Au large du Liban, la plus importante armada de l’après guerre

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A titre de rappel salutaire, ce papier a vingt-trois ans.

Paris – La plus importante armada de l’après guerre se trouve concentrée au large du Liban, témoignant de l’importance des enjeux stratégiques que ce petit pays de 10.400 km2 représente pour les grandes puissances, au moment où les Etats-Unis et la Grande Bretagne redéploient en haute mer leurs contingents de la Force Multinationale.

Près de 40 bâtiments des pays de l’Otan, dont trois porte-avions, et un nombre sensiblement égal de la flotte soviétique, croisent, en Méditerranée orientale, le long de la façade maritime du Liban, qui s’étend entre la Syrie et Israël, sur une centaine de kms.

Selon le Pentagone, la flotte américaine au large du Liban se compose d’une vingtaine de bâtiments dont les plus importants sont le porte-avions «John F. Kennedy», et le cuirassé «New Jersey ». Le «Kennedy » a propulsion nucléaire, peut embarquer un total de 85 avions de combat, dont des avions d’appui A-6 «Intruder» et A-7 « Corsair » et des intercepteurs F14 «Tomcat».

Le «New Jersey» souvent qualifié par la presse américaine de «plus puissant navire de guerre du monde», est équipé de neuf canons de 16 pouces, à raison de trois par tourelle, et de missiles surface/surface «Tomahawk», à capacité nucléaire.

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Paris – Un autre bâtiment à propulsion nucléaire, «The Independence », dispose de 70 avions de combat à son bord. Il a été dérouté de Turquie pour renforcer cette flotille ainsi que le destroyer « Claude V. Rickett » et le porte-hélicoptères « Nitro».

Deuxième par ordre d’importance de la flotte occidentale croisant au large de Beyrouth, la flotte française est groupée autour du porte-avions «Clémenceau» au sein de la force «Olifant ». Présente en soutien aux 1270 soldats français de la Force Multinationale, la Force Olifant compte actuellement quelque trois mille marins embarquées sur une dizaine d’unités: Le porte-avions «Clemenceau» doté d’avions «super-étendards», la frégate «Duquesne», l’escorteur d’escadre «d’Estrée», le bâtiment de soutien logistique «La Rance», un transport de chalands de débarquement (BDC), deux bâtiments de débarquement d’infanterie et de chars (EDIC) 9070 et 0094 et le pétrolier « La Meuse».

A ceux là s’ajoutent quatre unités de la marine italienne, un contre-torpilleur, un transport de troupes, et deux frégates, présents à Beyrouth en soutien aux 1.400 soldats italiens dont le repli graduel du Liban a été annoncé à Rome.

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Paris – Le ministère britannique de la défense ne signale au large du Liban que la présence du «Reliant », navire auxiliaire de la Flotte Royale sur lequel a été redéployé mercredi le contingent britannique de la Force Multinationale (115 hommes), des «Queens Royal Lancer’s». Le Reliant, porte-conteneurs commercial, de 22.000 tonnes, a été aménagé pour recevoir 4 hélicoptères « Sea King».

A quelques encablures du Liban, la Grande Bretagne dispose, d’autre part, de 2.300 hommes à Chypre sur ses deux bases d’Akrotiri et de Dekhelia, mais cela «n’a absolument aucun rapport avec le Liban », toujours selon le ministère.

En contrepoint, la flotte soviétique en Méditerranée comprend actuellement douze navires de guerre de surface, deux bâtiments amphibies (transports de chalands de débarquement) et une vingtaine d’unités auxiliaires (ateliers, et pétroliers ravitailleurs), selon des indications recueillies de source militaire occidentale à Bruxelles, siège de l’Otan, où l’on ne signale aucun changement sensible dans son déploiement depuis plusieurs semaines notamment au large du Liban.

Ces navires sont assistés par de nombreux bateaux marchands et de pêche pour des missions d’observation et de surveillance. Ils appartiennent à la Flotte de la Mer Noire qui détache également certaines unités de ses 25 sous-marins tous types pour des missions en Méditerranée. Tous ces bâtiments disposent de points d’appui en Syrie et en Libye.

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Paris – Sur terre, en complément à cette concentration navale, sans pareille même au plus fort de la Guerre du Vietnam, la Syrie aligne au Liban de 30.000 à 50.000 hommes, chiffre variable selon l’évolution de l situation sans toutefois descendre au dessous de 30.000 soldats.

Elle dispose de deux armes ultra-secrètes pour la première fois en usage hors des pays du Pacte de Varsovie, des missiles SA-5, d’une portée de 240 à 380 kms, installées à proximité de Damas, ainsi que des missiles SS-21 d’une portée de 120 kms, installés sur le Mont Sannine au Liban.

Selon les dirigeants américains, de 2000 à 3000 experts soviétiques ont la charge du fonctionnement et de l’entretien en Syrie de ces deux missiles. Selon ces mêmes informations, des experts soviétiques se trouvent également au Liban pour assister l’armée syrienne à l’usage de ces misisles, qui sont concentrées dans la Montagne Libanaise, selon une ligne allant du Mont Sannine à la route internationale Beyrouth-Damas, entre Bhamdoune et Chtaura.

Le Mont Sannine (2.600 mètres d’altitude) domine toute la région de Beyrouth, selon les experts militaires. C’est l’une des régions au Monde où il y la plus grosse concentration de missiles. La Syrie ne dispose pas d’aviation au Liban ni de marine, les côtes libanaises étant étroitement surveillées par Israël, dont vingt à trente mille soldats sont présents au sud du Liban, sur un tiers du territoire libanais.