pathétique et affligeant épisode des «Casques Blancs» syriens.

14 vétos russes dans la guerre de Syrie

Depuis le début de la guerre de Syrie, en 2011, la Russie a fait usage à 14 reprises de son droit de véto au Conseil de sécurité de l’ONU pour neutraliser les menées atlantistes contre la Syrie, unique pays arabe avec l’Algérie, à être demeuré fidèle à Moscou après l’implosion du bloc soviétique.

Le dernier véto en date est intervenu le 20 Décembre 2019 à propos du ravitaillement de la population d’Idlib, dernier bastion des groupements terroristes refoulés du reste du territoire syrien, que les forces gouvernementales syriennes s’apprêtaient à neutraliser avec l’aide de l’aviation russe.

Neuf ans après le début de la guerre de Syrie, la séquence dite du «printemps arabe» a révélé une triple imposture:

  • L’imposture de la vieille garde prétendument démocrate arabe (Mouncef Marzouki, Azmi Bishara, Walid Joumblatt, Borhan Ghalioun)
  • L’imposture des grandes démocraties occidentales (Etats Unis, France Grande Bretagne),
  • L’imposture de l’idée même des révolutions arabes, menées successivement, dans une première phase ; par des monarchies régressives, le Qatar, en Tunisie et en Egypte, en Libye et en Syrie, notamment; puis dans un deuxième temps, par l’Arabie saoudite contre la Syrie.

Rien ni l’intense guerre psychologique menée contre les contestataires de la version occidentaliste de la guerre de Syrie, ni les manipulations des preuves sur le terrain à propos d’un usage présume d’armes chimiques, pas plus que l’imposture des «Casques Blancs» n’épargnera les occidentaux et leurs alliés pétro monarchiques d’une défaite humiliante eu égard aux considérables moyens mis en œuvre pour abattre le président syrien Bachar Al Assad. https://www.mondialisation.ca/des-lanceurs-dalerte-revelent-les-mensonges-de-lorganisation-pour-linterdiction-des-armes-chimiques/5639175

Présentée comme «imminente», «dans les quinze jours», selon les oracles français, la chute de «Bachar», ainsi que le désignaient désobligeamment les médias français, a évolué au gré de la tournure du conflit.

L’estimation au départ «catégorique» a progressivement fléchi pour se muer en «chute inéluctable», passant ensuite à «vraisemblable», puis à «probable», enfin à «possible», alors qu’en parallèle, les principaux artisans occidentaux de cette guerre – Hillary Clinton (Etats Unis), David Cameron (Royaume Uni), Nicolas Sarkozy et Français Hollande passaient à la trappe de l’Histoire. https://www.madaniya.info/2017/12/29/syrie-la-prophetie-sur-la-chute-du-president-syrien-bachar-al-assad-a-lepreuve-de-la-guerre-de-syrie/

Fin de la note

I – Les objectifs sous-jacents du «printemps arabe» et ses conséquences.

Le printemps arabe: Une guerre de prédation économique d’un Occident en crise systémique d’endettement.

Le printemps arabe est intervenu au terme d’une décennie calamiteuse de «guerre contre le terrorisme», matérialisée par les interventions américaines en Afghanistan (2001) et en Irak (2003), avec leur coûteuse répercussion sur les finances des États-Unis. La crise du système bancaire américain (2008) qui en a découlé a entraîné une perte de capitalisation boursière de l’ordre de 25 mille milliards de dollars.

Cumulé avec la crise systémique de l’endettement européen, le carnage d’Oslo juillet 2011, carnage commis par un Européen, dans un pays européen contre des Européens, a constitué un désaveu absolu à la «guerre contre le terrorisme».

Une guerre de prédation des économies arabes

Ce qu’il est convenu d’appeler «le printemps arabe» est en fait une guerre de prédation des économies arabes, avec le démembrement du Soudan, principal ravitailleur énergétique de la Chine, via le sud soudan, la désarticulation de la Libye, principal ravitailleur pétrolier de la Russie, et la neutralisation de la Syrie, l’allié permanent de la Russie et de la Chine dans le Monde arabe. Libye et Syrie, deux pays de surcroît sans endettement extérieur.

Un cadeau compensatoire à la Turquie pour le refus de son admission au sein de l’Union Européenne et une guerre de substitution à l’Iran.

Cadeau compensatoire à la Turquie pour le refus de son admission au sein de l’Union Européenne, la guerre de Syrie a constitué une guerre de substitution à l’Iran, en vue de briser les voies de ravitaillement stratégique du Hezbollah, dans le sud Liban, invincible à ce jour face à Israël.

Un oléoduc transrégional iranien Iran-Méditerranée, un élément déclencheur de la guerre contre la Syrie.

Dans une interview télévisée à «Russia Today», diffusée le 11 novembre 2019, le président Bachar Al Assad a révélé, pour la première fois, les raisons de l’animosité des pétromonarchies à son égard.

Le président syrien a confirmé qu’un des éléments déclencheur de la déstabilisation de la Syrie a été le projet de construction d’un oléoduc Nord Sud transrégional d’Iran à la Méditerranée via l’Irak et la Syrie. La Syrie avait donné son accord à ce projet. Alerté, le Qatar a aussitôt proposé un premier versement de 15 milliards de dollars au président Bachar al Assad en vue de l’inciter à rompre son alliance stratégique avec l’Iran.

Les principaux points de cette interview figurent sur ce lien

Jusqu’à présent, l’hostilité du Qatar au président Assad a été expliquée par le refus du président syrien de donner son feu vert au passage d’un gazoduc reliant le Qatar à la Turquie, via la Syrie, en vue de ravitailler le marché européen en contournant le golfe et d’affaiblir la position diplomatique iranienne.

Au-delà de ces considérations, de par sa proximité avec le théâtre européen, contrairement à l’Afghanistan, la guerre de Syrie menée par une coalition contre nature des «grandes démocraties occidentales» et les pétromonarchies les plus rétrogrades et les plus répressifs du monde, par ailleurs incubateur du djihadisme planétaire, a entraîné un effet boomerang sur le théâtre européen avec les interventions meurtrières des paumés de l’islam (Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, les frères Kouachi et Amédy Coulibaly de même que les zombies criminogènes du massacre de Paris-Bataclan du 13 novembre 2015, les attentats de Bruxelles, de Nice, de Londres, de Madrid, ainsi qu’aux Etats Unis.

Par les cinq vétos opposés par la Russie et la Chine au Conseil de sécurité, la guerre de Syrie a mis un terme à l’unilatéralisme occidental dans la gestion des affaires du Monde et favorisé l’émergence d’un Monde multipolaire avec la montée en puissance du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud).

Des dangers d’une lecture exclusivement occidentaliste de la réalité arabe

Au-delà des vives critiques fondées sur les tares du pouvoir syrien, la déstabilisation de la Syrie a visé à rompre la continuité stratégique entre les diverses composantes de l’axe de la résistance à l’hégémonie israélo-américaine en coupant les voies de ravitaillement du Hezbollah au sud Liban.

Les quatre principaux griefs des démocrates libanais à l’encontre de la Syrie.

Mandatée par la Ligue arabe pour servir de force d’interposition entre les belligérants libanais durant la guerre civile libanaise (1975-2000), la Syrie exercera une tutelle politique de fait sur le Liban, ponctionnant abusivement son voisin sur le plan financier au prétexte de subventionner les frais de stationnement des 30.000 soldats syriens au Liban, qui en sortira exsangue au terme d’une lourde présence syrienne de 19 ans.

En dépit de nombreux griefs des libanais à l’égard du pouvoir syrien, le Liban via le Hezbollah, volera au secours de la Syrie, remportant de batailles décisives à Al Qoussayr et Al Qalmoun, alors qu’une large fraction de l’élite syrienne devenait mercenaire des pétromonarchies et participait à la destruction de son propre pays.

Les principaux griefs sont les suivants:

  • Le choix d’Abdel Halim Khaddam par Hafez Al Assad comme pro consul de Syrie au Liban, conduisant à la conclusion d’un pacte affairiste sunnite entre Khaddam et Hariri, en vue du pillage systématique du Liban.
  • La décision de Hafez Al Assad d’autoriser Rafic Hariri, dans le but de complaire à l’Arabie saoudite, de mettre la main sur le centre-ville de Beyrouth pour une bouchée de pains, 75 millions de dollars, en vue de déblayer les destructions et édifier à la place de luxueux immeubles, valorisant la fortune de Hariri, d’un coup de 7, 5 milliards de dollars. Le centre Beyrouth est désormais le socle de la puissance financière de Hariri, qui fait de la famille Hariri, chef de file du clan saoudo-américain au Moyén Orient, un élément incontournable de la vie politique libanaise. AU PROFIT DE l’Arabie Saoudite.
  • Le choix de Ghazi Kanaan, comme commandant en chef du contingent syrien, qui passera une transaction honteuse avec Rafic Hariri: l’octroi de la nationalité libanaise à 40.000 arabes sunnites de la plaine de la Beka’a, faisant perdre à la ville de Zahlé son caractère de grande ville chrétienne du Liban, devenant une ville mixte. Il aurait perçu 800 millions de dollars pour prix de cette transaction, dont il paiera de sa vie cette manipulation. Bachar Al Assad lui aurait en effet demandé de se suicider lors de l’enquête sur l’assassinat Hariri, les officiels syriens craignant que Ghazi n’emprunte le même chemin de la trahison que Khaddam.

Au début de la guerre de Syrie, en 2011, les sunnites naturalisés se sont alliés aux djihadistes de Syrie pour favoriser des attentats visant à déstabiliser le Liban, conduisant le Hezbollah à lancer six offensives dans le secteur Ersal Brital (frontière syro libanaise) pour maitriser la situation et assécher le marigot.

Autre forfaiture, l’alliance du pouvoir baasiste durant la guerre du Liban avec les milices phalangistes, les meilleurs alliés d’Israël dans la zone, contre les Palestiniens, particulièrement lors du siège de Tall Al Zaatar, Juillet-Août 1976.

Rafic Hariri, Walid Joumblatt et leur factotum syrien, principaux bénéficiaires du pouvoir baasiste se retourneront contre lui. Se posant en héraut de l’Indépendance libanaise, ils rallieront l’opposition off-shore pétro monarchique pour favoriser la chute du régime syrien, en une pathétique conjuration des cloportes.

Gardons-nous donc d’une lecture occidentaliste des soulèvements dans le monde arabe. Si la critique est nécessaire pour le bon fonctionnement de la démocratie, une pédagogie politique des peuples commande que la critique porte sur tous les aspects du problème, dont une lecture fractale pointera immanquablement les «tortuosités» du discours dominant occidental.

Primo: Si la guerre de Syrie a été une guerre de substitution à l’Iran en vue de la rupture du ravitaillement stratégique du Hezbollah, via la Syrie, son effet secondaire a été de détourner l’attention sur la phagocytose de la Palestine par Israël avec la complicité des états occidentaux. L’État hébreu cherche à constituer une ceinture d’états vassaux sur son pourtour, alors que la Syrie s’emploie à se dégager du nœud coulant glissé autour de son cou par la Turquie, Israël et la Jordanie en vue de la forcer à la reddition.

Deuxio: La Syrie et l’Irak constituaient les deux seuls états du Monde arabe animés d’une idéologie laïque. L’Irak a été démantelé par les Américains avec pour conséquence la constitution d’une enclave autonome pro-israélienne dans le Kurdistan irakien.

Ce schéma qui a préludé au démembrement du Soudan avec la constitution d’une enclave pro israélienne au sud Soudan, sur le parcours du Nil. Un schéma identique est prévu en Syrie dans le secteur de Raqqa, mais dont l’aboutissement a été contrarié par les revers militaires de la coalition islamo-atlantiste. Pour aller plus loin sur ce thème: https://www.renenaba.com/le-contournement-du-dernier-recalcitrant-arabe/ également https://www.renenaba.com/la-bataille-de-syrie-et-la-capture-par-liran-dun-drone-americain-sophistique/

Tertio: La libre détermination des peuples est un droit sacré inaliénable. Cela doit s’appliquer en Syrie, comme en Palestine. Cautionner, en juillet 2011 à Paris, sous la houlette de Bernard-Henri Lévy, le fer de lance de la campagne médiatique pro-israélienne en Europe, la conférence de l’opposition syrienne, a discrédité ses participants et jeté un voile de suspicion sur leurs objectifs.

Quarto: La succession dynastique doit être prohibée. Mais ce principe doit s’appliquer sans exception à Bachar Al-Assad, certes, mais aussi à Saad Hariri, qui a succédé à son père Rafic Hariri, sans la moindre préparation, à la tête d’un pays situé à l’épicentre du Moyen orient. À Ali Bongo dont la France a truqué les élections pour favoriser sa propulsion à la tête de l’état gabonais. À Amine Gemayel, élu à l’ombre des blindés israéliens en remplacement de son frère assassiné Bachir, lui-même élu à l’ombre des blindés israéliens.

À Hosni Moubarak qui se préparait à passer la main à son fils Jamal, avec la bénédiction des Occidentaux dont Nicolas Sarkozy saluera le courage de son départ, sans le moindre mot pour la courageuse lutte du peuple égyptien.

Cinquo: Se placer enfin sous l’égide la Turquie, comme cela a été le cas les groupements islamistes, relève d’une tragique méconnaissance des réalités régionales lorsque l’on sait que la Turquie, complice de la France dans le premier démembrement de la Syrie (district d’Alexandrette), a été le principal allié stratégique d’Israël pendant un demi-siècle, l’unique pays musulman membre fondateur de l’Otan. Que la Turquie, alliée d’Israël dans une alliance de revers contre la Syrie, a constamment soutenu la France lors de la guerre d’indépendance de l’Algérie, déniant aux Moudjahidines la qualité de combattants, les qualifiant de «terroristes».

Des bouleversements majeurs à l’horizon de l’an 2050

A l’horizon de l’an 2050, la Méditerranée sera le théâtre de deux bouleversements majeurs -démographiques et religieux, sur fond de péril écologique.

A- Démographiquement

Dans un renversement de tendance sans précédent de l’Histoire, la rive sud de la Méditerranée est en passe d’enregistrer un surplus démographique par rapport au Nord européen.

Dans moins d’une génération, vers l’an 2050, la population de quatre pays européens membre de l’Union Européenne, la façade méditerranéenne de l’Union européenne (France, Italie, Espagne, Portugal) aura à peine augmenté pour compter près de 300 millions de personnes, alors que la population des autres pays du pourtour (Égypte, Algérie, Turquie, Maroc, Tunisie, Syrie, Libye, Liban, Gaza-Palestine) se sera accrue de 70 pour cent pour avoisiner les 400 millions d’habitants induisant une nouvelle pesanteur sur l’écologie politique et économique du bassin méditerranéen.

B- Religieusement

L’Islam, fait aussi sans précédent dans l’Histoire, se hisse au premier rang des religions par le nombre de ses fidèles avec 1,7 milliards de croyants. Une promotion qui se double d’une implantation durable et permanente d’une importante communauté arabo-musulmane dans l’espace occidental, particulièrement européen, au cœur des principaux centres de création des valeurs intellectuelles de la planète.

Socle principal de la population immigrée malgré son hétérogénéité linguistique et ethnique, avec près de 20 millions de personnes, la communauté arabo-musulmane d’Europe occidentale apparaît en raison de son bouillonnement -boutade qui masque néanmoins une réalité- comme le 28e État de l’Union européenne.

En s’y greffant, l’admission de la Turquie, de l’Albanie et du Kosovo au sein de l’Union Européenne porterait le nombre des musulmans à près de 100 millions de personnes, représentant 5 % de la population de l’ensemble européen; une évolution qui fait redouter à la droite radicale européenne la perte de l’homogénéité démographique de l’Europe, la blancheur immaculée de sa population et aux «racines chrétiennes de l’Europe».

Pour aller plus loin sur nouvelle configuration stratégique de la Méditerranée, cf; ce lien: https://www.madaniya.info/2020/02/18/reconquerir-par-la-mer-le-dernier-ouvrage-de-richard-labeviere/

Gardons-nous des politiques de courte vue. Levons l’ambiguïté: L’Islam n’a pas conquis la France, ni l’Europe. C’est la France et d’une manière générale les pays européens (Belgique, Grande Bretagne, Espagne, Portugal) qui se sont lancés à la conquête des pays arabes et africains majoritairement musulmans.

L’Islam n’est donc pas un produit du terroir européen, à l‘instar du christianisme, mais la conséquence résiduelle du reflux d’empire. Le produit dérivé de la turgescence coloniale européenne et de son excroissance ultra marine.

Et les invasions barbares que l’on déplore du fait de la déstructuration de la Libye et de la Syrie sont en fait une réplique lointaine des invasions barbares des Européens sur la rive méridionale de la Méditerranée, qui en ont défiguré tant la démographie, que l’écologie politique et économique de la zone, de même que le mode de vie de sa population.

Pour aller plus loin sur ce sujet: L’Europe fossoyeur de sa propre cause, victime de ses turpitudes passées et présentes.

https://www.renenaba.com/flux-migratoire-leurope-fossoyeur-de-propre-cause-victime-de-propres-turpitudes-passees-presentes/

C- Le péril écologique: la Méditerranée une zone plus aride.

La Méditerranée va devenir une zone de plus en plus aride du fait des pluies de poussières sahariennes. Les pluies de poussières sahariennes jouent un rôle essentiel dans le développement de la biodiversité marine.

Elles permettent à telle bactérie ou tel phytoplancton de se développer et de proliférer grâce au mécanisme de la chaîne alimentaire, générant un changement climatique substantiel.

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/05/16/comment-le-sahara-nourrit-la-mediterranee_5128448_1650684.html#R2RH3qXTP6ksCC1Z.99*

4 – La Méditerranée, au seuil du XXI me siècle, une triple ligne de démarcation.

A- La Ligne de fracture entre deux mondes (Nord-Sud, Islam Occident).

La Méditerranée au seuil du XXI me siècle constitue une triple ligne de démarcation du fait de son positionnement: Un concentré des conflits majeurs du XX et XXI me siècle focalisés autour de la Palestine. Un conflit exacerbé par la découverte de nouveaux gisements énergétiques avec la découverte et la mise en exploitation de plusieurs blocs d’hydrocarbures entre Chypre, l’Égypte, Israël et le Liban.

Soucieuse de réduire sa dépendance énergétique des pays hors OTAN, l’Union Européenne a mis en route un projet de gazoduc sous-marin en vue d’acheminer vers l’Europe le gaz dont Israël exploite en Méditerranée. L’UE dépendait jusqu’à présent de l’Algérie et de la Russie pour son ravitaillement en gaz, deux pays hors OTAN.

L’Italie, Israël, la Grèce et Chypre se sont engagés, en avril 2017, à faire avancer un projet commun de gazoduc sous-marin, qui devrait être le plus long du monde, reliant la Méditerranée orientale au sud de l’Europe, avec le soutien financier de l’Union Européenne. Cet accord israélo européen a pour but de faire d’Israël un important exportateur d’énergie en Méditerranée. Il fait l’objet de vives critiques de la part des Palestiniens, encore exacerbées par le fait que la bande de Gaza assiégée souffre d’une crise d’énergie chronique qui paralyse son économie et réduit une grande partie de la population à la misère.

Le gazoduc Israël Europe devrait être doublé d’un corridor gazier sud européen, reliant la Mer Caspienne à l’Adriatique. D’une longueur totale de 3.500 km, l’oléoduc transportera vers les marchés occidentaux, via la Géorgie et la Turquie, le gaz naturel extrait dans les eaux territoriales d’Azerbaïdjan.

Cette double bretelle gazière Israël Europe, Caspienne sud européen, pourrait poser de sérieux problèmes aux pays arabes méditerranéens, l’Algérie, traditionnel fournisseur de Gaz à l’Union Européenne, et l’Égypte, la puissance énergétique à l’horizon de l’an 2025.

B- La ligne de démarcation d’un nouveau Monde multipolaire.

La ligne Algérie-Tanger-Pirée est la ligne invisible d’une nouvelle délimitation des zones d’influence entre le BRICS et l’Occident atlantiste; le Maghreb faisant office d’ultime digue de retenue de la poussée africaine de la Chine et du contournement de l’Europe par l’Afrique.

La Russie dispose de deux bases en Syrie, la base aérienne à Hemeimine, au sud-est de la ville de Lattaquieh et l’importante base navale de Tartous.

En 2016, la Chine qui dispose depuis 2015 une base à Djibouti , première base chinoise dans la zone à l’intersection du golfe arabo persique et de l’Océan Indien, a fait son entrée sur le plan militaire en Syrie, percée stratégique majeure de l’Empire du Milieu en Méditerranée, obtenant l’aménagement d’une plate-forme navale opérationnelle pour la marine chinoise dans le périmètre de la base russe de Tartous.

La Chine dispose déjà de facilités portuaires pour sa flotte opérant en Méditerranée, notamment à la grande base navale algérienne de Mers El Kébir.

En Méditerranée, Pékin multiplie des implantations dans les ports civils, notamment ceux du Pirée en Grèce, de Cherchell en Algérie, en Italie et au Portugal

Dans leur stratégie des «nouvelles routes de la soie», les ports européens sont des cibles privilégiées de Pékin. Depuis la prise de contrôle totale du Pirée en avril 2016, une douzaine de ports ont vu des opérateurs chinois investir leurs quais. Se joue ici, un «jeu de G0» planétaire. Et Pékin n’en fait pas mystère! Les ports européens font partie de ses cibles de sa stratégie maritime. Méthodiquement, les sociétés chinoises investissent les quais et les terminaux de conteneurs délaissés par les opérateurs privés européens et les collectivités territoriales.

Une tendance accentuée par la discrète accession de l’Algérie au rang de puissance balistique maritime avec des essais réussis de tirs de missiles de croisière.

C- La Ligne de cassure politique et mentale du Monde arabe.

Expulser de la Ligue arabe un de ses membres fondateurs, la Syrie, et laisser flotter le drapeau israélien dans le ciel du Caire, relève de l’aberration mentale.

Implorer ses anciens colonisateurs pour bombarder un pays arabe, la Syrie, qui a participé à trois guerres contre Israël (le prédicateur de l’OTAN, Youssef Qaradawi) rend obsolète et caduque l’accusation de croisade occidentale. Le printemps arabe a accentué la cassure politique et mentale du Monde arabe.

4- La nouvelle cartographie de la Méditerranée: le triplement du passage des navires battant pavillon chinois et russe en vingt ans.

Au lendemain de la II me Guerre mondiale (1939-1945), le Monde occidental disposait sur le pourtour méditerranéen d’un chapelet de bases: Bizerte (Tunisie), Mers El Kébir (Algérie), les deux bases françaises rattachés au port de Toulon, la base de rattachement de la flotte française en Méditerranée; Wheelus Airfield (Tripoli-Libye) pour les Etats Unis et Al Adem (Benghazi-Libye), pour le Royaume Uni, sans oublier le Canal de Suez, Akrotiri et Dékhelia, les deux bases de souveraineté britannique à Chypre. L’ensemble du dispositif est intégré au commandement de la VI me flotte américaine de la Méditerranée à Naples (Italie).

La perte de la quasi-totalité de ces bases, à l’exception des bases de Chypre et de Naples, du fait de l’indépendance des pays arabes, a été compensée par la création de six bases du pacte atlantiste sur le Golfe, dans chacune des pétromonarchies arabes, face à l’Iran.

A l’effondrement du bloc soviétique, dans la décennie 1990, le transit commercial en Méditerranée recensait deux à trois passages par jour de navires sous pavillon russe ou chinois.

Dans la décennie 2010, le trafic de ses deux pavillons a triplé passant à 10 bateaux par jour, contraignant les flottes occidentales à de douloureux exercices de comptabilité et d’évaluation à distance des cargaisons.
Ainsi, au terme de deux millénaires houleux, aux extrémités du Mare Nostrum, une ligne médiane va ainsi d’Alger au port grec du Pirée, la place forte chinoise pour le commerce européen, avec les places fortes navales chinoises à Tartous et Cherchell, en complément de Tartous et Hmeymine, les deux places fortes russes en Syrie sur la Méditerranée.

5 – Le projet OBOR ou La nouvelle route de la soie de la Chine

En superposition à la «Nouvelle Route de la soie» chinoise, ce corridor économique sino pakistanais de 3.200 km dont l’objectif est de désenclaver le Xinjiang en le reliant au port de Gwadar au Balouchistan, dans le sud de la Chine, à l’effet de de mettre directement en contact la 2me plus grande économie du Monde à l’Asie du sud et à l’Asie de l’Ouest (Moyen orient).

Le projet OBOR, ou la «Nouvelle route de la soie» est constitué un réseau d’immenses routes commerciales, les unes traversant l’Asie par voie terrestre, les autres contournant le continent par voie maritime, d’où son nom officiel anglais d’Obor pour: One Belt (la ceinture océanique), One Road (les infrastructures terrestres).

Projet titanesque, il concerne 68 pays représentant 4,4 milliards d’habitants, 40 pour cent du PIB mondial. Il va réduire de 10.000 km le trajet entre la Chine et l’Asie occidentale, au-delà l’Afrique orientale. 80 pour cent des importations pétrolières chinoises transitent par l’Asie du Sud Est, les États Unis s’activent dans cette perspective à établir un cordon sanitaire autour de la Chine.

Une ligne perçue par l’ensemble de la planète comme la nouvelle ligne de démarcation des nouveaux rapports de forces mondiaux.

Épilogue

Une décennie calamiteuse s’achève marquée par la destruction des deux anciennes capitales de la conquête arabe, Bagdad, capitale de l’ancien empire abbasside, en 2003, Damas, ancienne capitale de l’empire Omeyyade, en 2013. Du fait de l’alliance des pétromonarchies du Golfe avec le bloc atlantiste, une alliance contre nature des régimes parmi les plus rétrogrades du monde avec les «grandes démocratiques occidentales», une alliance islamo-atlantiste.

Sans le moindre profit, ni pour les Arabes, ni pour les Musulmans, au bénéfice exclusif de la survie de trônes et de dynasties décriés. Avec La Russie, à l’épicentre de la zone des conflits du Moyen-Orient et l’Iran, promue désormais au rang de puissance régionale majeure.

Dans ce contexte, l’avenir de la démocratie à l’Est de la Méditerranée comme sur l’ensemble de la rive méridionale de la Méditerranée dépendra au premier chef du combat frontal que mèneront les démocrates arabes en partenariat avec les démocrates des autres pays de la région (turcs, kurdes etc..), à l’effet de doter la zone d’une masse critique en vue d’induire une structure paritaire dans ses rapports avec l’Europe, au-delà les Occidentaux, et partant, des rapports d‘égalité entre les deux rives de la Méditerranée.

Avec pour préalable absolu, de brider les pulsions belliqueuses des roitelets du Golfe, les anciens flibustiers de la Côte des pirates, des colosses au pied d’argile, responsables en premier lieu du champ de ruines que constitue le Monde arabe.

Au terme de cette décennie, les Etats Unis ont entériné l’annexion de Jérusalem par Israël, y transférant leur ambassade, décrétant dans la foulée l‘annexion du plateau syrien du Golan par l’état Hébreu.

Ni l’opposition pétro monarchique off-shore syrienne, notamment ces chefs de file Bourhane Ghalioune, Basma Kodmani ou Riyad Hijab, n’ont protesté contre cette mesure qui porte atteinte à l’intégrité territoriale de leur pays.

Pas plus que les dizaines de milliers de terroristes accourus de Chine (Ouighours) à la Tchétchénie en passant par la Tunisie, n’ont eu un sursaut de conscience, s’acharnant près de dix ans durant à détruire la Syrie et à terroriser l’Europe par de sanglants attentats, générant une islamophobie sur l’ensemble de l’hémisphère occidental.

Jamais dans l’histoire une telle dégénérescence mentale n’a été observée sur un enjeu majeur de la stratégie contemporaine, dont l’ensemble arabo musulman en paiera longtemps le prix.

Pour aller plus loin sur ce thème :

1 – Syrie: «Syrie, documents secrets d’une guerre programmée» Editions Points sur les I (PSI), par Sami Kleib, animateur d’une émission «Le jeu des puissances» sur la chaîne libanaise Al Mayadeen».

Illustration

Louai Beshara AFP

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