Hommage à Madiba, The Invictus [1918 – 2013]

Nelson Rolihlahla Mandela,
Maitre de son destin, capitaine de son âme.

Paris- Vingt-six ans durant, Rolihlahla, au nom prédestiné de «fauteur de troubles», déclamera ce poème dans sa cellule de la prison de Robben Island, puis de Pollsmoor, comme la marque de sa détermination à mener son combat jusqu’à son terme; comme le symbole de sa lutte résolue face à ces tortionnaires ségrégationnistes blancs d’Afrique du sud, le parfait exemple d’un militantisme intégral; comme la marque de sa farouche croyance dans le destin de son pays et de son continent, l’Afrique, objet de la plus formidable dépossession de l’histoire de l’Humanité.

Court poème de l’écrivain britannique William Ernest Henley, très repris dans la culture populaire qui contribua à sa célébrité, le titre se fonde sur la propre expérience de l’auteur, qu’il écrivit, en 1875, sur son lit d’hôpital, à la suite de son amputation du pied. William Henley disait de lui-même que ce poème était une démonstration de sa résistance.

Invictus (Invaincu, celui dont on ne triomphe pas), poème préféré du chef du combat nationaliste africain, dont il déclinait les vers comme autant de mot d’ordre, sera popularisé à l’échelle planétaire par le film de Clint Eastwood, dont il en constituera le titre éponyme.

Magistralement interprété par Morgan Freeman et Matt Damon, le film retrace en la scellant l’apothéose de la réconciliation entre Afrikaners et Noirs, lors de la finale de la coupe du Monde de Rugby, en Afrique du sud, en 1995, l’année suivant l’élection de Mandela à la présidence de l’Union sud-africaine.

Le tombeur de l’apartheid, portant le maillot des Springboks, symbole absolu de l’Apartheid, remettant la coupe au capitaine de l’équipe sud-africaine, François Piennaar, un afrikaner pur sucre, cimentera «la nation arc en ciel» par ce coup de génie de Madiba en propulsant Nelson Mandela au rang d’icône planétaire. «L’un des deux plus indiscutables magnifiques personnages du dernier millénaire, avec le Mahatma Gandhi», selon l’expression de l’écrivaine sud-africaine Nadine Gordimer.

Dans la nuit qui m’environne,
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu d’opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu’horreur et ombres
Les années s’annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme.

«Mandela appartient à l’Histoire», Obama dixit.

Barack Obama, en pèlerinage à l’Ile de Gorée, point de départ de la traite négrière, puis à Robben Island, l’été 2013, a signé dans l’ordre subliminale le passage de relai entre le fondateur de la «Nation Arc en ciel» et le premier président afro américain de l’histoire de la planète, le relai d’un pays pluriethnique à un pays multiracial, et, dans l‘ordre symbolique, un acte de filiation du Nouveau monde envers la vieille Afrique, qu’elle a sinon enfantée, à tout le moins aider à croître, plus durement que d’autres.

Une réplique silencieuse de la vieille Afrique aux négriers européens avec leur «fardeau de l’homme blanc» et leur «charge d’aînesse» arcbouté sur leur vieux continent pétri de rhumatismes systémiques, prix de leur excès. Une claire démonstration de la pleine place de l’Afrique dans l’histoire.

Mandela est décédé le 5 décembre 2013 à la veille du Sommet France Afrique de Paris que l’Afrique du sud a boudé pour les raisons que son successeur Jacob Zuma a résumé en ces termes: «Je ne trouve pas l’intérêt d’aller à un sommet France-Afrique, alors que la France n’encourage pas la démocratie que veut les peuples de ses colonies. En effet la France ne renforce et consolide que ses intérêts dans ses colonies; dès qu’on veut la rappeler à l’ordre, elle n’hésite pas de déstabiliser les nationalistes qui trouvent gênant qu’après le soit disant indépendance, que les richesses du colonisé continu de nourrir l’économie du colonisateur».
…«Nous voyons une Afrique forte qui doit avoir un leadership encourageant. Et non une Afrique que la France initie dans un processus de continuer à renforcer le pillage des ressources d’Afrique», assénera vertement Jacob Zuma, l’héritier de Mandela à la tête de l’Afrique du sud, la nouvelle référence morale du continent, à François Hollande, le Scipion l’africain du Mali Bangui, le nouveau gendarme socialiste de l’Afrique, un continent qui a longtemps été le champ d’action privilégié de la France, reléguée en deux décennies en 5 me position derrière les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et le Royaume Uni.

Au Panthéon universel de l’humanité, Mandela rejoint ainsi les deux autres grandes figures tutélaires du XX me siècle pour leur contribution à la morale universelle, le Mahatma Gandhi (Inde), et, pour l’espace francophone, le Martiniquais Aimé Césaire, trois personnalités du tiers monde colonisé, une consécration qui retentit comme un camouflet pour les pays occidentaux avec leur cortège de nazisme, de fascisme, de totalitarisme et d’esclavagisme.

Puissent les fournisseurs de Djembé et de mallettes, les soiffards et les tricards, les cerbères de leurs peuples, prendre exemple sur ces figures de légende.

Et, que dans la mémoire des peuples en lutte pour leur liberté leur âme vive éternellement.

So long Madiba.

Pour aller plus loin

Un papier en quatre volets sur la Chine et l’Afrique pour l’information de vos lecteurs

  • 1 er volet: http://www.renenaba.com/le-lievre-americain-et-la-tortue-chinoise-une-fable-a-lechelle-planetaire/
  • 2eme volet: http://www.renenaba.com/endiguement-euro-americain-de-la-chine-en-afrique-et-guerre-psychologique/
  • 3eme volet: http://www.renenaba.com/le-jeu-de-la-france-defense-du-pre-carre-en-tandem-avec-israel/
  • 4eme volet: http://www.renenaba.com/le-franchissement-du-rubicon-sur-lifriqiya/

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Le 10 décembre 2013

Nelson Mandela sur sa propre expérience de la pauvreté:
Extraits de ses mémoires «Un long chemin vers la liberté», éditions livre de poche, pp. 54-56, Paris : 1996.

Alexandra tient une place de choix dans mon cœur. C’est le premier endroit où j’ai vécu après être parti de chez moi. Plus tard, j’ai habité plus longtemps à Orlando, un quartier de Soweto, qu’à Alexandra et pourtant j’ai toujours considéré Alexandra comme l’endroit où j’étais chez moi sans y avoir de maison, et Orlando comme l’endroit où j’avais une maison mais où je n’étais pas chez moi.

Pendant la première année, j’ai plus appris sur la pauvreté que pendant toute mon enfance à Qunu. J’avais l’impression de ne jamais avoir d’ »argent et je réussissais à survivre avec de très maigres ressources. Le cabinet d’avocats me pays un salaire de 2 livres par mois, car il avait généreusement refusé que les stagiaires payaient normalement. Avec ces 2 livres, je payais 13 shillings et 4 pence de loyer mensuel pour ma chambre chez les Xhoma.

Le moyen de transport le moins cher était le bus «indigène»- réservé aux Africains – qui avec 1.10 livre par mois écornait considérablement mon budget. Je payais aussi des droits à l’université d’Afrique du Sud afin de passer mon diplôme par correspondance. Je dépendais encore un peu plus d’une livre pour ma nourriture. Une partie de mon salaire passait dans quelque chose d’encore plus vital – des bougies, car sans elles, je ne pouvais pas étudier. Je n’avais pas les moyens de m’acheter une lampe à pétrole ; les bougies me permettaient de lire tard la nuit.
Chaque mois, il me manquait inévitablement quelques pence. Très souvent, le matin, je faisais à pied six miles pour descendre en ville et, le soir, six miles pour revenir, afin d’économiser le prix du bus. J’ai souvent passé des journées avec une seule bouchée dans le ventre, et sans vêtements de rechange. Mr. Sidelsky, qui était de la même taille que moi, me donna une fois un des ses vieux costumes et, grâce à de nombreux raccommodages et de nombreuses reprises, je l’ai porté chaque jour pendant près de cinq ans. A la fin, il y avait plus de reprises que de tissu.
Un après-midi que je rentrais à Alexandra par le bus, je me suis assis à côté d’un type de mon âge. C’était un de ces jeunes gens qui portaient des costumes imitant ceux des gangsters du cinéma américain. Je me suis rendu compte que ma veste touchait la sienne. Il l’a remarqué lui aussi et s’est prudemment écarté pour que je ne puisse pas le salir. Quand j’y repense, je trouve que c’était un geste mesquin et comique, mais pénible sur le moment.
Il n’y a pas grand-chose de positif à dire sur la pauvreté, mais elle faisait souvent naître l’amitié. Beaucoup s’empressent autour de vous quand vous êtres riche, mais seules quelques personnes, rares et précieuses, le font quand vous êtes pauvre. Si la richesse est un aimant, la pauvreté est une sorte de repoussoir.

Pourtant, quand vous êtres pauvre, les autres vous manifestent souvent une générosité véritable. Un matin, j’ai décidé de descendre en ville à pied pour économiser de l’argent et j’ai aperçu une jeune fille qui avait été avec moi à Fort Hare. Elle s’appelait Phyllis Maseko et elle venait vers mois sur le même trottoir; j’ai eu honte de mon costume usé jusqu’à la trame et j’ai traversé la rue en espérant qu’elle ne me reconnaîtrait pas. Mais je l’ai entendu qui appelait: «Nelson…Nelson!». Je me suis arrêté, je suis revenu sur mes pas, en faisant semblant de ne pas l’avoir reconnue. Elle était heureuse de me revoir, mais je me suis aperçu qu’elle observait mon costume râpé. «Nelson, me dit-elle, voici mon adresse 234 Orlando East. Viens me voir. » J’ai décidé de ne pas m’humilier à nouveau, mais un jour, j’avais besoin d’un bon repas, et je suis allé chez elle. Elle m’a donné à manger sans faire allusion à ma pauvreté, et ensuite j’ai continué à lui rendre visite.
Mon propriétaire, Mr. Xhoma, n’était pas riche, mais c’était une sorte de philanthrope. Chaque dimanche, pendant tout le temps où je lui ai loué une chambre, sa femme et lui m’ont invité à déjeuner, et ces assiettes fumantes de porc et de légumes étaient mon seul repas chaud de la semaine. Quoi que je fasse et où que je sois, je m’arrangeais toujours pour être chez les Xhoma le dimanche. Pendant le reste de la semaine, je me nourrissais de pain et parfois les secrétaires de cabinet m’apportaient à manger.
Je n’étais pas très évolué à l’époque et le mélange de pauvreté et de provincialisme créait des incidents amusants. Un jour, peu de temps après mon installation chez les Xhoma, je revenais de Johannesburg et j’avais très faim. J’avais économisé un peu d’argent et j’ai décidé de me payer de la viande, quelque chose que je n’avais pas mangé depuis longtemps. Il n’y avait pas de boucherie et je suis entré dans une charcuterie, un genre de boutique que je ne connaissais pas avant d’arriver à Johannesburg. Dans la vitrine, j’ai vu un gros morceau de viande appétissante et j’en ai demandé une tranche à l’homme qui se trouvait derrière le comptoir. Il me l’a enveloppée, je l’ai mise sous mon bras, et sur le chemin du retour j’ai rêvé au dîner qui m’attendait.
Quand je suis arrivé dans ma chambre à Alexandra, j’ai appelé une des filles de M. Xhoma. Elle n’avait que sept ans, mais elle était astucieuse. Je lui ai dit: «Est-ce que tu veux me prendre ce morceau de viande et demander à une de tes grandes sœurs de me le faire cuire ? J’ai vu qu’elle essayait de réprimer un sourire mais elle avait trop de respect pour les grands pour rire. Un peu irrité, je lui ai demandé si quelque chose n’allait pas. Très doucement, elle m’a dit: «Cette viande est cuite.» Je lui ai demandé ce qu’elle voulait dire. Elle m’a expliqué que j’avais acheté du jambon fumé et que ça se mangeait comme ça. C’était entièrement nouveau pour moi et plutôt que d’avouer mon ignorance, je lui ai dit que je savais parfaitement qu’il s’agissait de jambon fumé mais je voulais qu’on le réchauffe. Elle savait que je mentais mais elle est partie. La viande fumée avait beaucoup de goût.

Justement que ce soit OBAMA dixit m’inquiète énormément (:-))

NELSON MANDELA, DERNIER REPOS POUR LE HÉROS DES BOBOS

11.12.2013

robertbibeau@hotmail.com

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/nelson-mandela-dernier-repos-pour-le-heros-des-bobos/
L’icône mythique mystifie

On dit de Nelson Mandela qu’il fut une icône de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Nelson Mandela fut surtout le héros de la bourgeoisie et le dernier des égarés de l’Arche de Noé des Non-alignés, une assemblée de 120 pays compromis avec un bloc impérialiste ou avec un autre, tantôt regroupés sous la direction de l’Iran, de Cuba, de l’Indonésie «soekarniste», de l’Inde «ghandiste», de l’Ex-Yougoslavie «titiste» ou de la Chine «maoïste».

Les média «mainstream» à la solde des riches pleurent le héros de la fin de l’Apartheid politique, mais l’Apartheid économique a-t-il été aboli au pays des Zoulous ? Réconciliation nationale et pardon Arc-en-ciel ont été mis à l’honneur par les «bobos» mais qu’en est-il des ouvriers sud-africains parqués dans des townships délabrés ?

La misère mortifère se répand comme du chiendent

Depuis la soi-disant «libération» de l’apartheid en 1991, une majorité des 40 millions de noirs (75 % de la population du pays) vivent l’enfer sur Terre. Selon l’indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en quinze ans l’Afrique du Sud a reculé de 35 places dans le classement (1990-2005), traduisant ainsi l’appauvrissement général de la population noir d’Afrique du Sud.
En dix ans le nombre de personnes vivant en dessous du seuil d’extrême pauvreté a doublé, passant de 1,9 à 4,2 millions, soit 8,8 % de la population. Près de 40 % des villes en Afrique du Sud sont composées de townships et cette ségrégation géographique des lieux de résidences entre les riches blancs et les pauvres noirs est très visible et elle est à l’origine des tensions entre les deux classes sociales antagonistes. En Afrique du Sud les riches Afrikaners vivent reclus dans des maisons forteresses ou dans des quartiers fortifiés. Plus de 43 % de la population vit avec moins de 3000 rands (260 euros)/an.

Le chômage serait selon l’OIT à un taux officiel de 23,2 %, mais les syndicats l’estiment proche de 40 %. « La crise de l’emploi est définie selon des critères raciaux en raison du fait qu’en 2010, 29,80% des Noirs étaient officiellement au chômage, contre 22,30% de métis, 8,60% d’Asiatiques et seulement 5,10% de blancs. Environ 12 millions de personnes vivent avec moins de 0,25$ par jour, tandis que 16 millions de Sud-africains reçoivent des allocations sociales sur une population totale du pays de 50.59 millions d’habitants. » (1).

La sanctification conférée par Madiba

Le 30 juin 1991 l’oligarchie blanche minière et milliardaire de l’Afrique du Sud raciste acquérait ses lettres de noblesse internationales, lettres d’accréditation contresignées par le Président noir pacifiste, tenant du non-alignement, l’avocat Madiba-Mandela, le héros des «bobos» occidentaux (2).

En 1991, après la procession du pardon, les bourreaux racistes s’excusèrent d’avoir occis, ostracisé, opprimé et exploité leurs esclaves enferrés et les transformèrent en esclaves salariés. Le ferme propos de ne plus recommencer n’y étant pas, sitôt confessé et pardonné, les récidivistes milliardaires firent ce qu’il faut pour que la potiche Mandela ne dérange pas leurs plans de brigands. L’exploitation des damnés des mines et des terres agricoles, dirigés par les hobereaux de couleur, allait se poursuivre implacablement. Rien n’avait changé au pays de la pauvreté non-partagé.

Mandela reçu mission de se promener à travers le monde sous les projecteurs télés payés par ses sponsors Afrikaners et de faire croire à la liberté recouvrée, tandis que les ouvriers Sud-africains geignaient et mouraient dans le fond des puits de minières des Afrikaners.

Terminé l’esclavage classique inefficace, désormais saluons l’esclavage salarié ! Un pays industriel techniquement évolué comme l’Afrique du Sud se devait de moderniser sa superstructure juridique, légale, gouvernementale, policière et militaire. Même le réactionnaire ex-premier ministre canadien, collaborateur des minières sud-africaines, M. Brian Mulroney, exigeait un changement de tactique des riches Afrikaners dans l’exploitation de leur classe ouvrière nationale.

Le 30 juin 1991, les actionnaires et les banquiers capitalistes de Johannesburg, de Londres, de Rotterdam et de New York partageaient leur mainmise hégémonique sur le pouvoir politique en Afrique-du-Sud, à la condition que le pouvoir réel, économique, resta entièrement entre les mains des Afrikaners. Ce jour-là, le grand capital international salua la naissance d’une bourgeoisie noire compradore, assoiffée de prébendes, qu’elle n’obtiendrait qu’en quantité mesurée en fonction des services rendus dans la sujétion de la plèbe ouvrière noire récalcitrante.

Les deux factions bourgeoises de l’apartheid économique (blanche internationale-Afrikaners, versus, noire sud-africaine-Mandeliste) obtenaient chacune une paix séparée qu’ils croyaient bien méritée. Nelson Mandela et l’ANC s’engageaient à assurer cette paix des braves tant souhaité par Botha et De Klerk afin qu’ils puissent continuer d’exploiter le travail salarié et les minéraux si abondants sur ce sous-continent.

Aucune des nationalisations des terres, des mines, des usines, des banques promises par Mandela au peuple africain ne furent réalisées par le premier président noir d’Afrique du Sud, alors que la Charte de la Liberté adopté par l’ANC l’y obligeait.

« La richesse nationale de notre pays, le patrimoine et l’héritage des Sud-Africains, sera rendu au peuple : Les richesses minérales du sous-sol, les banques et les industries qui ont un monopole doivent être transférées à la propriété du peuple dans son ensemble et en entier. Toutes les autres industries et commerces doivent être contrôlés par le gouvernement afin d’aider au bien-être du peuple.» (…) «Un des aspects les plus révélateurs de la transition économique a été la propriété de la Banque Centrale d’Afrique du Sud. Sans aucun doute l’institution la plus puissante du pays. Vishnu Padayachee a rédigé un document sur les avantages et les inconvénients d’avoir une Banque Centrale autonome, gérée en totale autonomie par le gouvernement. À l’époque, la Banque Centrale était une propriété privée appartenant aux Blancs et aujourd’hui elle l’est toujours. Elle compte quelque 650 actionnaires qui sont à 99% de riches Blancs. Pourquoi avoir laissé cette Banque Centrale aux mains des mêmes Blancs impérialistes qui profitaient de l’Apartheid en Afrique du Sud ?» (3)

La grande grève des caboots de 2012

Un article récent dévoile les règles de fonctionnement de l’apartheid-économique en Afrique du Sud soi-disant “libérée” : « Avec une énorme tristesse, je pleure avec vous la perte de tant de collègues » (sic) a déclaré le 23 août 2013 le président de Lonmin (monopole du platine). Ses «collègues» ce sont les 34 mineurs noirs en grève, mitraillés par la police post-apartheid à Marikana où Lonmin, société dont le siège social est à Londres, possède une grande mine de platine. Les mineurs faisaient grève non seulement pour des salaires minimes, mais contre un intolérable système d’exploitation. » (4)

Le 16 août 2012, 34 mineurs désarmés, en grève spontanée, ont été assassinés par la police raciste de l’Afrique du Sud. Plus de 78 autres ouvriers ont été blessés, la police tirant à l’arme automatique dans le dos de ceux qui fuyaient ce carnage d’africains au pays de Mandela l’Africain. Où était le père de la Nation Arc-en-ciel pendant cette sauvage tuerie ? À ce jour, aucun des policiers criminels n’a été incarcéré. (5)

Quatre jours plus tard, la multinationale assassine Lonmin – où siègent les amis de Nelson Mandela et de son remplaçant adoubé, le prévaricateur Jacob Zuma, président de l’Africain National Congres (ANC) –, annonçait qu’«à Marikana, la situation est calme et qu’un tiers des vingt-huit mille mineurs avait repris le travail » d’esclaves salariés.

En 2012, la grève des 30 000 mineurs sud-africains fut la conséquence directe de la trahison de 1991. Ce ne sont pas les héritiers de Mandela qui trahirent l’icône suprême, mais Madiba lui-même qui renia ses promesses faites aux ouvriers et qui teint les promesses faites à ses geôliers contre sa libération. Pour cette raison tous les polissons capitalistes de ce monde sont réunis pour commémorer le respect de Mandela pour la parole donnée. Les Bobos quant à eux continuent de jouer les thuriféraires et d’encenser le mythe de la fin de l’apartheid en République d’Afrique du Sud ségréguée. (6)

Cette grève brisa le mirage de la Nation Arc-en-ciel et de la paix sociale entre les capitalistes monopolistes Afrikaners; les bourgeois-noirs nationalistes chauvins complices – et les prolétaires noirs exploités – le sel de la Terre. Cette grève de 2012 fut exemplaire à plus d’un titre: d’abord parce qu’illégale, ce qui signifie qu’une fraction de la classe ouvrière a enfin renoué avec ses traditions de défi et de déni du droit bourgeois qui cherche à restreindre ses luttes dans les limites étroites du droit des riches tels qu’enseigné par Mandela.

Cette grève de 2012 était organisée par une union syndicale non reconnue par l’État bourgeois de Mandela, en opposition avec les syndicats de collaboration de classe accrédités par l’ANC de Madiba. L’ANC subventionnée est bien accrochée au rafiot de l’État d’apartheid économique. Quelques mois après cette première vague de grèves sauvages certains chefs syndicaux de cette centrale syndicale illégale ont été assassinés par des nervis, dont on ne sait pas encore s’ils ont été recrutés par l’ANC ou soudoyés par le cartel des mines (7).

L’effondrement des illusions nationalistes chauvines

L’amère réalité économique et politique contemporaine nous révèle que sous l’impérialisme moderne il n’existe aucune possibilité de créer un État bourgeois capitaliste qui ne soit pas inféodé à un bloc impérialiste ou à un autre (USA-OTAN ou Chine-BRICS). La seule alternative étant d’ériger le socialisme, ce que Mandela a récusé.

Peuples et ouvriers ne comptez surtout pas sur la petite-bourgeoise hésitante, branlante et inconstante, qui pleure aujourd’hui son idole non-aligné, pour diriger jusqu’au bout une lutte d’indépendance véritable en Afrique du Sud, au Canada, en France ou ailleurs dans le monde, sachant que la seule indépendance véritable est celle vis-à-vis de l’impérialisme international et non pas la «libération» d’une faction d’exploiteurs pour se mettre sous le joug d’une autre clique de spoliateurs. Partout dans le monde la bourgeoisie nationaliste choisit de se vendre aux plus offrants à titre de garde-chiourme de l’impérialisme. En cela Mandela fut le dernier des échoués de l’Arche de Noé des non-alignés après tant d’autres icônes mythifiées.

La classe ouvrière a du pain sur la planche comme vous pouvez le constater !

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La semaine prochaine : L’ACCORD IRAN-ÉTATS-UNIS SUR LE NUCLÉAIRE.
Pour lire les éditoriaux : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
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1. http://regardscroises.ivoire-blog.com/archive/2013/06/26/lettre-ouverte-a-mandela.html et http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/360848/afrique-du-sud-12-000-mineurs-en-greve-sont-licencies
2. http://fr.wikipedia.org/wiki/ Apartheid
3. http://mai68.org/spip/spip.php?article6377
4. http://www.legrandsoir.info/les-armes-du-nouvel-apartheid-il-manifesto.html.
5. http://www.lapresse.ca/international/afrique/201208/16/ 01-4565687-afrique-du-sud-34-mineurs-en-greve-ont-ete-abattus.php
6. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_%C3%A0_Marikana
7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_du_Sud# Pauvret. C3.A9.2C_ch. C3.B4mage_et_mouvements_migratoires

Mandela et la Palestine
Pas étonnant qu’Israël ait boycotté ses funérailles

THE FOLLOWING IS JUST A PIECE OF A SESSION OF MORE THAN ONE HOUR WITH TED KOPPEL IN 1990.

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