Israël, l’image altérée

Israël, l’image altérée | AFP Paris

Un an d’Intifada a cause plus de dommages à Israël que quarante ans de campagne diplomatique et médiatique des pays arabes: Ce constat désabusé d’un diplomate peu suspecté de tiédeur à l’égard de l’Etat hébreu résume bien la situation d’Israël, un an après le déclenchement du soulèvement palestinien en Cisjordanie et à Gaza.

Cloué au pilori par les organisations humanitaires internationales, Israël, tant vanté pour sa démocratie, l’unique au Moyen-orient, voit son image sérieusement ternie.

Un an de face à face entre l’une des armées les plus puissantes au Monde et la nouvelle génération des «Palestiniens de l’intérieur», «la génération des lanceurs de pierre» a mis à mal plus d’un mythe, celui de la «colonisation en douceur» des territoires bibliques du Likoud, de «la pureté des armes israéliennes» ou encore «la manipulation extérieure» des jeunes révoltés.

Ce combat inégal, amplifié par la télévision, a fait fleurir dans la presse internationale des expressions jusque-là tabous tels «les Ayatollahs israéliens» ou des comparaisons sacrilèges avec l’Afrique du sud (« Gaza-Soweto») et placé dans l’embarras certains des plus chauds partisans d’Israël au sein du camp occidental.

Suivra……….AFP

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Paris- Une exception de taille, toutefois, les Etats-Unis, qui n’ont jamais ménagé leur soutien à leur «allié stratégique», au point d’indisposer une large fraction de l’opinion internationale et leurs alliés européens en opposant, en Novembre, un veto à l’accès de Yasser Arafat, chef de l’OLP, à la tribune des Nations-Unies à New York.

Mais par un retournement spectaculaire, ce veto, s’il a donné un coup de frein à l’offensive diplomatique des Palestiniens, a comme « magnifié » M. Arafat, qui apparaît, ainsi que l’écrit le New York Times, le journal américain le plus généralement favorable à Israël, comme un «défenseur de la liberté d’expression et de la loi internationale».

C’est que l’Intifada a, selon les observateurs, modifié fondamentalement les données du problème :
-Le combat est désormais principalement mené par une population palestinienne, des civils, sur leurs propres terres, et, non plus de l’extérieur par des guérilleros en armes de l’OLP, issus des générations des exilés des camps.
-la revendication porte sur une portion de territoire – la Cisjordanie et Gaza- vouée au regard d’une grande partie de la communauté internationale à servir de patrie aux Palestiniens.

La Jordanie en a tiré très vite les conclusions en rompant le cordon ombilical qui reliait depuis une trentaine d’années la rive occidentale du Jourdain au Trône Hachémite.

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Paris – Au prix d’une mutation politique, facilitée par la «révolte des pierres», l’OLP a comblé le vide juridique crée par le dégagement jordanien.

Le Conseil National palestinien, le parlement en exil, reprenant pour l’essentiel les revendications des «Palestiniens de l’intérieur», a proclamé, le 15 Novembre à Alger, son adhésion sans conditions à la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU, clé de la participation de l’OLP à une éventuelle conférence internationale de paix, puisqu’elle reconnaît implicitement Israël dans les termes fixés par l’ONU.

Opérant une démarche symétrique à la «Déclaration d’indépendance» de l’Etat juif, en 1948, l’OLP a procédé à la proclamation d’un Etat palestinien indépendant, reconnu par une cinquantaine de pays.

M. Arafat, interdit de séjour aux Etats-Unis, a de plus en plus accès aux tribunes européennes: après les Nations-Unies à Genève, et Strasbourg, siège du parlement européen, il pourrait être l’hôte en 1989 des instances communautaires de la CEE à Bruxelles, selon des indications recueillies dans les milieux diplomatiques européens à Paris.

L’Intifada, une «divine surprise » pour les Etats arabes en 1988, aborde sa deuxième année d’existence, alors que des dissonances se font sentir tant au sein des Palestiniens qu’au sein des Juifs et des Israéliens.
De sérieux tiraillements se font jour entre islamistes et nationalistes palestiniens sur la conduite du plus important mouvement de contestation jamais enregistré depuis l’occupation de la Cisjordanie et Gaza, il y a vingt ans, alors que des voix s’élèvent au sein de la communauté juive occidentale pour estimer que «la balle est maintenant dans le camp israélien».

RN/VR/CT T

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