Le Golfe Arabo-Persique

L’une des zone les plus convoitées du monde | AFP Paris

Paris, 19 juillet (AFP) –Le Golfe arabo-persique qui devrait connaître une pause dans les combats après l’acceptation par l’Iran lundi de la résolution 598 du Conseil de sécurité, est la veine jugulaire du système énergétique international, et, à ce titre, l’une de zones les plus convoitées du monde .

Voie d’eau d’un millier de km de long et dont la largeur avoisine 50 km dans sa partie la plus resserrée, le Golfe est une zone de jonction entre le Monde arabe et le Monde perse, entre le sunnisme et le chiisme, les deux grands rameaux de l’Islam. Elle borde l’Iran, qui se veut le fer de lance de la Révolution islamique, l’Irak,  qui se présente comme la sentinelle avancée du  flanc oriental du Monde arabe, ainsi que six monarchies pétrolières de constitution récente, faiblement peuplées et vulnérables, mais dont la production de brut vient au premier rang du monde.

C’est aussi une zone intermédiaire entre l’Europe, dont elle est le premier fournisseur de pétrole, et, l’Asie, qui seraient les premières touchées par une éventuelle interruption du trafic maritime.

Le Golfe soutient, enfin, selon  les stratèges occidentaux, le fameux «arc de crise» de la confrontation américano-soviétique dans le tiers-monde, qui va de l’Afghanistan à l’Angola en passant par la Corne de l’Afrique.

La plus forte armada de l’après Vietnam y est concentrée: Pas moins de 70 navires, avec au total 30.000 hommes, appartenant aux flottes de guerre américaine, soviétique, française et britannique croisent dans les eaux du Golfe, le détroit d’Ormuz, la mer d’Arabie et le nord de l’Océan indien. A cette armada  s’ajoutent les flottes consacrées à la défense côtière des pays de la région.

Les Etats-Unis se taillent la part du lion avec une quarantaine de bâtiments et 25.00O hommes. L’un d’eux, le «Stark» a d’ailleurs été, par erreur, la cible de l’aviation irakienne,  en juillet dernier, et un autre, le «Vincennes», a abattu en juillet de cette année un avion airbus iranien, tuant ses 290 passagers. La flotte américaine dispose en outre de facilités à l’île de Massirah (Sultanat d’Oman), ainsi que sur la rive africaine de l’Océan indien, à Berbera (Somalie), à Mombasa (Kenya) et dans l’île britannique de Diègo Garcia.

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L’URSS, première puissance à avoir accordé sa protection aux pétroliers koweitiens en butte aux attaques des vedettes iraniennes, en avril 1987—reste beaucoup  plus discrète sur sa présence. Elle dispose notamment de quatre dragueurs de mines ainsi que d’un  ou deux navires ateliers et des points d’appui aux deux extrémités du golfe-en Afghanistan et au Sud Yémen, ainsi qu’en Ethiopie, face à Djibouti, point d’ancrage de  la flotte française dans l’Océan indien.

La marine française constitue d’ailleurs avec une dizaine d’unités et près de 4.000 hommes, la 2me flotte en importance dans cette zone. A l’exception d’un escorteur qui y croise systématiquement quand y pénètre un navire de commerce français, elle est toute entière hors du Golfe.

Une fermeture totale du Détroit d’Ormuz, par où transitent 90 pour cent du pétrole produit par le Golfe, priverait l’Occident du quart de sa consommation quotidienne d’énergie.

Depuis l’extension du conflit irako-iranien, à la suite de la décision de l’Irak de décréter une «zone d’exclusion maritime», 540 bâtiments (pétroliers, cargos) ont été coulés ou endommagés -soit près double du tonnage coulé pendant la 2me Guerre mondiale (1939-1945), transformant cette voie  d’eau en un gigantesque cimetière marin.

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