La situation dans le sud du Liban

Rachaya (Liban sud) | 28 octobre 1969 (AFP) – D’un envoyé spécial de l’AFP

Toute la région de Rachaya, au sud du Liban, est sur le pied de guerre: dans la forteresse, un ancien château-fort, des auto chenilles, des chars AMX, des Jeeps armés de mitrailleuses et sur les murs de la citadelle, des soldats, le fusil pointé.

Le colonel qui nous accueille a hâte de nous voir repartir. La nuit dernière, nous dit-il, une pluie de roquettes s’est abattue sur nous. Nous avons vivement réagi et il y a eu des morts et des blessés des deux côtés. Une nouvelle attaque peut se produire à tout moment. «Nous n’avons plus affaire à des bandes de vagabonds, ajoute-t-il, mais, à une véritable armée disciplinée ».

Un peu plus au nord de Rachaya, à proximité de Yanta, nous rencontrons plusieurs patrouilles libanaises qui ont pour consigne d’«empêcher toute progression des assaillants, dans quelque direction que ce soit ».

Mais huit kilomètres plus loin, un peu en retrait de la route principale qui serpente à travers les rochers, nous débouchons sur le campement des «envahisseurs»: trois tentes et un camion popote. Ils nous accueillent chaleureusement.

En tenue léopard, l’insigne des commandos sur la poitrine (une tête de mort sur deux baïonnettes croisées), la keffieh (coiffure des Fedayine qui leur cache le visage, ils sont là une quinzaine, qui disent-ils, n’appartiennent à aucun parti. Mais ils indiqueront plus tard qu’ils sont membres du Fatah.

« Nous sommes venus du Liban, disent-ils, pour déjouer le complot de l’impérialisme et des réactionnaires qui veulent liquider la résistance palestinienne. Nous resterons au Liban tant que ce complot n’aura pas cessé ».

suivra/….AFP…21.23

Rachaya (Liban sud) | La situation dans le sud du Liban | (deux dernier)

L’un d’eux confirme que Yasser Arafat est venu lundi les inspecter. Ce groupe de commandos est le seul qu’il nous sera possible de rencontrer.

L’entrée de Yanta qui est d’ailleurs maintenant une bourgade déserte est interdite. A proximité règne un calme total, mais dans les vignobles on découvre quelques tanks, canons pointés vers le Nord, leurs servants à l’ombre des figuiers. D’autres chars sont disséminés plus loin parmi les vignes et les rochers.

Selon le chef du secteur, les Fedayine ont reçu des renforts la nuit dernière, mais les troupes libanaises ne prévoient aucune opération «à moins que de l’autre côté, on ne bouge »

Dans le dispositif stratégique libanais, Yanta constitue le sommet d’un triangle dont els bases sont les villages de Bayader el Addas et Zain Al Arab.

Un officier explique que ce triangle, situé sur l’axe principal Masnaa-Rachaya, est d’une extrême importance pour le Liban. Sa perte, dit-il, ferait courir de graves risques à l’unité territoriale et nationale libanaise. C’est la raison pour laquelle, «les Fedayine avec l’appui des Syriens ont fait une poussée dans cette région».

AFP/MW..21.27

1 comments

Monsieur,
c’est avec beaucoup d’émotion qu’on relit ces dépêches que vous aviez à l’époque écrit surtout pour nous les « jeunes » qui n’ont vécu et connu qu’un Liban en guerre sans comprendre pourquoi.

Je suis au regret à chaque fois de voir une nouvelle génération de décérébrés ne pas comprendre ces souffrances du conflit entre frères.

Durant le conflit de juillet 2006, constatant le manque d’un flux d’information sur le conflit en français basé au Liban, il n’y avait pas d’info francophone en direct, nous avions mis en place un blog d’information avec en quelque sorte un véritable relais. Ainsi, à l’aide d’SMS, de moyens de communication, nous sommes parvenus à couvrir bénévolement le conflit, alors que cela n’était pas notre boulot, nous ne sommes pas journaliste et pourtant libnanews a peu un peak de fréquentation de 4800 visiteurs uniques au moment du conflit.

Il y a la un devoir peut être de prise de conscience et je salue votre mission de devoir de mémoire par rapport aux évènements passés, qui expliquent aujourd’hui bien des choses

amicalement

Laisser un commentaire

*