La justice française ordonne la libération de Georges Ibrahim Abdallah

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Paris – La justice française a ordonné mercredi 21 Novembre la libération du prisonnier politique libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré depuis 28 ans pour complicité d’assassinat de deux diplomates, a-t-on appris dans l’entourage du détenu.

Le parquet, qui avait a requis devant le tribunal d’application des peines le rejet de la demande de libération conditionnelle du Libanais, a, une nouvelle fois, fait appel.

La décision finale devrait être rendue le 14 janvier. En conséquence l‘expulsion de Georges Ibrahim Abdallah a été reportée à cette date dans l’attente de la décision finale de la justice.

La juridiction parisienne, seule dans le pays à statuer sur la détention dans les dossiers de terrorisme, avait examiné à huis clos le 23 octobre dernier la demande déposée il y a quelques mois et entendu par visioconférence le détenu et son avocat Me Jacques Vergès depuis la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées).

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Carte postale (Fresque de Georges Ibrahim Abdallah offerte à ses sympathisants, peinte par un artiste palestinien).
Palestine, Le rêve a une suite
Dans le graphisme du terme en arabe, Filistine
le L de Palestine est représenté par une clé, symbole du retour
le S est stylisé par des vaguelettes de la mer
le T (Tah en arabe) est en forme d’une embarcation
et la terminaison INE combinée au TAH qui figure une embarcation, voguant sur la mer….
Dans sa main gauche, une pierre, en hommage à l’Intifada de la génération des lanceurs de Pierre, les jeunes de 12 à 15 ans, qui lancèrent la première intifada en 1987.
Avec sa main droite le V de la victoire.

La décision avait été mise en délibéré au 21 novembre, soit à la veille de l’anniversaire de la fête de l’Indépendance libanaise, coïncidant avec la visite en France du premier ministre libanais Najib Mikati.

Militant du FPLP (Front populaire de Libération de la Palestine), Georges Ibrahim Abdallah, 61 ans, avait été arrêté le 24 octobre 1984 et condamné à perpétuité en 1987 pour complicité dans les assassinats en 1982 à Paris de deux diplomates, l’Américain Charles Robert Day et l’Israélien Yacov Barsimantov.

Libérable depuis 1999, le Libanais a déjà vu sept de ses précédentes demandes rejetées, selon son comité de soutien.

Dans un communiqué, le comité de soutien de Georges Ibrahim Abdallah a salué cette victoire, considérant que l’appel interjeté par le parquet fait du libanais, non «un simple prisonnier d’opinion, mais un potage du pouvoir politique français».

«Le verdict vient de tomber, la justice française vient enfin d’accepter de libérer le plus ancien prisonnier politique en France et en Europe. Le parquet fait appel à la décision du juge encore une fois ! Georges ABDALLAH n’est plus un simple prisonnier d’opinion, c’est un otage du pouvoir politique français: notre gouvernement refuse de le libérer tant qu’il ne renie pas ses actes de résistance, tant qu’il ne se repend pas. Le mouvement politique international croissant en faveur de sa libération ne fera qu’amplifier ses actions», déclare notamment le communiqué.

«En 2003, un juge français a déjà autorisé la libération de Georges Ibrahim Abdallah et c’était le gouvernement qui avait fait appel. Le pouvoir politique français, «de gauche» comme de «droite», a prouvé encore une fois sa soumission aux ordres des Etats Unis. Il punit Georges ABDALLAH pour avoir osé résisté à la machine de guerre sioniste», poursuit le communiqué.

Depuis sa cellule Georges Abdallah a adressé ses salutations à la Résistance de Gaza :

« Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine, camarades, ne peut pas nous laisser indifférents. Depuis plus d’une soixantaine d’années et avec quel héroïsme et quelle obstination les masses palestiniennes et leurs avant-gardes combattantes font face à l’une des dernières entités de colonisation de peuplement.
Ensemble, camarades, encore une fois, ensemble nous vaincrons et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons. Certainement, camarades, c’est toujours en assumant la solidarité avec les masses populaires que l’on apporte la solidarité la plus significative aux prisonniers révolutionnaires.
A bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et leurs complices réactionnaires arabes !
Honneur aux martyrs et aux peuples en lutte», a conclu Georges dans un communiqué transmis par son comité de soutien».

Pour aller plus loin

http://www.renenaba.com/retour-sur-le-parcours-atypique-de-georges-ibrahim-abdallah/