Le tourisme au Liban

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«Variétés» 15.929 – Service «Features» Actualités Magazines Chroniques radio | AFP Beyrouth

AFP- Baromètre politique de la région, le tourisme libanais est aussi l’une des activités économiques majeures du pays et sa principale source de devises.
La position géographique du Liban au point de convergence de la Méditerranée et de l’Hinterland arabe, son caractère bivalent: traditions orientales et méthodes occidentales expliquent cette double fonction du tourisme. Des moyens de communications et de transports suffisamment développés, un territoire exigu illustrent mieux qu’ailleurs les expressions telles que «plaque tournante» et «terre de loisirs» où il est loisible, en effet, de skier le matin à 2.000 mètres d’altitude et de se baigner l’après-midi dans la Méditerranée.

Ce minuscule pays de 10.000 kilomètres carrés est également un forum international : 38.763 avions appartenant à 77 compagnies aériennes de plus de 50 nationalités différentes ont fait mouvement, en 1970, sur l’aérodrome international de Beyrouth-Khaldé pour déverser 140.518 Européens, 52.731 Américains, 85.848 Africains et Asiatiques ainsi que 534.250 originaires du proche orient, de la presqu’île arabique et de l’Afrique du nord.

Ces hôtes saisonniers ont pu trouver gîte et couvert dans 319 hôtels et pensions éparpillés sur 51 centres estivaux. 822.347 touristes pour une population autochtone de 2,5 millions d’habitants…….Au vacancier en mal de dépaysement, il suffira de parcourir le Liban pour recueillir un échantillonnage assez impressionnant d’usages et de coutumes, épanouis dans une mondaine des plus fébriles au sein d’une verdoyante et luxuriante nature déjà célébrée par Lamartine et plus près de nous par Henry Bordeaux («Yamilé sous les cèdres») et Pierre Benoît («La Chatelaine du Liban»).

À Beyrouth, microcosme de la région et sa première place financière, 98 banques et 130 agents de change s’emploient à dénouer quotidiennement les opérations bancaires les plus compliquées à la grande satisfaction des visiteurs qui ont dépensé globalement, en 1970, 377 millions de livres libanaises (105 millions de dollars), soit une contribution au revenu national de l’ordre de 15 pour cent.

À cela il faudrait ajouter 4 millions de livres libanaises provenant des dépenses des touristes et des passagers en transit. (Les prévisions des recettes touristiques pour 1975 se chiffrent à 875 millions de livres libanaises (275 millions de dollars) soit une contribution au revenu national de l’ordre de 19,9 pour cent.

Mais des nuages politiques assombrissent parfois le tableau politique du Liban. La guerre israélo-arabe de juin 1967, par exemple, a privé le pays d’une particularité ; celle de plateforme où le touriste était heureux de séjourner à la condition de pouvoir effectuer le temps d’un week end, le traditionnel pèlerinage des Lieux-Saints de Jérusalem.

Les affrontements jordano-palestiniens de septembre 1970 ont, quant à eux, fortement nui au tourisme libanais qui a enregistré une baisse générale de 9 pour cent par rapport à 1969.

Pour remédier à la désaffection des touristes, les autorités libanaises ont entrepris une révision de leurs circuits touristiques et ont conclu des accords notamment avec l’Egypte, la Syrie, la Grèce, la Bulgarie et la Yougoslavie en vue de «promouvoir et d’intensifier les échanges touristiques entre ces pays et de développer le nombre des touristes en provenance d’autres pays». En d’autres termes en vue de mettre sur pied un circuit touristique caractérisé par la douceur du climat des pays visités et la modicité de leur prix.

Parallèlement, le Conseil National du Tourisme est en train de jeter les bases d’un tourisme collectif qui concerne la catégorie de vacanciers se déplaçant en groupes pour une dizaine de jours. Dans cette optique, des zones de camping (Amchitt) ont été implantées le long du littoral libanais qui dispense sur pied de 100 kilomètres soleil et sable chaud.

Des sites archéologiques et historiques ont été réaménagés: Le Temple de Baalbeck enregistre en moyenne 55.000 entrées annuellement. Les ruines de Byblos et la Nécropole de Tyr (33.000 entrées).

Des manifestations artistiques de niveau international, avec la participation de célébrités telle qu’Ella Fitzgerald, Herbert von Karajan et le ballet Bolchoï ont lieu au moins d’Août de chaque année dans les majestueuses ruines de Baalbeck. Une course de chars antiques sur l’hippodrome romain de Tyr est prévue, ainsi que des concerts de musique dans la grotte sonore de Jeïta, accessible par téléphérique et inaugurée par Stockhausen.

Pour les touristes de grand luxe, amateurs de régates et de jeux de hasard, un port de plaisance a été aménagé dans la baie de Jounieh, à proximité du Casino du Liban.
La gamme des distractions est complétée avec la tournée nocturne des bars et cabarets de la Rue de Phénicie à Beyrouth qui constitue autant de variations sur le même thème: danse du ventre, Mezzés et aracks.
En somme vers ce Liban mystérieux, il faut voguer avec des idées simples…L’hospitalité suppléera au reste.