Libye, lundi 14 avril à minuit

Libye, Lundi 14 avril à minuit | AFP Paris

Lundi 14 avril à minuit, au terme d’une longue réunion de travail politique, le colonel Mouammar Kadhafi prend congé de ces hôtes, Georges Hawi, secrétaire général du Parti communiste libanais et un groupe de personnalités arabes, à sa résidence de Bab el Aziziya à Tripoli.

Cette nuit-là, la tension américano- libyenne est à son paroxysme. L’émissaire américain, le général Vernon Walters, vient d’achever sa tournée européenne, l’Europe des douze rend publique sa décision de restreindre les activités des missions libyennes en Europe et des chasseurs bombardiers FB-111 décollent de leur base en Grande-Bretagne.

Voulait-il conjurer le sort, ne croyait-il pas à l’imminence d’un raid américain, ne se sentait-il pas personnellement visé ? En tout état de cause, selon une personnalité arabe proche de la hiérarchie libyenne, le colonel Kadhafi, ce soir là, au lieu de rejoindre son domicile familial, se dirige vers la tente bédouine qu’il a dressée au milieu de cette caserne, véritable centre névralgique du pays, où il lui arrive de s’isoler pour prendre du repos ou travailler en solitaire.

Deux heures plus tard, un chapelet de bombes s’abat sur tripoli, dont trois, à l’intérieur de la caserne.
La tente du dirigeant libyen s’abat, emportée par le souffle de l’explosion qui endommage sérieusement la maison de trois étages où habitent les membres de sa famille, à une cinquantaine de mètres de la tente. Sa fille adoptive Hana, 15 mois, est tuée. Deux autres enfants, Khamis, 4 ans, et Seif al Arab, 3 ans, sont blessés. Leur maman, en état de choc et les autre autres enfants, indemnes, sont placés en lieu sûr.

M. Ibrahim Sagger, proche collaborateur du dirigeant libyen, annonce à la presse que «le chef est sauf grâce à Dieu». Cette déclaration aussi péremptoire que laconique ne satisfait pas la curiosité des observateurs étrangers et des chancelleries occidentales. C’est le début de trois longues journées qui tiendront en haleine une partie de la planète.

Aussitôt l’alerte donnée, le colonel, selon cette même personnalité arabe, rejoint son poste de commandement à l’Etat-Major situé dans le sous-sol fortifié de la caserne de Bab el-Aziziya.

Cette même personnalité assurera même, sans qu’il ait été possible de recouper cette information de source indépendante, que le Colonel Kadhafi n’a pas quitté Tripoli pendant ces trois jours, sortant de son bunker, la nuit, soit pour inspecter les positions et constater les dégâts, soit pour prendre du repos.

Suivra………RN /MN

Libye-USA- Tripoli 14 avril à minuit, feuillet 2 der

Tripoli- Entre-temps, des rumeurs alimentées par l’absence du Colonel Kadhafi de la scène publique doublent d’ampleur. Selon ces rumeurs, le Colonel aurait été gravement blessé, soigné même en Algérie, mieux encore au Nord-Yemen, un pays pourtant réputé pour sa structure sanitaire rudimentaire.

Mercredi, le Colonel Kadhafi reçoit le chargé d’affaires marocain, puis un émissaire soviétique. Selon la personnalité arabe, l’entretien avec le délégué soviétique se serait déroulé au bureau du Colonel, au quartier général des forces armées, situé dans l’enceinte de la caserne militaire d’Azizya.

L’image immobile de l’entretien, diffusée mercredi soir par la télévision libyenne, si elle confirme que le Colonel Kadhafi est bien vivant répond partiellement aux interrogations quant à son état de santé. Le diplomate marocain indique toutefois à quelques uns de ses interlocuteurs qu’il avait trouvé le Colonel en bonne santé. Toutefois, la rumeur quant à son état de santé trop forte pour s’estomper rapidement, persistera.

Après trois jours d’incertitude et d’interrogations, le colonel Kadhafi refait surface jeudi. Il fait un bref discours à la télévision libyenne et visite les blessés libyens dans les hôpitaux de Tripoli.

A partir de vendredi, voulant couper court aux spéculations de la presse alimentée par des indiscrétions filtrées de Washington, la Libye passe à la contre-attaque sur le plan médiatique, en organisant, à l’intention de près de deux cents journalistes de la presse internationale, une série de visites aux sites bombardés, en vue de démontrer l’échec du raid américain lundi dernier.

Samedi, les journalistes ont eu droit à tripoli à une visite de cinq heures à la caserne d’Azizya, au quartier résidentiel de Bab Achour, à une plantation d’arbres fruitiers proche de l’aéroport où plusieurs engins ont été largués par l’aviation américaine, mais ils n’ont pas pu se rendre à l’annexe militaire de l’aéroport de Tripoli.

Dimanche, c’était au tour des blessés soignés dans les hôpitaux de Tripoli de recevoir la visite des journalistes qui devaient dans l’après midi se rendre à Benghazi, après un crochet à une base navale, organisée par les autorités libyennes dans la deuxième vile du pays.

RN/MN T
TH Int – international France

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