Libye An III post Kadhafi, Les confessions de son chef de protocole

La maman de Kadhafi

Paris –La maman de Kadhafi est de confession juive. L’information circulait depuis longtemps sous forme de rumeurs. Elle est devenue réalité, confirmée par son ancien chef de protocole et deux membres de l’entourage du colonel ont payé de leur vie la connaissance de cette vérité.
Noury Al Mismari, chef du protocole de la Jamahiriya (1982-1990 puis de 1997-2010), a été un des premiers hauts fonctionnaires à faire défection. Sa tête a été mise à prix par Kadhafi pour «50 millions de dollars». Et Kadhafi promettait de le noyer dans une «piscine remplie de kérosène en flamme». Lui aussi s‘est confié au journal Al Hayat en ces termes:
-«Oui, la maman de Kadhafi était juive. Ammar Daou, à l’époque ambassadeur de Libye en Italie, a été tué par les services libyens par ce qu’il avait voulu alerter Kadhafi sur l’existence de documents circulant en Italie faisant état de ce fait. Dans une opération de diversion dont il était familier, Kadhafi avait accusé l’opposition libyenne, «les chiens enragés à la solde de l’étranger» d’être à l‘origine de cet assassinat. De même Saleh Al Farouah, un membre du groupe des officiers libres de Libye, -l’équipe de douze membres à l’origine du coup d’état qui a renversé la monarchie, le 1 er septembre 1969-, a connu le même sort. Il a été tué en Roumanie et son assassinat a été maquillé en accident de chasse. Son élimination a eu lieu en 1980, sous la mandature de Nicolas Ceausescu».

La mystérieuse disparition de l’Imam Moussa Sadr

L’Imman Moussa Sadr, chef spirituel de la communauté chiite libanaise avait été invité en Libye le 27 aout 1978 à l’occasion des festivités commémorant l’anniversaire du coup d’état anti monarchique. Pour des raisons encore inconnues, le dignitaire religieux a mystérieusement disparu ainsi que ses deux compagnons. Kadhafi cherchera à brouiller les pistes en cherchant à accréditer l’idée qu’il avait perdu sa trace alors que l’Imam se trouvait en transit à l’aéroport de Rome.
Mismari raconte:
«Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi, connaît le fin mot de cette histoire. Je ne sais pas s’il a participé à l’assassinat du dirigeant chiite, mais il était au courant. Un jour, tout à trac, Senoussi, alors jeune officier au service de renseignements de la marine, m’appelle au téléphone pour s’enquérir de savoir si l’Italie exigeait un visa pour les passagers s’y rendant. Je réponds par l’affirmative. Aussitôt dit, aussitôt fait. Il m’envoie trois passeports, dont l’un au nom de l’Imam Moussa Sadr, me priant d’obtenir des visas de l’ambassade d’Italie à Tripoli».
-«En fait, ils ont fait voyager en Italie trois personnes des services de renseignements libyens en remplacement des trois libanais, dont l’un dénommé Moussa, originaire de Sibrata, ayant la même carrure que l’Imam. Je suis formel, l’Italie n’est en rien responsable de la disparition de l’Imam. Kadhafi a eu recours à un subterfuge pour brouiller les pistes et dégager sa responsabilité».
La disparition de l’Iman Sadr a considérablement affecté les relations entre la Libye et le Liban d’une part, la Libye et l’Iran, d’autre part et demeure un des points de friction entre la Libye et ces deux pays.
-«Le cadavre découvert après la chute de Kadhafi dans un entrepôt frigorifique n’était pas celui de l’Imam Moussa Sadr, mais celui de Mansour Keyha, ancien ministre libyen des Affaires étrangères», enlevé par les sbires de Kadhafi au Caire dans la décennie 1990,

L’homme fantasque, un amoureux des gazelles, au propre comme au figuré.

L’homme était fantasque, connu pour son caractère atrabilaire, ses foucades et ses facéties. Ses fils avaient défrayé la chronique des gazettes occidentales de leurs frasques. Noury Al Mismari révèle un personnage plus sombre encore.
Les Gazelles: L’homme les aimait au propre comme au figuré. Il lui arrivait de faire «égorger des gazelles pour se laver les mains de leur sang chaud à qui il attribuait des vertus régénératives».
«Une matrone était préposée à la fourniture de la chair fraiche. De Libye, d’Afrique et d’ailleurs. Personne n’avait droit de se mêler. Réserve spéciale du Guide. Ce qui n’allait pas sans risque parfois… «Une Nigériane, (Docteur en médecine), conviée à une audience sous la tente, a été violée et mordue par Kadhafi. Elle a eu droit à un dédommagement de 100.000 dollars. L’épouse iranienne d’un homme d’affaires suisse ayant connu le même sort, l’affaire a failli dégénérer en incident diplomatique, mais le scandale a été étouffé par un arrangement donnant un traitement préférentiel au mari dans ses projets investissements en Libye».

Mme Edith Bongo Obianda, objet de harcèlement de Kadhafi

«Il humiliait les hommes en s’attaquant à leurs femmes. Mais son besoin incompressible de séduire pouvait lui jouer de sales tours. Ce fut le cas avec l’épouse de M. Omar Bongo. Le président du Gabon entra dans une telle colère à l’écoute d’une conversation téléphonique de Kadhafi avec son épouse, de surcroit fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, qu’il a fallu envoyer en toute urgence Bachir Saleh, le secrétaire particulier de Kadhafi, pour calmer le jeu».
-«Agacée par les assiduités dont Kadhafi la gratifiaient, Mme Bongo n’a rien trouvé de mieux que d’enregistrer la conversation et de la soumettre à son époux». Une méthode radicale.
Édith Lucie Bongo Ondimba, décédée le 14 mars 2009 à Rabat à l’âge de 45 ans, était à la fois fille et épouse de chef d’État. Très proche de son père Denis Sassou Nguesso (Congo) et mariée depuis 1990 à Omar Bongo Ondimba, dont elle avait deux enfants, ce médecin pédiatre était très investi dans l’humanitaire mais aussi la politique. Mais Kadhafi n’en avait cure.

Kadhafi et les dirigeants de la planète

Saddam Hussein: «Kadhafi avait proposé l’asile politique à Saddam Hussein. Il a suivi le procès de l’Irakien dans son intégralité, rivé devant son poste de télévision, comme s’il voulait conjurer le mauvais sort». Il était «méprisant avec les dirigeants de la planète, dont il interpellait la plupart par le terme paternaliste de «Mon fils». «Ce qui a eu le don d’agacer notamment Bachar Al Assad.
Kofi Annan, à l’époque secrétaire général des Nations Unies, chargé de la mise en application de l’embargo contre la Libye, a été salué par Kadhafi «portant des gants blancs pour ne pas avoir de contacts physiques avec lui».
Tony Blair a eu droit, lui, à «la semelle du Guide». Recevant l’ancien premier ministre britannique qui avait obtenu un contrat hautement rémunérateur de consultant auprès du gouvernement libyen, Kadhafi le reçoit «en croisant ses jambes de manière à diriger la semelle de sa chaussure en direction de son hôte».
En revanche, «à ma grande surprise, Silvio Berlusconi, le premier ministre italien, a fait le baise main à Kadhafi», sans doute en raison des mirifiques contrats qu’il espérait de la Libye, un pays anciennement colonisé par l’Italie.

Références:

Le témoignage de Noury Al Mismari sur ces liens
Mismari Sadr 1

  • http://alhayat.com/Details/418291
  • Mismari additif Sadr visa pour Sadr pour l’Italie a la demande de senoussi http://alhayat.com/Details/418318
  • Mismari 2 offre de l’asile politique à Saddam http://alhayat.com/Details/418504
  • Mismari le viol 3 http://alhayat.com/Details/418783
  • Mismari 4 sarkozy http://alhayat.com/Details/419060

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