Yves Mamou et le phénomène de sérendipité

Paris – Une information est importante par son contenu, par son origine, c’est à dire la qualité de sa provenance, de son inspirateur ou de son souffleur ainsi que par sa programmation, autrement dit son timing.
Le livre d’Yves Mamou («Hezbollah, dernier acte», Edition Plein Jour) n’échappe pas à la règle et souscrit pleinement à la loi des trois unités propres à la dramaturgie: Unité de lieu, Unité de temps, Unité de mouvement. Une thématique qui se résume par un seul mot d’ordre: Sus sur le Hezbollah tous azimuts.

Les prémices ainsi posées, engageons-nous donc sans retard dans la démonstration en prenant comme postulat de départ que les vérités contenues dans le livre d’Yves Mamou sont des faits avérés et ne souffrent la moindre contestation, gardant, toutefois, présent à l’esprit cette règle cardinale de la méthodologie propédeutique que la meilleure façon de cerner un problème est d’analyser son contexte et son prétexte.

De la drogue

Depuis la plus haute antiquité, la route de la soie et de l’encens a convoyé son parfum d’opium, cher au modéliste français Yves Saint Laurent, et les grands seigneurs de la guerre, s’ils ne l’ont pas prisé à l’instar d’André Malraux ou du général Raoul Salan, ont puisé dans cette potion non la source de leur imagination, mais la source de financement de leur équipée guerrière.

La consommation de psychotrope en Orient est un fait de civilisation. Des chemins de Katmandou aux fumeries de Hong Kong et de Macao, son usage s’est généralisé sur le pourtour méditerranéen et dans la zone sahélo saharienne tant par phénomène de mode que par goût du lucre, que par le développement conjugué de la société des loisirs et de la société de pénurie avec la marginalisation sociale qui s’est ensuivie du fait de l’instauration d’un chômage structurel. Phénomène de convivialité ou de dépendance, il se consume abondamment sur les bords du Nil aux sons des mélopées d’Oum Kalsoun, en cachette de la redoutable police religieuse saoudienne «Al Moutawa’a» dans les pénombres de Ryad et de Djeddah en compensation de trop fortes frustrations, et naturellement, en Israël, en désespoir de cause qui conduiront les amateurs de l’euphorisante White Lady à se constituer de paradis artificiels à «GOA Karma casher» : http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/22/karma-casher

La toxicomanie en Israël est bien antérieure à la naissance du Hezbollah et l’agglomération de Tel Aviv, -de son arabe originel «Tall Ar Rabih, colline du printemps-, détient un record régional dans la consommation des psychotropes sans que la formation chiite y soit pour quelque chose. Une des raisons du retrait précipité de l’armée israélienne de Beyrouth en 1982 avait d’ailleurs été la forte contamination des soldats israéliens par le narco trafic opéré sur les lignes de feu par les Fedayin, dans une réplique de la loi du faible au fort.
Au-delà du Liban, de la filière afghane, de la mafia albanaise et de sa consœur italienne, des cartels de Medellin et de Cali, en Amérique latine, et des triades chinoises, deux des plus gros fournisseurs de drogue en direction de l’Europe occidentale se situent dans la zone de la mouvance française. Le Mali et le Maroc. Si pour le Mali, notre confrère Nicolas Beau s’est chargé de dire son fait, sans ménagement, en mentionnant «du coke à tous les étages du Sahel», le cas du Maroc parait plus délicat à manier en ce que le Royaume chérifien est l’allié souterrain d’Israël et que le dynaste passe pour disposer d’un stock documentaire audiovisuel consistant sur les sessions intensives de «Body Building» de la classe politico médiatique française générée par «la diplomatie de la Mamounia».

Qu’une strangulation de l’espace européen par le narco islamisme périphérique du fait de la triangulation de la mafia albanaise, des herboristes marocains et de la coke sahélo malienne, ait échappé à la perspicacité de l’auteur, donne la mesure des présupposés idéologiques de cet enquêteur en herbes.
Pour le Mali http://rue89.nouvelobs.com/2013/10/26/coke-a-tous-les-etages-sahel-les-occidentaux-passifs-246946

Pour le Maroc
http://www.lemidi-dz.com/index.php?operation=voir_article&id_article=evenement%40art12%402013-11-12
Un des principaux pourvoyeurs de la prostitution à destination du Golfe pétro monarchique, où près de vingt mille marocaines y font l’objet d’exploitations sexuelles, le Maroc passe de surcroît pour être un refuge pour la mafia israélienne. Le royaume aurait accueilli plusieurs anciens membres de la mafia israélienne, selon le quotidien israélien Haaretz, en date du vendredi 14 septembre 2012. Gabriel Ben-Harush et Shalom Domrani, deux figures puissantes de la mafia israélienne, recherchées depuis des années par l’Interpol, figuraient parmi les noms cités par le journal. Pour aller plus loin: http://www.yabiladi.com/articles/details/12903/maroc-refuge-pour-mafia-israelienne.html

Du financement des guerres par la drogue

La drogue a été largement utilisée pour le financement d’activités illicites, y compris par des instances américaines, en dépit de la présence d’une redoutable «US Food and Drug Administration», tant sur le plan interne que sur le théâtre des opérations extérieures, tant pour neutraliser la montée en puissance de la communauté afro américaine, que pour financer la guerre du Vietnam.
Sujet tabou s’il en est. Les 28 journalistes américains qui se sont hasardés à traiter ce sujet, notamment la commercialisation par la CIA du Krack démentiel au sein de la communauté afro américaine de Los Angeles en vue de faire obstacle à l’élection d’un maire noir au sein de cette grande métropole de Californie ont été condamnés aux mines de sel. Une sanction à laquelle échappera Yves Mamou du fait du privilège de la pensée dominante, en ce que sa cible constitue un bouc émissaire idéal de toutes les turpitudes du Moyen orient (1). Bouc émissaire pas nécessairement coupable, mais dont la culpabilité peut se faire sans dommage pour l’accusateur, sans le moindre dégât pour la société.

Le Djihad a pris une dimension planétaire conforme à la dimension d‘une économie mondialisée par substitution des pétromonarchies aux caïds de la drogue dans le financement de la contre révolution mondiale. Dans la décennie 1990-2000, comme dans la décennie 2010 pour contrer le printemps arabe.
Si la Guerre du Vietnam (1955-1975), la contre-révolution en Amérique latine, notamment la répression anti castriste, de même que la guerre anti soviétique d’Afghanistan (1980-1989) ont pu être largement financées par le trafic de drogue, l’irruption des islamistes sur la scène politique algérienne signera la première concrétisation du financement pétro monarchique de la contestation populaire de grande ampleur dans les pays arabes.
Symbole de la coopération saoudo américaine dans la sphère arabo musulmane à l’apogée de la guerre froide soviéto-américaine, le mouvement d’Oussama Ben Laden avait vocation à une dimension planétaire, à l’échelle de l’Islam, à la mesure des capacités financières du Royaume d’Arabie. Avec pour conséquence, la substitution du mot d’ordre de solidarité islamique à celui mobilisateur d’unité arabe ainsi que le dévoiement de la cause arabe, particulièrement la question palestinienne, vers des combats périphériques (guerre d’Afghanistan, guerre des contras du Nicaragua contre les sandinistes), à des milliers de km de la Palestine.

Dommage collatéral de ce rapports de puissance, l’Algérie en paiera le prix en ce que ce pays révolutionnaire, allié de l’Iran et de la Syrie, le noyau central du front de refus arabe, évoluait en électron libre de la diplomatie arabe du fait de la neutralisation de l’Egypte par son traité de paix avec Israël et la fixation de la Syrie dans la guerre du Liban.
L’Algérie, tout comme l’Iran et la Syrie, figurent d’ailleurs à nouveau dans le nouvel axe du mal profilé par les stratèges occidentaux pour maintenir sous pression les pays émergents, situés hors de l’orbite occidentale.
Sans remonter à la «guerre de l’opium» en Chine initiée par les Anglais pour y forcer la commercialisation des industries anglaises dans l’Empire du Milieu, au XIX e siècle, le Hezbollah, en la matière, c’est-à-dire dans le domaine du financement de l’effort de guerre par la drogue, sous réserve que le fait soit avéré, n’apporte aucune innovation par rapport à ses devanciers occidentaux ou asiatiques.

Les attentats antifrançais du Hezbollah

Sans vouloir épiloguer sur ce point, une lecture plus nuancée de cette séquence historique (1980-1990) devrait relever le fait que la France, à cette époque-là, était considérée comme «cobelligérante» de l’Irak dans sa guerre contre l’Iran, en porte à faux, tant au Liban qu’au Tchad qu’en Irak, avec le noyau dur du Monde arabe. Que de surcroît, la France, principal fournisseur de la technologie nucléaire au régime d’apartheid d’Afrique du sud, d’Israël et, partiellement de l’Irak (centre de Tammouz) aura été le plus en pointe des pays occidentaux dans la mobilisation internationale visant à entraver l’accession de l’Iran au rang de puissance du seuil nucléaire. http://www.renenaba.com/le-bilan-du-premier-septennat-de-francois-mitterrand/

La stratégie de strangulation du Hezbollah -Le Nucléaire iranien, l’Iran un cas d‘école

L’accession de l’Iran au rang de «puissance du seuil nucléaire», en dépit d’un embargo de trente ans doublé d’une guerre de près de dix ans imposée à l’Iran par Irak interposé, a suscité l’admiration de larges fractions de l’opinion de l’hémisphère sud qui ont vu dans cet exploit technologique incontestable la preuve parfaite d’une politique d’indépendance, en ce qu’il débouche sur la possibilité pour l’Iran de se doter d’une dissuasion militaire en même temps que de maintenir son rôle de fer de lance de la révolution islamique.
Dans une zone de soumission à l’ordre israélo américain, le cas iranien est devenu de ce fait un cas d’école, une référence en la matière, et, l’Iran, depuis lors, est devenu le point de mire d’Israël, sa bête noire, dans la foulée de la destruction de l’Irak, en 2003 et de la destruction de la Syrie, dix ans plus tard. …Et de l’invincibilité, parallèle du Hezbollah.

Dans cette perspective, l’anéantissement politique ou militaire du Hezbollah figure ainsi logiquement dans toutes les démarches de la diplomatie occidentale depuis le début du soulèvement populaire en Syrie en ce que la formation paramilitaire chiite constitue un véritable cauchemar pour les Occidentaux, la bête noire des Saoudiens et des Israéliens, en raison du fait qu’elle représente la seule structure arabe à tenir tête tout à la fois aux Etats-Unis, à Israël et à la dynastie wahhabite.
Le seul à constituer une menace directe pour Israël en ce qu’il est seul acteur arabe disposant d’une base opérationnelle limitrophe d’Israël, à l’exception de la Syrie, hors service du fait d’une guerre intestine, et du Hamas, en phase d’égarement révolutionnaire dans la foulée de son ralliement aux pétromonarchies du Golfe et de l’installation de son quartier général à Doha (Qatar), à 30 km de la base américaine du Centcom.

Des trois partenaires de l’axe de la contestation à l’hégémonie israélo-américaine (Iran, Syrie, Hezbollah), l’axe subliminale du mal dans la stratégie atlantiste, le 3me acteur présente le meilleur rendement en terme de rapport qualité prix, la meilleure rentabilité opérationnelle en terme d’efficacité en ce que l’Iran (80 millions d’habitants, puissance du seuil nucléaire et autonome géographiquement) constitue un aléa stratégique pour une attaque occidentale et la Syrie, un aléa politique, pour les multiples répercussions que l’effondrement du pouvoir d’état pourrait entrainer pour son environnement, particulièrement le Liban.

Sous l’impulsion de Saad Hariri, avec l’aide de parlementaires américains d’origine libanaise, Nick Rahhal, Charles Boustany et Darrel Issa, le processus de criminalisation du Hezbollah a été amorcé, en 2011, par l’adoption par le congrès du HATA (Hezbollah Accountability Act), sur le modèle de la Syrian Accountability Act. L’argent chiite a ainsi été placé sous surveillance au niveau international et la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne, en juin 2013.

S’y superposant, la fixation de la date d’ouverture du procès des meurtriers présumés de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, au 14 janvier 2014, où sont mis en cause quatre responsables membres du Hezbollah, a relevé d’une manœuvre d’étranglement, tendant, par sa programmation, à dresser un nœud coulant visant sinon à la strangulation de la formation politico-militaire, à tout le moins à la placer sur la défensive en prévision de son implosion.

Le racket chiite versus les Sayanim de la diaspora juive

Un message d’Yves Mamou au signataire de ce papier – 23 janvier 2014 à 8 h 44 min

«A Mr René Naba.

Bonjour, un ami m’a signalé l’article que vous consacrez à la guerre Hezbollah – Israël sur le site mondialisation.ca. Je vous remercie d’avoir cité mon livre, non encore dans les librairies. Vous avez raison, j’évoque le rôle du Hezbollah dans le trafic mondial de cocaïne, la contrefaçon, le racket des communautés chiites de par le monde, le blanchiment d’argent sale etc… Je crois comprendre que vous me reprochez d’ignorer le rôle des islamistes sunnites dans des trafics équivalents et concurrents. Vous avez raison je n’en parle pas, simplement parce que ce n’était pas mon sujet. Si l’occasion m’est donnée, croyez bien que je creuserai la question. Très cordialement et avec toute mon estime malgré nos analyses divergentes sur bien des sujets. Yves Mamou».

Passons sur la drogue, sujet abondamment traité dans ce papier sur la base de sources ouvertes, en compensation de l’ouvrage d’Yves Mamou, pour nous attarder sur ce point précis: «Le racket des communautés chiites de par le monde» ?!

Les Chiites, jadis la communauté la plus méprisée et la plus négligée du Liban, ont réussi, en un quart de siècle, le tour de force de se hisser au rang d’équation incontournable non seulement du Liban mais également du Moyen orient. A ce titre le Hezbollah constitue indiscutablement la fierté des Libanais, toutes confessions confondues, et même bien au-delà, en ce que l’élite intellectuelle et politique sunnite -(les anciens premiers ministres Salim Hoss (Beyrouth) et Omar Karamé (Tripoli), le Cheikh Maher Hammoud, Imam de Mosquée à Saida, fief du clan Hariri-, de même que l’élite intellectuelle chrétienne, -y compris la totalité des anciens commandants en chef de l’armée (le Président Emile Lahoud, le Général Michel Aoun, le député Soleimane Frangieh, dirigeant maronite du Nord Liban)–, se réclament de l’amitié de la formation chiite et en revendiquent l’honneur.
Point n’est donc besoin de racketter les communautés chiites pour le fonctionnement du Hezbollah. Sauf à considérer que les Frères Musulmans ont racketté les milliers de travailleurs égyptiens en Arabie saoudite, avec l’accord des autorités du royaume, du temps de la lune de miel entre la confrérie et la dynastie wahhabite dans les décennies 1960 et 1970; ou que l’OLP en a fait de même avec les milliers de fonctionnaires palestiniens des pétromonarchies, avec l’aval des Koweitiens.

La science de l‘optique l’enseigne, la vue varie selon le bout de la lorgnette. Dans cette perspective, la dime prélevée dans la diaspora égyptienne, palestinienne ou libanaise correspond à une sorte de denier de culte, un tribut que les compatriotes ou coreligionnaires versent à leur formation tutélaire en compensation du tribut de sang.

A la manière des Sayanim envers Israël, ces bénévoles de la diaspora juive qui se proposent spontanément du fait de leur judaïcité à témoigner de leur solidarité avec Israël en se muant en «indic» des services de renseignements israéliens.
Autre explication dérangeante, le Hezbollah au Liban n’est contesté que par le clan saoudo américain, représenté par Saad Hariri, dont les meilleurs alliés sont de véritables criminels de guerre, –le parti phalangiste de Bachir Gemayel, l’éradicateur du camp palestinien de Tall Al Zaatar, et, Samir Geagea, l’éradicateur des camps palestiniens de Sabra Chatila–, dont aucune enquête sur leurs agissements criminels n’a été initiée sans doute en raison de leur statut de meilleurs alliés d’Israël durant la guerre civile libanaise.

Point n’est besoin de racketter, alors que les contributions volontaires abondent. L’explication peut paraître audacieuse mais elle correspond néanmoins à la réalité. Vérifiable sur le terrain quand bien même une pensée dissidente fait nécessairement l’objet d’une stigmatisation en ce qu’elle heurte de front la doxa officielle et les intérêts stratégiques y afférents. Et que pour être validée, la pensée dissidente doit être cautionnée par les médias de consensus. Telle est l’implacable loi de la société du spectacle.

De la propagande

Les Etats-Unis et l´Union européenne, c’est à dire le bloc atlantiste, contrôlent 90% de l´information de la planète et sur les 300 principales agences de presse, 144 ont leur siège aux Etats-Unis, 80 en Europe et 49 au Japon. Les pays pauvres, où vit 75% de l´humanité, possèdent 30% des médias du monde (2).

Dans cette configuration médiatique, Israël représente le 3me pays par ordre d’importance en termes de couverture médiatique, en unité de bruit médiatique (UBM), derrière les Etats-Unis (300 millions d’habitants) et la Chine (1,5 milliards d’habitants). Malgré les conditions de sa naissance controversée, Israël a réussi à occuper le devant de la scène médiatique, captant constamment l’attention de l’opinion occidentale, réussissant le tour de force de placer sur la défensive tous ses contradicteurs. Les Européens, naturellement, assignés à un complexe de culpabilité éternel du fait du génocide hitlérien. Les Américains, par instrumentalisation d’un important groupe de pression pro israélien animé d’une volonté de domination hégémonique sur la zone pétrolifère du Moyen orient. Le Monde arabe, enfin, par son indigence à maîtriser les techniques de communication de la guerre psychologique moderne, doublée d’un défaut d’un argumentaire accessible à l‘opinion occidentale.

Pour parachever le tableau, notons, enfin, que toutes les grands chaines transfrontières arabes sont, toutes, adossées à des bases militaires atlantistes, avec leur formidable caisse de résonnance: Al Jazira à la base du Centcom à Doha, la saoudienne Al Arabia de Doubaï, à la base aéronavale française d’Abou Dhabi, enfin la nouvelle chaine du Prince al Walid Ben Talal, «Al-Arab», à la base navale américaine de Manama (Bahreïn).
http://www.renenaba.com/israel-de-la-propagande-part-13-2/
http://www.renenaba.com/israel-de-la-propagande-part-23/
http://www.renenaba.com/israel-de-la-propagande-part-33/

Israël, l’un des plus grands colonisateurs de la planète.

Sur fond de judaïsation des Tutsis en vue d’en faire un levier d’influence dans la région des grands lacs et de stérilisation des femmes falashas, juives d’Ethiopie, Israël est devenu l’un des plus grands colonisateurs de la planète, illustration symptomatique de la schizothymie israélienne.
Le harcèlement israélien des communautés libanaises d’Afrique et d’Amérique latine constitue-t-il une opération de diversion à la politique de judaïsation des Tutsis avec l’objectif sous-jacent de détourner l’attention sur la politique raciste d’Israël à l’égard de ses propres compatriotes, au-delà des Palestiniens, par la stérilisation des femmes juives d’Ethiopie (Falashas) pour en réduire l’impact sur sa population? http://kongolibre.over-blog.com/article-la-judaisation-des-tutsi-72149228.html

A occulter le fait qu’Israël est devenu l’un des plus grands colonisateurs de la planète? Plus précisément, le harcèlement des libanais du Nigeria et du Sierra Leone vise-t-il exclusivement à éliminer des concurrents dans l’exploitation diamantifère du sous-sol africain et à assécher le flux financier provenant des émigrés chiites vers leurs coreligionnaires du sud Liban? Ou à fragiliser le glacis constitué par l’immigration chiite libanaise en Afrique et en Amérique latine face à la colonisation rampante des terres entreprises par Israël dans ses deux zones? Une colonisation de l’ordre de 20 fois la superficie de la Palestine. Israël dont l’expérience de la colonisation de la Palestine l’a conduite à coloniser des terres à travers le Monde représentant vingt fois sa superficie au détriment des populations et de l’environnement des pays pauvres (3).

Les scandales abondent au Cogo Kinshasa où Laurent Désiré Kabila a payé de sa vie ses indélicatesses. En Guinée aussi avec le scandale de Simandou mettant en cause l’homme le plus riche d’Israël, Benny Steinmetz. Une des plus importantes opérations de pillage des richesses minières d’Afrique sur fond de corruption des élites africaines et d’évasion de capitaux dans des paradis fiscaux.
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/09/24/les-milliards-de-simandou_3483463_3212.html

L’offensive médiatique et politique israélienne viserait en outre à fragiliser les défenses arabes à la périphérie du camp atlantiste, via l’Amérique latine, le Maghreb, l’Afrique sud saharienne, l’ultime digue de retenue avant le grand déferlement chinois vers l’Europe occidentale.
Le démantèlement d’un important réseau israélien en Tunisie, en 2012, relève de cette stratégie, dont l’objectif à terme est d’aménager la principale base opérationnelle du Mossad au Maghreb, dans ce pays en pleine transition politique, à la charnière de l’Afrique et de l’Europe, jadis chasse gardée occidentale. Les Etats Unis y ont déjà aménagé le QG de l’Africom (Commandement pour l’Afrique) à Remada, dans le sud de la Tunisie.

Le Mossad recruterait même des journalistes arabes pour surveiller les libanais d’Afrique, selon les révélations faites au journal espagnol El Pais par un ancien agent, le journaliste algérien Saïd Sahnoune. Recruté à Tel-Aviv en 1998, usant de sa qualité de journaliste, il espionnait pour le Mossad à Abidjan en Côte-d’Ivoire. Il était chargé de la surveillance de la colonie libanaise chiite en Afrique de l’Ouest.
Sahnoune espionnait également en Tunisie, mais surtout au Liban après le retrait d’Israël du Sud du pays, qu’il occupait jusqu’en 2000.
Dans le même ordre d’idées, la nomination à la tête de l’Agence française pour le développement de M. Dov Zerah, pourrait donner un début de crédit à cette hypothèse en ce que la propulsion du président du consistoire israélite de Paris et secrétaire général de la Fondation France Israël au poste stratégique de dispensateur de l’aide financière française à l’Afrique est intervenue, le 2 Juin 2010, six mois avant l’indépendance du sud Soudan, alors que «la bataille du Nil» sur la répartition des quotas des eaux de ce fleuve africain battait son plein entre l’Egypte et les alliés africains d’Israël: l’Ethiopie et le Kenya notamment.

S’appuyant sur les pays africains anglophones non musulmans, l’Ethiopie, l’Ouganda et le Kenya, Israël a opéré une percée diplomatique majeure dans l’Afrique anglophone obtenant la réduction du quota des eaux du Nil de l’Egypte, la plus grande pantalonnade diplomatique de l’ère Moubarak, qui lui a couté son pouvoir à l’Egyptien. Négociant avec l’égyptien Moubarak, lui faisant miroiter la possibilité d’une succession dynastique en faveur de son fils, Israël a incité les états africains à réclamer une majoration de leur quote-part dans la répartition hydraulique du cours d’eau, alléchant les Africains par des projets économiques et les investisseurs égyptiens par des promesses d’intéressement aux projets israéliens.
En Ethiopie, Israël a financé la construction de dizaines de projets pour l’exploitation des eaux du Nil Bleu. L’accès d’Israël au périmètre du bassin du Nil, via le sud Soudan avec le concours français et américain, s’est doublé de la mise en route de la construction d’un Canal reliant la Mer Rouge à la Mer Méditerranée, depuis Eilat. Disposant de deux voies de navigation, l’un pour l’aller, l’autre pour le retour, le canal israélien, contrairement à l’Egyptien concurrencera fortement le Canal de Suez et entrainera une perte de 50 pour cent des recettes égyptiennes de 8 milliards de dollars par an à 4 milliards.

L’offensive anti Hezbollah en Amérique latine viserait en outre à jeter un écran de fumée sur la face hideuse de l’humanitarisme israélien. A camoufler la colonisation rampante des terres en Colombie et cette singulière imposture que constitue la reproduction du régime d’apartheid de la Palestine au Honduras. Ah les douloureuses réminiscences. «Le Honduras est aujourd’hui, comme la Palestine, un laboratoire du génocide indigène, laboratoire des techniques de contre-insurrection, laboratoire de ghettoïsation et contention de populations mises en esclavage. Il est aussi le laboratoire de la mise en place d’un néo libéralisme absolu, grâce à la cession de souveraineté sur des régions entières du pays par les moyens de la «Loi Hypothèque » et la création d’enclaves néo libérales soustraites au territoire national, les «Zones d’Emploi et de Développement Economique» ou «Cités Modèles» ou «Villes Charters», ainsi que la cession des droits sur l’ensemble des ressources naturelles du pays» (4).

Dans ce grand jeu des puissances, l’Afrique émerge comme champ de bataille stratégique, dont la Chine en a fait sa ligne de front dans sa recherche d’une plus grande influence mondiale, triplant son commerce avec le continent, verrouillant ses ressources énergétiques, et, fait plus grave pour l’avenir des Occidentaux, assurant l’éducation des futures élites africaines dans les universités chinoises. Le nouvel humanitarisme sélectif des anciennes puissances coloniales, qui fustigent le Soudan mais couvrent de mansuétude d’aussi redoutables autocrates que le tchadien Idriss Deby, de même que son prédécesseur Hissène Habré, qui organisent la fraude électorale pour assurer l’élection d’Ali Bongo au Gabon pour instituer une dynastie républicaine qu’ils dénoncent en Syrie, parait sans consistance face au poids d’une Chine, sans passif colonial avec l’Afrique, dispensant de surcroît un important flot de liquidités, sans contrepartie politique.

Un hasard nullement le fait du hasard

Le Hezbollah n’est certes pas un ange, pas plus qu’Israël un chérubin. Israël, le plus important soutien des dictatures du tiers monde, l’allié indéfectible du régime d’Apartheid d’Afrique du sud. La garde prétorienne de tous les dictateurs francophones qui ont pillé l’Afrique. De Joseph Désiré Mobutu (Zaïre-RDC), à Omar Bongo (Gabon), à Gnassingbé Eyadema (Togo) et même Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire) et Laurent Gbagbo, à Paul Biya, le président off-shore du Cameroun, dont le territoire sert de transit aux ravisseurs Boko Haram. Au-delà en Amérique latine au Honduras, à la Colombie et au Paraguay.

De par sa programmation et sa thématique, le livre d’Yves Mamou, par ailleurs remarquable auteur de l’ouvrage- «La direction du Trésor, une machine de pouvoir» Editions La Découverte- répond pleinement au phénomène de sérendipité. Un heureux hasard à son éditeur, à son auteur et sans doute aussi à son inspirateur.
Mais pour quelqu’un averti un tant soit peu des stratégies de communication en amont, en période de crise, cet heureux hasard résonne comme un curieux hasard. Un hasard nullement le fait du hasard. …A vaincre sans péril…….
Partie remise pour Yves Mamou. Avec toute ma cordialité confraternelle pour son «dernier acte»

Notes

  • 1 – Cf. à ce propos les deux ouvrages de Kristina Borjesson: « Black List, quinze grands journalistes américains brisent la loi du silence» de Kristina Borjesson–Editions les Arènes-2003 et «Média control, huit grands journalistes américains résistent aux pressions de l’administration Bush» Kristina Borjesson–Les Arènes–Mai 2006. http://www.renenaba.com/les-journalistes-nouveaux-acteurs-des-relations-internationales/
  • 2 – http://www.renenaba.com/la-strategie-mediatique-etats-unienne-1945-2005/
  • 3 – La colonisation israélienne des terres dans le Monde
  • Israël est à la tête des pays qui contrôlent les terres dans les pays pauvres, avec les Etats Unis, la Grande Bretagne et la Chine, selon une étude de «The Journal of the National Academy of Sciences of the United States». Selon cette étude intitulée «Global Land and Water Grabbing (accaparement mondial de la terre et des eaux) et publiée par la revue Golias Hebdo N° 275-(semaine du 14 au 20 Février 2013), 90 pour cent de ces terres se trouvent dans 24 pays situées pour la plupart en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Depuis la crise alimentaire de 2007-2008, les sociétés étrangères s’emparent de dix millions d’hectares annuellement de terres arables.
    • En République Démocratique du Congo pour la culture de la canne à sucre, en sus de l’exploitation diamantifère.
    • Au Gabon pour la culture du Jatropha, nécessaire à la production de biocarburants;
    • En Sierra Leone où la colonisation israélienne représente 6,9 pour cent du territoire de ce pays de l’Afrique de l’Ouest de surcroit diamantifère.
    • En Colombie, où Israël a pris le contrôle d’immenses superficies pour cultiver la canne à sucre.
    • Aux Philippines où la proportion des terres confisquées atteint 17,2 pour cent de la surface des terres agricoles.
  • 4- A propos de la présence israélienne en Afrique et Amérique latine et la guerre planétaire qui s’y déroule entre Israël et le Hezbollah: http://www.renenaba.com/liban-diaspora-2-2/

6 comments

Réponse à Pierre et à tous mes lecteurs
Ya habibi Ya ouyouni

le meilleur antidote à tout égarement de la pensée est de procéder à une analyse concrète d’une situation concrète:
Le texte, Le contexte, Le prétexte. Avec ces trois éléments, tu démasqueras tous les fabulateurs. Par amitié pour toi, j’ai ainsi révélé mon secret de fabrication, désormais à la portée de tous. Pourvu que les gros zygomatiques en profitent pour ne plus être pris par défaut.

Ci joint un exemple d’usage de la drogue par Israel pour affaiblir ses adversaires. Répression militaire et politique et laxisme et passivité face au trafic de drogue à Jérusalm est.
Par: Agence Fidès Publié le : 7/07/14
Témoignage du Directeur de Caritas Jérusalem à propos de l’usage politique du «marché» de la drogue au sein même de la Ville sainte.

«L’usage de la drogue devient actuellement une épidémie à Jérusalem est. Il touche d’une manière dévastatrice la communauté palestinienne. 15.000 jeunes palestiniens font usage de drogue et 5.000 sont toxicomanes. Et il existe également un aspect politique dans les distractions au travers desquelles est rendue possible la distribution de drogue à grande échelle dans la partie arabe de la Ville Sainte». La forte dénonciation quant aux effets de l’usage de drogue à Jérusalem provient du Père Raed Abusahliah, Directeur de Caritas Jérusalem. Le prêtre du Patriarcat latin pose des questions irrésolues à propos de l’inaction des forces de police opérant à Jérusalem en ce qui concerne le trafic de drogue se concentrant dans la partie de la ville habitée par les arabes. «Ces jours-ci – remarque le prêtre – ont eu lieu des affrontements entre des jeunes palestiniens et l’armée israélienne y compris à Jérusalem. Si un jeune arabe est arrêté pour avoir lancé des pierres, il risque des années de prison. Mais si des kilogrammes d’héroïne sont vendus dans la rue, personne ne fait rien. Comment s’expliquer tout cela?».
 Outre à cette dénonciation, Caritas Jérusalem est active sur le front de la prévention et de la lutte contre la drogue au travers d’un réseau d’initiatives à plusieurs niveaux. Depuis 1999, est actif à Jérusalem est un Centre d’écoute qui assiste les toxicomanes en impliquant les familles et les communautés de provenance. Dans les écoles et les universités, sont organisées des sessions d’information et de prévention s’adressant aux élèves et aux étudiants. Au cours de ces dernières années, se structurent progressivement des cours de formation visant à créer des figures professionnelles – opérateurs sociaux et sanitaires, psychologues, infirmiers – en collaboration avec l’Université de Bethléem – qui a organisé ces jours derniers le II° colloque sur les effets de la drogue au sein de la jeunesse locale – et avec l’Académie universitaire militaire Istqal de Jéricho, liée à l’Autorité palestinienne. «Cette année – indique à Fides le Père Abusahliah – les diplômes des cours de formation ont été reconnus par le Ministère palestinien de l’Education. Nous visons à élever leur niveau académique, parvenant à mettre en place un véritable mastère». Jusqu’ici, les cas de toxicomanie les plus graves sont soignés au sein de centres de réhabilitation oeuvrant dans la zone de Taybeh ou dans les environs de Nazareth. Mais, au nombre des futurs projets, se trouve également la création d’un centre de réhabilitation et de désintoxication à Jérusalem est. «La Banque islamique – explique à ce propos le Directeur de Caritas Jérusalem – étudie actuellement la possibilité de financer l’initiative pendant les deux premières années».
Le 26 juin dernier, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les toxicomanies, 200 étudiants, opérateurs sociaux et représentants d’ONG ont marché dans les rues de la Vieille Ville en scandant des slogans tels que «Nous voulons que Jérusalem soit libre de la drogue». La marche, qui a débuté à la porte de Jaffa, s’est achevée au Centre communautaire islamique Abna el-Qods.
«La bataille contre la drogue – ajoute le Père Abusahliah – ne peut être conduite sans l’appui de nos amis locaux et internationaux».

Source : (GV) (Agence Fides 04/07/2014)

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