La fin d’une tumultueuse cohabitation libano-palestinienne

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Paris – Le départ des combattants de l’OLP de leur sanctuaire de Beyrouth-Ouest, qui a commencé samedi, constitue l’épilogue de deux mois de guerre israélo-palestinienne et marque, du même coup, la fin de trente cinq ans d’une tumultueuse cohabitation libano-palestinienne.

Nul ne prévoyait, pourtant, lorsque la première fournée de réfugiés palestiniens arrivait au Liban, en 1948, que cette cohabitation, paisible ai départ, allait déboucher, un quart de siècle plus tard, sur la plus longue et la plus meurtrière des guerres fratricides interarabes: la guerre civile libanaise, qui allait opposer à partir de 1975 et pratiquement sans interruption pendant sept ans, les milices chrétiennes, d’une part, et leurs adversaires libano-progressistes soutenus par l’OLP, d’autre part.

Une guerre qui prendra ensuite une dimension régionale avec l’intervention de la Syrie d’abord puis d’Israël, qui envahit le Sud-Liban, en avril 1978, avant d’atteindre Beyrouth en juin 1982.

Au nombre de 140.000 en 1948, ils sont 400.000 après l’élimination de la Résistance Palestinienne en Jordanie, en 1970, Les phalangistes et leurs alliés chrétiens les accusent d’avoir constitué un «état dans l’état», en même temps que d’avoir modifié l’équilibre démographique du Liban, constitué par une mosaïque de 17 communautés confessionnelles.

RN/RS

La fin d’une tumultueuse……(deux)

Paris- Pendant vingt ans (1948-1968) les Palestiniens sont des hôtes embarrassants mais zélés du Liban, qui concilie ainsi, sans grand risque, les devoirs découlant de la solidarité arabe sans pour autant négliger ce qu’il juge être ses « intérêts supérieurs».

Pris en charge à partir de 1950 par l’UNRWA (office de secours des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens), ils sont répartis dans quinze «camps de transit» autour des agglomérations urbaines libanaises: Beyrouth, Tripoli, Saida et Tyr.

Pour un pays qui prend son essor économique en se substituant à la Palestine comme centre de transit du Moyen-Orient, les Palestiniens représentent un volant de main d’oeuvre bon marché.

L’année 1967 est la date charnière qui marque la fin de la coexistence pacifique, avec la défaite de l’ Egypte et de la Syrie devant Israël, l’émergence de la guérilla palestinienne et le développement intensif du Liban.

Les camps de réfugiés font de plus en plus figure d’îlots de misère autour de la luxueuse Métropole libanaise. Ils se transforment progressivement en centre de mobilisation politique, tant pour les Palestiniens que pour les progressistes libanais.

Après un raid de l’aviation israélienne contre l’aéroport de Beyrouth (28 décembre 21968), des incidents armés éclatent entre les Fedayine qui tentent de s’infiltrer dans le sud du Liban et les forces gouvernementales.

RN/RS

La fin d’une tumultueuse……(trois)

Paris – Succédant à Ahmad Choukeiry, le nouveau chef de l’OLP, Yasser Arafat, sort victorieux de cette première épreuve qui se termine, sept mois plus tard, par la signature de l’Accord du Caire, le 3 novembre 1969, sous l’égide du président Nasser.

L’Organisation de Libération de la Palestine, fondée cinq ans auparavant, se voit reconnaître le contrôle quasi exclusif des camps de réfugiés, qui deviennent vite des pépinières de guérilleros.

L’Accord du Caire, qui légalise la présence militaire palestinienne au Liban, est avalisée par toutes les composantes du gouvernement, y compris les phalangistes, et dénoncé par un seul dirigeant libanais, M. Raymond Eddé (chrétien modéré).

En 1970, l’élimination des Fedayine en Jordanie au cours du «septembre noir» s’accompagne du transfert vers Beyrouth des permanences des principales organisations palestiniennes et de l’élection d’un homme à poigne, M. Soleimane Frangie, à la présidence de la République libanaise.

De 1970 à 1975, des heurts opposent Palestiniens à l’armée libanaise. Les israéliens multiplient leurs coups de boutoir au Liban. Le pouvoir de l’Etat libanais s’effrite. Les Musulmans dénoncent la carence de l’armée face à Israël, les Chrétiens accusent les Fedayine et leurs alliés progressistes de chercher à déstabiliser le pays. Les Palestiniens, quant à eux, renforcent la défense de leurs camps.

RN/RS

La fin d’une tumultueuse……(quatre dernier)

Le mitraillage d’un car palestinien dans le quartier chrétien de Ein el-Remmaneh, en avril 1975, marque le déclenchement de la guerre civile libanaise, qui culminera sept ans plus tard avec l’offensive israélienne sur Beyrouth, en juin 1982.

Sur les quinze camps d’hébergement des Palestiniens qui existaient au Liban en 1950, onze ont été détruits, trois par les phalangistes dont un, celui de Tall el-Zaatar, en Août 1976, avec le soutien des Syriens, et huit autres par les Israéliens, notamment ceux de Ein el Heloué, dans la région de Saïda, et de Rachidyeh (Tyr), ainsi que les trois grands camps de la région de Beyrouth, Bourj el Barajneh, Sabra et Chatila.

Ne subsistent notamment que deux camps dans le nord du Liban –Beddawi et Nahr El-Bared, et un troisième celui de Wavel, dans la région de Baalbeck (centre du Liban).