Publié Le: mer,12 déc 2012
News / Portraits | Par René Naba

Le Prince Walid Ben Talal, le Tycoon de la génération de la relève.

Un trait d’union entre le Machreq et le Maghreb

Paris – Poids lourd de la finance internationale, le Prince Walid Ben Talal Ben Abdel Aziz Al Saoud, – c’est son vrai nom- est un illustre représentant de la génération de la relève de la Monarchie wahhabite, qui piaffe d’impatience aux portes du pouvoir saoudien.

De par sa naissance et ses liens de consanguinité, Walid est un trait d’Union entre le Machreq et le Maghreb, les deux versants du Monde arabe, un aout de taille à l’heure de la diffusion panarabe et de la mondialisation des flux économiques.

Fils du prince Talal BEN Abdel Aziz, un des princes progressistes de l’épopée nassérienne, le Prince Walid, est, par son père, le propre fils du Roi Abdel Aziz Al Saoud, fondateur de la dynastie wahhabite et du royaume saoudien. Par sa mère, Mona El Solh, il est le petit fils d’un des pères de l’indépendance libanaise, l’ancien premier ministre Riad El Solh, assassiné en 1951 en Jordanie pour avoir cautionné la condamnation à mort d’Antoun Saadé, chef d’un parti pan syrien, le Parti Populaire Syrien (PPS).

Par son alliance familiale, Walid s’articule sur l’Arabie et le Maroc, les deux grandes monarchies du Monde arabe, agglomérés au sein du Conseil de la Coopération du Golfe, le syndicat des monarchies arabes mis sur pied par Riyad à la faveur des soulèvements populaires arabes de 2011.

Du fait des liens de matrimonialité tissés par les trois sœurs de sa maman, son positionnement familial s’articule sur les grandes bourgeoisies libanaises et palestiniennes, au point d’intersection des grands courants politiques et religieux du monde arabe et musulman, républicains ou monarchistes, sunnites ou chiites, qu’ils soient. Walid est en effet le cousin germain du Prince Hicham Ben Abdallah Al Alaoui, «le prince rouge», neveu du Roi du Maroc, ainsi que de Moulay Ismaïl et de Lalla Zaynab du Maroc. Sa maman est en effet la sœur de la princesse Lamia, veuve du Prince Abdallah, frère d’Hassan II. Par sa deuxième tante, Alia El Solh, femme d’influence et une des premières journalistes arabes, il est apparenté à la grande famille des notables palestiniens des «Nachachibi».

Enfin par sa 3eme tante Leila, il se trouve être le cousin germain décédé depuis de Majed Sabri Hamadé, petit fils et héritier du chef féodal chiite de Baalbeck (centre-Liban), inamovible président du parlement libanais pendant un quart de siècle.

A l’heure où les pays arabes font face à de difficiles échéances successorales, marquées par l’éviction coup sur coup de trois chefs d’états arabes en un an -le tunisien Zine el Abidine Ben Ali, l’égyptien Hosni Moubarak et le Libyen Mouammar al Kadhafi- Walid le saoudien et Hicham le marocain représentent la génération de la relève qui caresse l’ambition de procéder à une restauration moderniste du pouvoir.

Très populaire au Maroc pour ses prises de position nationaliste dans le conflit israélo-arabe, Hicham Ben Abdallah, s’est déjà distingué à l’attention de l’opinion publique par une série de retentissants articles parus dans Le Monde Diplomatique.

Le premier, paru en juillet 1995, soit un quart de siècle avant les révoltes arabes de l’hiver 2011, lançait un débat sur un sujet tabou, longtemps occulté autant que redouté sur «la citoyenneté dans le Monde arabe», avec, sous jacent, le problème de la comptabilité de l’Islam et de la Modernité. Le second, paru en septembre 1996, se présentait comme une contribution pour une transition démocratique à l’effet d’assurer la pérennité du trône chérifien.
Ingénieur et diplôme de Sciences politiques, Hicham, surnommé «le Prince Rouge» en raison de ses idées jugées «progressistes» a été l’un de principaux contributeurs de l’Institut transrégional de Princeton (Etats-Unis) chargé des études sur le Maghreb sous l’autorité du Professeur Robert Waterburry.

Au service de son ambition son cousin Walid s’est doté, quant à lui, d’un empire financier faisant pâlir d’envie les vieilles dynasties d’argent anglo-saxonnes.

Un poids lourd de la finance internationale.

Né le 5 mars 1957 à Riyad, Al-Waleed, ainsi qu’il est couramment appelé en anglais, s’est retrouvé à quarante ans, à la tête d’un empire financier, édifié en un temps record de quinze ans, couvrant toute une gamme d’activités économiques. Pour la dixième année consécutive, Walid, s’est placé en tête des fortunes arabes selon le classement annuel de la revue «Forbes », avec une fortune estimée, en 2011, à 19,6 milliards de dollars, au 26 me rang mondial, mais contrairement aux autres princes du pétrole, il a bâti sa fortune par une rigoureuse gestion de ses affaires.

Dans le royaume même, son actif est constitué d’un réseau bancaire saoudien «The United Saudi-Commercial Bank (USCB), la banque commerciale la plus florissante d’Arabie, ainsi qu’un portefeuille immobilier comprenant à Ryad une superficie de 22.500 hectares, et à Djeddah, le prestigieux complexe immobilier du «Kingdom Tower». Via la Kingdom Holding Company, il détient des parts dans de nombreuses multinationales.

Dans la Banque, outre le réseau saoudien, il est actionnaire de la banque d’affaires américaine Citygroup, sa plus belle opération, qu’il contribua à renflouer lors de la grande crise des subprimes bancaires de 2008, en entrant au capital de ce fleuron de la place bancaire américaine. Dans l’hôtellerie: il est propriétaire d’une chaine internationale d’hôtels de luxe «Four Seasons Regent», regroupant 180 hôtels dont l’hôtel George V à Paris, le luxueux Hôtel Plazza de New York et le magasin «Saks Fifth Avenue».

En association avec la famille Reichmann et pour une valeur de 100 millions de dollars de l’époque, le prince a acquis une participation dans le projet «Canary Wharf», le complexe de bureaux londoniens qui représente la plus vaste opération immobilière d’Europe. A ses détracteurs qui jugeaient son association avec la famille Reichmann comme une «contre nature» l’alliance entre un prince wahhabite avec une famille judéo canadienne, le prince a rétorqué, usant de la dérision, qu’il s’agissait d’une alliance en fait entre deux orthodoxes: «Les Reichmann sont des juifs orthodoxes et moi, je suis un musulman orthodoxe. Notre point commun est l‘orthodoxie», a-t-il répondu, retournant l’argument contre ses censeurs.
Al Waleed est un des principaux actionnaires d’Euro Disney SCA, dont il détient 10 % du capital. Il s’est offert pour son 40 me anniversaire, en 1997, 75% de la chaine hôtelière «Princess» en s’appropriant six des huit hôtels, 5 % de la Société des croisières «Norvegian Cruise Line», propriétaire du paquebot de luxe France, rebaptisé depuis Norway.

A l’intention de sa fille, la princesse RIM, il a acquis la firme vestimentaire Donna Karan New York, offrant à son fils, le prince Khaled, une participation de 30 pour cent à la chaine Movenpic, en guise d’initiation aux affaires.

Doté de tous les attributs de l’homme d’affaires international moderne (un Airbus A380 Prestige, un yacht de 171 m pou environ 180 millions de dollars, de multiples résidences secondaires somptueuses), Al Waleed, musulman pratiquant, passe cependant pour être une personnalité plutôt progressiste de son pays comme en témoigne sa décision de financer les frais de formation d’une femme, Hanadi Zakaria al-Hindi, à la navigation aérienne avant de l’embaucher comme pilote et finance le Centre pour la compréhension entre musulmans et chrétiens à l’Université de Georgetown (Etats-Unis), où travaille par exemple Margot Badran, une féministe musulmane. Sa tante Leila El Solh Hamadé, préside au Liban une très importante association caritative très active dans le domaine œcuménique.

Al Waleed versus Rafic Hariri.

Intrépide, son activisme s’apparente parfois à une boulimie qui cache peut être une blessure secrète dont certains trouvent son origine dans l’éviction de son père, le Prince Talal, des responsabilités politiques saoudiennes. Pour avoir préconisé la réforme des institutions monarchiques saoudiennes, en 1960, et rallié à la tête du groupe des «Princes Libres», la cause du président égyptien Gamal Abdel Nasser, le chef charismatique des Arabes à l’apogée du nationalisme arabe, Talal, le père de Walid, a été déchargé de ses fonctions ministérielles et diplomatiques. Après une décennie d’exil et d’errance dans les pays arabes, au Caire d’abord, à Beyrouth, ensuite, Talal se réconciliera avec ses frères royaux dans les années 1980, devenant représentant de l’UNICEF pour la région du Golfe.

Binational libano saoudien, de naissance et de droit, contrairement à Rafic Hariri, dont la nationalité saoudienne, lui a été octroyée par décrétée, le prince Walid a vu ses ambitions politiques au Liban bridées par les dirigeants saoudiens de crainte de ne faire ombrage à leur homme lige, dont la docilité est directement proportionnelle à son état de subordination à l’égard de ses bienfaiteurs saoudiens. Un être infiniment plus malléable que ce prince de sang royal, issu de surcroit d’une dynastie politique authentiquement libanaise, dont la fortune excède par ailleurs largement celle du milliardaire libano saoudien.

A son corps défendant, il a ainsi décliné la charge de premier ministre du Liban que se proposait de lui offrir le président libanais de l‘époque, le général Emile Lahoud, en pleine tourmente arabe consécutive à l’invasion américaine de l’Irak. En guise de compensation, il obtiendra pour sa tante Leila El Solh Hamadé, qui préside au Liban une très importante association caritative très active dans le domaine œcuménique, un poste ministériel dans une opération destinée à maintenir la permanence de la validité de la revendication de son clan sur des responsabilités gouvernementales libanaises.

En novembre 2011 sur fond d’une vive compétition pour l’attribution du poste de prince héritier à la suite du décès de son titulaire, Sultan, une campagne de presse était déclenchée au niveau arabe et international faisant état d’abus sexuels de Walid à Ibiza et en Autriche, perturbant les démarches de son père en vue de sa confirmation comme prince héritier. Talal, le père de Walid, sera ainsi une nouvelle fois écarté de la succession au mépris de la loi de la primogéniture, entrainant sa démission et de celle de douze autres princes du Conseil d’allégeance en charge des transitions dynastiques.

Optant pour un saut de génération afin d’épargner au Trône une gangrène gérontocratique, le Roi Abdallah, 86 ans, s’est en effet choisi comme successeur, un jeune prince de 78 ans, Nayef, ministre de l’Intérieur, décédé un an après sa nomination, auparavant qualifié de «boucher» par l’ancien premier ministre libanais Saad Hariri dans une impertinence couteuse pou sa crédibilité auprès de la famille régnante saoudienne.

Le deuxième camouflet politique de son existence a conduit Walid à passer à l’offensive. Fort de son alliance matrimoniale avec le Roi, dont il épousa en 4eme noce sa fille Amira (princesse), il encouragera son épouse sur la voie de la dénonciation des archaïsmes monarchiques.

Diplômée en droit des affaires d’une université du Connecticut, cette princesse de 27 ans, de 30 ans sa cadette, a été la première à se féliciter, sur Twitter, de l’annulation en septembre 2011 par son père, le roi Abdallah, d’une peine de dix coups de fouet prononcée à l’encontre d’une Saoudienne pour avoir pris le volant dans un pays où une fatwa interdit aux femmes de conduire. La princesse Amira, il est vrai, dispose, elle, d’un permis de conduire international et assure qu’elle s’en sert dès qu’elle en a l’occasion hors du royaume.

Pour prévenir la réédition d’une nouvelle cabale médiatique comparable à celle qui fit rage lors de la compétition successorale de l’automne 2011, Walid a étendu son empire médiatique, se rendant maître de la chaine libanaise «LBC (Libanaise Broad casting Corporation), poussant à la démission son fondateur historique, Pierre Daher, en janvier 2012, (1)

Il annoncera dans la foulée le lancement d’une chaîne transarabe à Manama (Bahreïn), afin de faire pièce aux grands vecteurs panarabes, notamment Al Arabiya, propriété de la famille saoudienne rivale du clan Sideiry Al Cheikh, et surtout, Al Jazira, quelque peu discréditée par sa couverture unilatérale des soulèvements arabes de l’an 2011.

Dans le domaine média, Walid est associé à l’allemand Léon Kirch pour une participation de 20 pour cent dans MEDIASET, le holding chapeautant l’empire télévisuel de l’italien Silvio Berlusconi. Actionnaire significatif du journal libanais «Al Nahar», propriétaire du label musical Rotana, associé au chanteur noir américain Michael Jackson au sein d’une société de production de spectacles et de disques «Kingdom Advertisement», le prince saoudien détient en outre des participations dans les médias avec 5,5 % de News Corporation, ainsi que dans AOL, MOTOROLA, eBay.

Le prince a investi, en 2011,300 millions de dollars (soit prêt de 231 millions d’euros) pour le réseau social Twitter, une participation significative en ce que «les médias sociaux changeront de façon fondamentale le paysage de l’industrie médiatique dans les années à venir», pour reprendre l’expression d’Ahmed Halawani, directeur exécutif de la branche Private Equity du fonds Kingdom Holding Company.

«Al Arab», le navire amiral de la flotte médiatique d’Al Waleed

Au service d’ «Al Arab», le navire amiral de sa flotte médiatique, Al Waleed envisage de mettre en synergie la gamme de vecteurs dont il dispose dans le Monde arabe au service de sa nouvelle chaine: Rotana Clip, Rotana Tarab, Rotana Films, Rotana Zaman. En association avec Bloomberg, propriété du Maire de New York, Michael Bloomberg, il fera diffuser sur sa chaine six heures d’information économique en continue.
Désertant la zone de turbulence libanaise, Walid a opté pour Manama pour y fixer le siège de son nouvel empire. Un choix paradoxal en ce que le Bahreïn passe pour être l’un des dix pays les plus restrictifs à la liberté de la Presse.

Mais, au-delà des facilités financières et matérielles dont il a bénéficie, -15 millions de dollars pour l’aménagement de sa nouvelle cité médiatique-, le choix de Manana est un choix éminemment politique en faveur d‘une dynastie contestée par la majorité chiite de la population, dont il entend assumer la défense médiatique du fait de sa proximité géographique avec l’Iran.

Pour la première fois de son histoire, l’Arabie saoudite, a, à cette occasion, dépêché des troupes dans l’archipel voisin pour faire office de bouclier à la contestation anti monarchique et fait taire les critiques y compris celles d’Al Jazira, que la sévère répression de la contestation locale a suscitée dans de larges couches populaires du Monde arabe.

Une revanche sur le sort ?

Walid n’est pas le gendre préféré du Roi Abdallah, plus à l’aise avec son premier gendre, son propre ministre de l’éducation et son homme de confiance, époux de la fille aînée du Roi, Adila (La Juste).
Doté de tous les attributs de l’homme d’affaires international moderne (un Airbus A380 Prestige, un yacht de 171m pour environ 180 millions de dollars, de multiples résidences secondaires somptueuses), le 2me gendre du Roi d’Arabie, mais non le mal aimé, ne vit pas la préférence royale comme un handicap, qu’il compense amplement d’ailleurs par un positionnement international enviable.

Face à l’Iran, chiite et révolutionnaire, l’objectif d’Al Arab sera de déclamer le crédo d’Al Waleed, musulman pratiquant soucieux de promouvoir un islam teinté de modernité, comme en témoigne sa décision de financer les frais de formation d’une femme, Hanadi Zakaria al-Hindi, à la navigation aérienne avant de l’embaucher comme pilote et finance le Centre pour la compréhension entre musulmans et chrétiens à l’Université de Georgetown (Etats-Unis), où travaille par exemple Margot Badran, une féministe musulmane.
Face au Qatar, sa chaîne «Al Jazira» et son commandement central américain (Centcom), face à Abou Dhabi, sa base aéronavale française et sa future chaîne «Sky Arabia», –qui sera lancée en mars 2012 avec la collaboration de la chaine britannique Sky GB du magnat australien Ruppert Murdoch-, face enfin à Doubaï et sa chaîne saoudienne «Al Arabiya», propriété du clan rival d’Al Sudeiry, Al Waleed attend son heure.
Face aux concurrents potentiels, le prince Bandar, la dague obscure du néo conservatisme israélo-américain propulsé à grands renforts de rétro commissions, face à Turki Al Faysal, l’ancien gestionnaire d’Oussama Ben Laden dans le conflit afghan, ou encore le prince Mohammad, le suppléant de son père Nayef au ministère de l’intérieur, Al Waleed se dote des moyens de peser sur le choix du prochain prince héritier, au-delà du prochain souverain.

Ce prince qui porte un prénom prestigieux, tirant son origine de l’épopée de la conquête arabe, qui signifie étymologiquement «la progéniture», en référence au Calife Al Walid (668-715), sixième calife de l’empire, conquérant du Sind et de l’Asie centrale de Boukara et de Samarcande, ce prince-là porte un prénom qui l’oblige à être le digne de fils d’une double dynastie, la saoudienne d’Al Saoud et la libanaise d’El Solh. Sa blessure de jeunesse mal cicatrisée a-t-elle engendré un désir de revanche sur le sort? La corrélation n’est pas toujours absolue, mais il arrive que cela puisse être parfois le cas.

Banni de la sphère politique saoudienne monopolisée pendant près de trente ans par le clan Sideiry, constitué notamment par l’ancien Roi Fahd, et ses six frères dont les deux anciens princes héritiers, le ministre de la défense, le prince Sultan, et le ministre de l’intérieur, Nayef, Walid a conquis de haute main le pouvoir économique.

Un pouvoir qu’il lui importe de consolider loin des aléas économiques, des fluctuations monétaires, des manipulations des places financières internationales, loin aussi et surtout des turbulences politiques de plus en plus nombreuses du Royaume saoudien.

Accidents de parcours qui témoignent de la vivacité de la lutte feutrée pour le pouvoir en Arabie, le prince Walid a été victime d’un accident de la circulation en Août 2012, sur le chemin de la Mecque, en plein Ramadan, sans qu’il ait été possible de déterminer s’il s’agissait d’une sortie malencontreuse de route ou une dérivation délibérée de ses concurrents, alors que, parallèlement, sa sœur Sara Bint Talal Al Saoud, réclamait l’asile politique au Royaume-Uni et que son frère ainé Khaled le tançait pour l’inconduite supposée de son épouse, apparue sans voile à une réception diplomatique à Londres.

Le pari du prince Walid, sans nul doute, est un pari audacieux mais nullement aléatoire au regard de l’enjeu qui n’est rien moins que la direction d’un Royaume aux richesses fabuleuses, de surcroît Gardien des lieux saints d’une communauté de 1, 5 milliards de croyants, sa patrie d’origine, sa plate forme de départ, le ressort secret de toutes ses marches, démarches et contremarches.

Sauf imprévu, «Al Arab» devrait être lancée le 12 décembre 2012.
12/12/12 … Un tiercé qu’il veut gagnant … Tout un programme.

Référence

1 -A l’intention des lecteurs arabophones, à propos de l’éviction du fondateur de LBC Lebanese Broadcasting Corporation et du lancement de la chaîne « Al Arab», Cf. Le journal libanais «AlAkhbar »http://www.al-akhbar.com/node/29031-
Et le journal transarabe «Al Qods Al Arabi» http://www.alquds.co.uk/index.asp?fname=data\2011\12\12-28\28z491.htm&arc=data\2011\12\12-28\28z491.htm

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10 Commentaires
  1. saber dit :

    selem arlecoum, est ce le « mehdi » ou sont futur parrain.
    Que dieu l’aide, car les années a venir sont sombre.

  2. Gilles R dit :

    Bonjour René,

    J’ai lu pas mal de vos articles et je trouve – sans flagornerie aucune de ma part – vos analyses fort pertinentes. Vous êtes assurément un de ceux qui comprennent et qui expliquent le mieux la géopolitique internationale, et plus spécialement dans les pays arabo-musulmans.

    Aussi, je voulais avoir votre avis concernant l’analyse d’un homme qui rencontre beaucoup de succès auprès des jeunes français musulmans, j’ai nommé Alain Soral. Si ma question vous embarrasse, n’y répondez pas! Seulement j’avoue que j’aimerais bien savoir ce que vous pensez à titre personnel du paradigme soralien: sa vision de l’ »Empire » vous paraît-elle pertinente? Ou bien, à l’instar d’un Michel Collon ou d’un Tariq Ramadan, trouvez-vous son modèle de représentation du monde complètement délirant?

  3. René Naba dit :

    @Réponse à Gilles R

    Bonsoir Monsieur

    Rien ne m’embarrasse dès lors que les choses sont dites avec clarté et sincérité. Je n’ai pas l’habitude de me dérober aux questions.

    Ma philosophie de vie, inscrite sur ma page d’accueil pour dissiper toute ambiguïté, se résume en cet axiome:

    Les amis de mes amis sont mes amis
    Mes ennemis sont mes ennemis
    Les ennemis de mes ennemis ne sont pas nécessairement mes amis

    Je ne fraye pas avec des personnes dès lors qu’ils ont frayé avec mes ennemis. Dieudonné pouvait être sympathique tant qu’il n’avait pas serré la main de Jean Maire Le Pen, dont la philosophie politique est à l’opposé de la mienne
    Le paradigme soralien, comme vous le désignez, fait tout simplement office d’agrégateur électoral pour le compte du Front national. Une fonction objective dès lors que le succès qu’il rencontre auprès des jeunes français de confession musulmane résulte de l’immaturité qui règne au sein d’une frange de la population française et de la confusion qu’elle entretient entre patriotisme (fait positif) et chauvinisme (fait négatif)

    J’ai utilisé l’expression jeune français de confession musulmane car tout simplement il existe de jeunes français mais de confessions différentes, voire carrément athées ou agnostiques et non des jeunes français musulmans. Pour preuve, vous ne dites pas les jeunes français chrétiens ou les jeunes français protestants ou encore les jeunes français juifs

    Pour les autres auteurs que vous citez, leurs analyses se fondent sur des présupposés idéologiques, Michel Collon (Trostkyste) était hostile à toute intervention occidentale en Libye, au point de soutenir le régime indéfendable de Kadhafi. Tariq Ramadan, lui, fonctionne avec un présupposé à fondements religieux. Dans le cas d’espèce de la famille Ramadan avec le soutien financier des pétromonarchies rétrogrades, le père Said Ramadan, a longtemps bénéficié du soutien de l’Arabie Saoudite et le fils Tariq de celui du Qatar.

    Personnellement, correspondant de guerre pendant trente ans sur divers théâtres d’opération en Asie et en Afrique, je procède de manière empirique à une analyse concrète d’une situation concrète pour me constituer une opinion. Ainsi pour la Libye, j’ai été critique de Kadhafi longtemps avant que la grande majorité de la corporation journalistique ne se rende compte de son existence (des livres y font foi). Si naturellement j’étais et suis résolument hostile à toute intervention occidentale, voire étrangère, dans les affaires arabes, j’ai toujours estimé que Kadhafi était nocive à la cause arabe par ses excès et les poncifs qu’il générait et qu’il appartenait aux patriotes arabes de faire le ménage dans les pays arabes, et non les mercenaires commandités par des régimes ultra répressifs et régressifs.

  4. Gilles R dit :

    Heureux de recevoir une réponse aussi claire que rapide. A dire vrai je suis honoré de vous voir accorder un tant soit peu d’intérêt à ma question. Merci!

    En fait, j’ai longtemps été fasciné par Soral avant de découvrir certaines de ses positions idéologiques. Lui qui défendait les jeunes français de confession musulmane, avec beaucoup de panache, s’avérait être en réalité un grand admirateur de Le Pen. Lui qui fustige l’occupation quand elle est américaine ou israélienne, devient zélateur de la colonisation quand elle est française. En y regardant de plus près, il me semble que son discours contient de nombreuses apories, sans doute consécutives à une impensable volonté de concilier jeunesse de banlieue et jeunesse identitaire, c’est-à-dire deux publics n’ayant que très peu d’affinités l’un pour l’autre … Et je partage votre avis quant à l’immaturité qui règne au sein d’une frange de la population française et de confession musulmane. D’ailleurs Soral lui-même le dit dans une vidéo: « les musulmans sont politiquement immatures, et socialement ils vivent comme des indigènes! »

    Il n’empêche que je ne pouvais m’empêcher d’être d’accord avec Soral sur un certain nombre de ses prises de position. C’est pourquoi j’ai fait quelques recherches et celles-ci m’ont conduit à vous demander votre avis. De nombreux intellectuels ont adressé des mises en garde contre Alain Bonnet de Soral, de son vrai nom. J’en ai cité deux mais surtout pas de méprise entre nous: le fait d’avoir cité Ramadan et Collon ne signifie aucunement qu’ils remportent mon adhésion idéologique. Leur nom n’a qu’une valeur illustrative et j’aurais pu tout aussi bien citer par exemple Pierre Tévanian, animateur du site Les Mots Sont Importants, qui fut un des premiers à mettre en garde ses lecteurs contre Alain Soral. J’aurais également pu citer Sébastien Fontenelle, journaliste à la revue en ligne Politis.fr, qui sur son blog publia un billet très sarcastique à l’égard de Soral.

    Aussi j’ai cru bon de m’adresser à vous en tant que spécialiste du monde arabo-musulman pour savoir ce que vous pensiez de son analyse géopolitique internationale.

  5. René Naba dit :

    2eme réponse à Gilles R

    Ma réponse est simple et brève:

    Pierre Tévanian est un auteur responsable que je lis.

    Je ne lis pas Alain Soral. Mon temps est limité. Je le consacre à nourrir ma réflexion sur la base de mes recherches documentaires.

  6. Carl dit :

    Bonjour,

    Quelques modestes remarques sur la forme : 1995—->2011, c’est loin de faire un quart de siècle.
    On est un peu embêtés par lema répétition de certains paragraphes.

    Pour ce qui est du fond, j’ai toujours perçu al-Waleed comme étant le cheval de Troyes -et j’aurais pu utiliser un cousin du cheval n’eut été quelque retenue- de l’Occident.
    Car on ne peut pas à la fois prétendre représenter l’aspiration des peuples Arabes et en même temps fricoter avec tout ce que la planète compte d’ennemis, à leur tête, l’infâme Murdoch, soutien actif de toutes les agressions occidentales contre les irakiens, les palestiniens, les iraniens…

    Je crois que ces deux la ont crée une chaîne de propagande pour contrer d’autres chaînes de propagande. Je préfère encore celle d’al-Jazeera.

    Bref, je porte assez peu d’estime à ce capitaliste et à ce qu’il véhicule comme idéologie.

  7. alain dit :

    « Walid est en effet le cousin germain du Prince Hicham Ben Abdallah Al Alaoui, «le prince rouge», neveu du Roi du Maroc, »
    Correction: c’est le cousin germain du roi actuel, neveu de l’ancien roi (HassanII)

  8. René Naba dit :

    Cela est évident que Walid est le cousin germain de Mohamad VI, mais j’ai fait référence à Hassan II car la personnalité de l’ancien roi transcende considérablement celle de son fils et successeur.

  9. René Naba dit :

    Pour une lecture réactualisée de ce portrait , il importe de porter à la connaissance des lecteurs de ce site, les déclarations du prince Walid sur les rapports entre l’Arabie saoudite et Israël.

    le Prince Walid a suggéré une connivence de fait entre l’Arabie saoudite et Israël, qui engloberait en outre les Arabes et les sunnites contre l’Iran, dans une déclaration à la chaine Blomberg faite après l’accord sur le nucléaire iranien conclu à la mi novembre 2013.

    ci joint les liens

    http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/6774-al-walid-ben-talal-avec-israel-contre-l-iran.html

    http://al-akhbar.com/node/195990

  10. Hamdane dit :

    Bonjour,

    Merci René pour le message du 30 novembre, ce Walid ben Talal reste un Saoud comme les autres, sa dernière déclaration à Bloomberg le prouve. Ces gens sont prêts à tout pour demeurer au pouvoir en Arabie…Ce qui se passe au Liban actuellement leur est dû en grande part.
    Ce genre d’arabes et de musulmans font honte…tout golden boy qu’il soit ça demeure un ahl’ saoud.
    L’Iran mène sa barque et ahl saoud complotent avec leurs semblables de tel aviv. Aucune fierté ces gens là, ils se sont appropriés tout un pays en y lui donnant leur nom et font faire la leçon de démocratie à Bachar al Assad.Franchement c’est quoi cette engeance d’arabes si peu fiers ?

    Je cite W.ben Talal : Au sujet de la Syrie, Al-Walid Ben Talal a déclaré : « Vous pensez qu’il n’y a plus d’armes chimiques en Syrie ? Celui qui en a fabriqué la première fois peut en fabriquer encore ». Il a par ailleurs conseillé à Israël de faciliter le processus de paix avec les Palestiniens « car cela nous aidera à isoler l’Iran et à affaiblir le Hezbollah ».

    ya Walid ben Talal va libérer la Palestine, le Hezbollah te donne carte blanche et te file tout son arsenal en sus.

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