Interview de René Naba au «Relais Bougouni» : La prise d’otage de l’Hôtel Radisson Blu à Bamako

La prise d’otage de l’Hôtel Radisson Blu à Bamako illustre la précarité de la situation à Bamako et le caractère aléatoire de la sécurisation du Mali-France

Interview de René Naba au «Relais Bougouni». Propos recueillis par Seydou Koné, Directeur de la publication.

Le laxisme moral de la France en a fait une passoire djihadiste

La visite d’état du président IBK en octobre à Paris constitue-t-elle une porte de sortie du Mali de la crise actuelle ?

Loin de là. La prise d’otage de l’hôtel Radisson Blu à Bamako, le 20 Novembre 2015, qui a fait 23 morts, trois semaines après que le président François Hollande ait décoré de la Légion d’Honneur son homologue malien par son homologue français, illustre la précarité de la situation à Bamako,  de même que la persistance d’une opposition tenace à la politique socialiste tant française que malienne.

Huit mois après l’attentat contre le restaurant « La Terrasse’ (le 8 mars 2015), qui a fait cinq morts, les coups de force spectaculaires contre des établissements maliens fréquentés par des étrangers, illustrent le caractère aléatoire de la sécurisation du Mali, le thème de propagande majeur de la diplomatie française pour justifier son intervention militaire, en même temps que le caractère factice de l’amitié affichée entre les deux anciens dirigeants de l’Internationale Socialiste François Hollande et IBK (Ibrahim Keita Touré)

Hollande qui déplore le laxisme d’IBK ne peut désavouer publiquement son collègue malien en ce qu’il est son choix personnel. Le fait que le président malien post serval se soit révélé un canard boiteux est imputable au passif de Hollande. Ah les mauvaises surprises du copinage

La visite d’état d’ IBK en France, en compagnie de 13 membres de son gouvernement, visait en priorité à restaurer la confiance entre les deux présidents, deux confrères de l’Internationale socialiste, sérieusement affectée par la relation affairiste entre le malien et le casinotier corse Michel Toumi, alors que la mandature Hollande est polluée par un affairisme socialiste: Jérôme Cahuzac, ancien ministre du Budget, est accusé d’évasion fiscale; Kader Arif, ancien secrétaire d’état aux anciens combattants, de favoritisme dans l’attribution de marchés publics.

IBK avec 13 ministres à Paris est-elle une gabegie ou une stratégie de plaidoyer ?

Ce déplacement somptueux et somptuaire s’est apparenté à un acte de contrition sur fond d’acte de reddition. Une démarche comparable à celle des « Bourgeois de Calais », faisant amende honorable devant leurs maîtres anglais. Il est, en effet difficilement concevable pour le contribuable français, à bord de l’apoplexie financière, alors que le budget français fonctionne à flux tendu pour combler les surplus de dépenses générées par la lutte anti-terroriste, de supporter l’idée d’avoir financé l’opération Serval pour permettre au président malien élu à l’ombre des blindés français de se vautrer dans des magouilles avec un casinotier corse.

Ceci a induit l’idée d’une connexion avec le réseau post gaulliste de Charles Pasqua, le parrain du clan Corse. C’est à dire les adversaires politiques des socialistes Cela fait désordre. IBK, en la matière a fait preuve d’une négligence criminelle et d’une voracité révulsive.

François Hollande devait marquer le coup, sauf à accréditer l’idée que les deux socialistes, Hollande IKB, s’entendent comme « larrons en foire » surtout que le tandem se connaît depuis près de 20 ans. Leur relation s’est en effet nouée au Congrès du PS de Brest, en 1997, alors que François Hollande était premier secrétaire du PS et IBK premier ministre d’Alpha Condé.

Selon vous quelle doit être la ligne de conduite des plus hautes autorités du Mali pour la résolution définitive de cette crise malienne ?

Simple. Basique. Un chef d’état doit être habité par sa fonction, se doter de la stature qu’exigent les menaces qui pèsent sur son pays, la précarité de sa situation et les défis que se posent au Mali, désarticulé par trente ans de gabegie de corruption et de népotisme. Se doter de la stature d’un homme d’état et non se cantonner à un rôle de joueur de bonneteau avec un casinotier.

Décidément le pouvoir socialiste n’a pas de chance dans le choix de ses partenaires :  d’IBK à l’opposition syrienne off-shore… à ses alliés pétro-monarchiques incubateurs de djihadisme, particulièrement pour ce qui concerne le Mali, le Qatar, le parrain d’Ansar Eddine, le déstabilisateur du Mali, qui ont fait de la France du fait de son laxisme moral, une passoire djihadiste.

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