Publié Le: lun,20 mar 1995
Flashbacks / News / Portraits | Par René Naba

Fidel Castro à Paris

Fidel Castro à Paris | Al-Moharrer N°3

Il a fallu un exceptionnel concours de circonstance, le Sommet Mondial de la Faim, à Copenhague, et un président français en fin de mandat, en quitus d’Histoire, pour braver l’ostracisme américain et nous donner droit à la première visite en France du révolutionnaire cubain.

En trente cinq ans de pouvoir, Lider Maximo Fidel, tu as commis des erreurs, et même des fautes. Cela n’est pas pardonnable. Il appartient à tes compagnons et à la jeunesse du Monde que tu as entraînée dans la ferveur révolutionnaire de te le dire, au besoin de te juger. Pas l’Amérique.

La misère du Monde est antérieure à ta venue au pouvoir et même l’opulente Amérique n’a pas réussi à vaincre cette calamité. Trente millions d’Américains croupissent au seuil de la pauvreté, au sein d’une société de surabondance et de gaspillage.

Ton combat avec les Etats-Unis était par trop inégal. Tu ne pouvais pas libérer le Monde, alors que tu n’étais pas en mesure de t’affranchir du joug de la base américaine de Guantanamo sur ton sol national.

Enfin, trente ans de blocus, «c’est trop inhumain» selon l’expression de ton hôte français François Mitterrand. Songeons à l’Irak s’il devait subir à trente ans d’embargo alors que les firmes américaines se précipitent à Bagdad pour rafler les marchés aux Français.
Fidel, indissociablement lié à Ernesto Che Guevara dans cette aventure de la Liberté, tu as peuplé nos rêves de jeunesse, et, même si nous aussi ; nous n’avons pas réussi dans notre tâche, nous te sommes gré de nous avoir insufflé l’espérance d’un avenir meilleur.

Bienvenue à Paris
Hasta Siempre, Commandante
Avec pour toi pour toujours, commandant.

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