Le Koweït, point de confluence politique du Proche et du Moyen orient

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(AFP) – La position privilégiée du Koweït, point de confluence politique du proche et du Moyen-orient, ne lui a pas épargné lundi une vague d‘attentats sans précédent dans le Golfe, due, selon les observateurs, à la déstabilisation croissante de cette région résultant des conflits irako-iranien et libanais.

Le bilan des victimes des six attentats de lundi, selon des recoupements de diverses sources, s’élevait au moins à cinq morts et une cinquantaine de blessés. Ces attentats ont été revendiqués par le Jihad islamique qui avait déjà affirmé être responsable du double attentat meurtrier du 23 octobre à Beyrouth contre les contingents américains et français de la Force multinationale Occidentale.

Sur une population de 1,5 millions d’habitants, dont 50 pour cent d’immigrés, le Koweït abrite à la fois une forte colonie palestinienne et une active minorité chiite d’origine iranienne.

La principauté a été, tour à tour, le berceau du Fatah, le principal mouvement de l’Organisation de Libération de la Palestine, l’un des plus virulents critiques de la politique occidentale au Moyen-Orient et l’un des principaux bailleurs de fonds de la Syrie dans sa guerre contre Israël et de l’Iran dans sa guerre contre l’Iran.

Le Koweït, point de confluence

Paris- Située à l’extrême nord –ouest du Golfe, entre l’Irak et l‘Arabie saoudite, à quelques encablures de l’Iran, ce pays parmi les plus riches de la planète avec un revenu par habitant de dix sept mille (17.000) dollars, s’est toujours soucié de mener une politique résolument autonome par rapport à ses trois grands voisins.

Seule monarchie parlementaire du Golfe, c’est aussi le seul état de cette région à entretenir simultanément des relations tant avec les Etats-Unis qu’avec l’Union soviétique. L’Iran n’a plus de facto de relations diplomatiques avec les Etats-Unis et ses relations avec l’URSS se sont très refroidies. Quand à l’Arabie saoudite, elle entretient des relations exclusives avec les Etats-Unis, alors que l’Irak en fait de même avec l’Union soviétique.

Mais ce «particularisme» qui faisait du Koweït la vitrine politique du Golfe par ses institutions et son fonctionnement, en même temps que la caisse de résonnance de la société pétrolière ne paraît pas avoir soustrait la principauté des répercussions de la guerre irako-iranienne.

Depuis le déclenchement de ce conflit, deux tentatives de coup d’état ont été déjouées dans le Golfe, la première en janvier 1981, à Bahreïn, la deuxième, en Août 1983, au Qatar, tandis que les installations pétrolières du Koweït étaient, à deux reprises, bombardées par l’Iran à titre d’avertissement.

Le Koweït, point de confluence

Paris- Dans ce contexte, cette vague d’attentats revendiquée par l’Organisation du Jihad Islamique pourrait constituer une double mise en garde:

-Au Koweït d’abord, et au delà, aux monarchies pétrolières arabes contre leur soutien à l’Irak et leur « collusion de fait » avec les Etats-Unis et les autres pays occidentaux au Proche-orient, notamment au Liban.

-Aux Etats-Unis et à la France ensuite. Les auteurs des attentats de lundi ont vraisemblablement voulu signifier à Washington et à Paris leur hostilité à l’égard de leur intervention croissante dans les affaires du Moyen-orient et leur détermination à porter le combat non seulement au Liban, mais aussi dans tout le Machreq (le Moyen-orient arabe), y compris les zones pétrolifères qui constituent les points les plus sensibles pour les économies occidentales.