France-Vatican : Les deux François et la chrétienté d’Orient

Conversion forcée au wahhabisme de 18 villages druzes de Syrie.

Paris- Ainsi donc, le sort des minorités chrétiennes d’Orient, figurera à l’ordre du jour des entretiens du Vatican, le 29 Janvier 2013. Beaucoup piaffent d’impatience à l’idée de connaître la teneur de ce tête à tête entre les deux François. Notamment l’argumentaire que le président français a pu développer devant le souverain pontife sur ce sujet, alors qu’il passe pour être le meilleur allié de l’Arabie saoudite, c’est à dire du principal financier du djihadisme xénophobe à l’échelle planétaire.

De cet entretien de «chef d’état à chef d’état», de François Hollande avec le Pape François, gageons que la dialectique ne sera d’aucun secours au néo social-démocrate libéral face au berger du «bout du Monde», rompu aux circonvolutions cérébrales de la casuistique. François formaté HEC ne pourra déployer la moindre parade devant le jésuite qui jouera cash sur son terrain. Hic et Nunc, ici et maintenant, tant est accablant le bilan.

Comment en effet expliquer l’alliance de la France avec les forces les plus rétrogrades et les plus répressifs du Monde arabe, sous couvert de combat pour la démocratie, son prédécesseur gaulliste avec le Qatar, le parrain des destructeurs des sites islamiques de Tombouctou, et le successeur socialiste, avec le Royaume wahhabite.

Une alliance avec  le parrain des preneurs d’otages des prélats de Syrie, des destructeurs des sites religieux, notamment de Maaloula, dans la banlieue de Damas, l’un des plus anciens sites antiques de l’humanité, dont les habitants parlent l’araméen, la langue du Christ, dont les religieuses sont retenues en captivité. En guise bouclier humain ?

Une alliance avec le maitre de l’intolérance et de la xénophobie, celui dont l’un des dignitaires religieux a décrété la destruction des églises de la péninsule arabique, prioritairement aux nombreuses bases militaires occidentales qui paralysent la souveraineté de ces émirats mirages, ne se doutant nullement des inconséquences  de ses propos qui pourraient entrainer, en représailles, une réplique de la xénophobie européenne sur les quatre mille mosquées qu’abrite la rive nord de la Méditerranée.

Le parrain des artisans des conversions forcées au wahhabisme des musulmans eux-mêmes, les habitants d’une vingtaine de village druzes de Syrie, la religion du camarade  du président français au sein de l’Internationale socialiste, Walid Joumblatt, chef druze du parti socialiste progressiste libanais, dont la reddition religieuse de ses coreligionnaires au wahhâbisme a retenti comme cinglant camouflet, conduisant la girouette de la vie politique libanaise à se river à nouveau au Hezbollah «perinde ac cadaver».

Sur la  conversion forcée des Druzes de Syrie  au wahhabisme.  http://www.al-akhbar.com/node/197684

L’argumentaire pour expliquer son alliance avec la Turquie contre la Syrie, c’est-à-dire l’alliance avec l’artisan du premier état génocidaire du XX me siècle, contre la Syrie, qui abrite le mémorial du génocide arménien à Deir Ez-Zor. Contre la Syrie, le siège des patriarcats d’orient depuis la chute de Constantinople. Contre la Syrie, que la France a amputé du district d’Alexandrette, cédée à la Turquie en guise de bonus à son génocide.

Pour aller plus loin sur ce sujet

http://www.renenaba.com/chretiens-dorient-le-singulier-destin-des-chretiens-arabes/

http://www.renenaba.com/chretiens-dorient-le-singulier-destin-des-chretiens-arabes-2/

http://www.renenaba.com/genocide-armenien-le-jeu-trouble-de-la-france/

Dans ce «Grand oral», son journal de référence ne lui sera d’aucun secours. Sans doute obnubilé par le regard de «l’œil borgne sur la Syrie», le journal le Monde, amplificateur des thèses gouvernementales durant la campagne de Syrie, a mis trois ans pour percuter une vérité de base. Dans un gros dossier consacré au bilan des soulèvements arabes, dans son édition en date du 14 janvier, publié à l’occasion du 3me anniversaire de la chute de Ben Ali, le référent dresse ce constat en forme de désaveu de son blogueur attitré et des islamophilistes français «Le Grand jeu de Ryad pour étouffer les printemps arabes»

http://www.lemonde.fr/libye/article/2014/01/13/le-grand-jeu-de-riyad-pour-etouffer-les-printemps-arabes_4346993_1496980.html

Sur le rôle des islamophilistes français dans la défaite de la pensée stratégique française

http://www.renenaba.com/les-islamophilistes-tontons-flingueurs-de-la-bureaucratie-francaise/

 Point n’était besoin d’être grand clerc pour deviner la fin en ce que «L’Arabie saoudite, un Royaume des ténèbres», était une affirmation soutenue cinq mois avant que François Hollande, et son Monde, ne retrouvent leur chemin de Damas.

http://www.renenaba.com/l-islam-otage-du-wahhabisme

 Chrétiens de Syrie et d’ailleurs doivent se pénétrer d’une réalité première à savoir que l’Occident, particulièrement la France, protectrice des chrétiens d’Orient, a été leur fossoyeur. Le génocide arménien a été récompensé par le bonus du District d’Alexandrette amputé à la Syrie pour être offert à la Turquie, l’ennemi de la France durant la 1 ère guerre mondiale. La création d’Israël a entrainé l’exode des chrétiens palestiniens, l’agression anti nassérienne de Suez, en 1956, l’exode des chrétiens d’Egypte, l’invasion américaine de l’Irak, l’exode des chrétiens d’Irak; et la bataille de Syrie, l’exode des chrétiens de Syrie, alors que la guerre civile libanaise a provoqué un exode massif des chrétiens libanais, dans une tentative occidentale de fixer sur place les Palestiniens et de faire du Liban leur patrie de rechange.

Que la «Coordination des Chrétiens d’Orient», l’instance chargée de sensibiliser l’opinion française sur les dangers de l’extrémisme néo islamiste, soit présidée par le franco libanais Patrick Karam, un sarkozyste pur sucre, le talent scout du «premier président de sang mêlé de France», le déclencheur pour des raisons électoralistes de la guerre de Syrie, relève de l’aberration mentale.

En Orient, la France marche sur sa tête et réfléchit comme un pied.

Après Nicolas Sarkozy, en accompagnement de sa future belle-mère et François Hollande, en déshérence du fait de Closer, faisons néanmoins le serment que le prochain président français en visite d‘état au Vatican se rende, non en scooter, ni avec son cortège de gaudriole, mais en situation de transparence matrimoniale. Clean. Non en état de chasteté, mais de clarté. De sobriété. Pour l’honneur de la France.

7 comments

réponse à Kung Fu
Le pouvoir frnaçais et le journal Le Monde paient le prix de leur morgue et de leur suffisance, d’où le retard à l’allumage pour retrouver leur chemin de Damas, autrement dit le chemin de la raison. Mais cela n’est pas assuré qu’il soit dans la bonne direction Ils « marchent sur la tête et réfléchissent comme un pied ».

amicalement A+

Merci René, édifiant ce papier…. voilà ce qui arrive aux traitres et ce n’est rien, comparé aux souffrances du peuple syrien…. bien fait pour la poire de Bourhan Ghalioun qui a retourné sa veste à une allure vertigineuse, lui qui se réclamait il y a des lustres « nationaliste arabe ».

leyla

En Orient, la France marche sur la tête, réfléchit comme un pied et…………
sa culture fout le camp !!!
L’hypocrisie de nos gouvernants est révoltante !

Magnifique papier René.

Pour complément d’information sur ce sujet, un ouvrage fort documenté

la France chassée de l’empire ottoman, une guerre oubliée 1918-1923 par Georges Kévorkian
L’Harmattan – 2013 – 335 pages – 32 e

Natif du Var et résidant en Bretagne, Georges Kévorkian a pratiqué le métier d’ingénieur en chef dans le domaine des constructions navales au sein du ministère de la Défense.
La découverte d’archives de ce ministère et de témoignages recueillis auprès de marins bretons sur le sauvetage des Arméniens du Moussa Dagh en 1915, l’ont amené à écrire un
ouvrage consacré aux actions humanitaires de la Marine française au Levant: La Flotte
française au secours des Arméniens, 1909-1915.

Son dernier opus est le fruit d’un travail de lecture des archives des ministères français des Affaires étrangères et de la Défense, des départements de la Marine et de l’armée
de Terre. Il se présente sous la forme d’une chronique des événements clés qui ont scellé le destin de l’Asie Mineure durant les années qui s’étalent du début du XXe siècle jusqu’à
l’entre-deux guerres. On y retrouve des analyses politiques émanent des rapports, pour la plupart secrets, des représentants ainsi que des services de renseignements français en poste en Turquie.
S’il y a une question à retenir c’est bien celle-ci: comment les alliés ont-ils pu perdre en deux années tout le crédit d’une victoire pour se soumettre au diktat de Moustafa Kemal ?
Tout au long du livre, l’auteur tente une analyse de ce que fut la place de la France dans cette région du monde, puis son déclin, en partie lié aux drames qui ont suivi le traité de
Sèvres de 1920 et de son avatar lausannois en 1923. Chronique d’une guerre oubliée, celle que mène la France, épuisée par la Première guerre mondiale, contre le nationalisme turc
revanchard, l’ouvrage se fait l’écho d’une tâche indélébile qui macule son histoire.
Toutes les bonnes paroles des dirigeants français n’auront été d’aucun secours dans le lâchage par Paris de ces millions d’âmes coupables d’avoir trop longtemps fait confiance aux promesses d’une nation se targuant d’être la “ protectrice des chrétiens d’Orient ”.
Tigrane Yégavian

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